DU
SOUVERAIN PONTIFE JEAN-PAUL II AUX EVEQUES, AUX PRETRES, AUX FAMILLES RELIGIEUSES ET AUX FIDELES DE L'EGLISE CATHOLIQUE SUR LE SENS CHRETIEN DE LA SOUFFRANCE HUMAINE
Vénérables Frères
dans l'épiscopat, Chers Frères et Sœurs,
IV
JÉSUS-CHRIST: LA SOUFFRANCE VAINCUE PAR L'AMOUR
IV
JESUS CRISTO: O SOFRIMENTO SUPERADO PELO AMOR
14. «Dieu, en effet, a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils
unique pour que tout homme qui croit en lui ne périsse pas mais ait
la vie éternelle » (27). Ces paroles, prononcées par le Christ au
cours de son entretien avec Nicodème, nous introduisent au cœur même
de l'actionsalvifique de Dieu. Elles expriment aussi l'essence de la
« sotériologie » chrétienne, c'est-à-dire de la théologie du salut.
Sauver signifie libérer du mal; le salut est donc par là même lié
étroitement au problème de la souffrance. Selon les paroles
adressées à Nicodème, Dieu donne son Fils au « monde » pour libérer
l'homme du mal, qui comporte en lui-même la perspective définitive
et absolue de la souffrance. En même temps, le mot «donne » (« il a
donné ») signifie que cette libération doit être accomplie par le
Fils unique à travers sa propre souffrance. En cela se manifeste
l'amour, l'amour infini tant de ce Fils unique que du Père qui «
donne » pour cela son Fils. Tel est l'amour envers l'homme, l'amour
envers le « monde »: c'est l'amour sauveur.
14. “Porque Deus amou o mundo de tal maneira que deu o seu Filho
unigênito, para que todo aquele que nele crê não pereça, mas tenha a
vida eterna” (27). Estas palavras, proferidas por Cristo durante a
sua conversa com Nicodemos, conduzem-nos ao âmago da ação salvadora
de Deus. Expressam também a essência da “soteriologia” cristã, isto
é, a teologia da salvação. Salvar significa libertar do mal; a
salvação está, portanto, intimamente ligada ao problema do
sofrimento. Segundo as palavras dirigidas a Nicodemos, Deus dá o seu
Filho ao “mundo” para libertar a humanidade do mal, que contém
inerentemente a perspetiva última e absoluta do sofrimento. Ao mesmo
tempo, a palavra “dá” (“deu”) significa que esta libertação deve ser
realizada pelo Filho unigênito através do seu próprio sofrimento.
Nisto se manifesta o amor, o amor infinito tanto deste Filho
unigênito como do Pai que “dá” o seu Filho para este fim. Tal é o
amor pelo homem, o amor pelo “mundo”: é o amor salvador.
Nous nous trouvons ici — il faut s'en rendre compte clairement dans
notre réflexion commune sur ce problème — dans une dimension
complètement nouvelle de notre thème. C'est une dimension différente
de celle qui déterminait la recherche de la signification de la
souffrance et, en un sens, l'enfermait dans les limites de la
justice. C'est là la dimension de la Rédemption que semblaient déjà
annoncer dans l'Ancien Testament, du moins selon le texte de la
Vulgate, les paroles de Job le juste: « Je sais, moi, que mon
rédempteur est vivant, et qu'au dernier jour... je verrai mon
Dieu... »(28).
Encontramo-nos aqui — e isto deve ser claramente compreendido na
nossa reflexão conjunta sobre este problema — numa dimensão
completamente nova do nosso tema. Esta é uma dimensão diferente
daquela que determinou a busca pelo significado do sofrimento e, em
certo sentido, a confinou aos limites da justiça. Esta é a dimensão
da Redenção que as palavras de Jó, o justo, pareciam anunciar no
Antigo Testamento, pelo menos segundo o texto da Vulgata: “Eu sei
que o meu Redentor vive, e que no último dia… verei o meu Deus…”
(28)
Si, jusqu'ici, nos considérations se sont concentrées avant tout et,
en un sens, exclusivement sur la souffrance dans sa forme temporelle
multiple (comme aussi les souffrances de Job le juste), les paroles
de l'entretien de Jésus avec Nicodème rappelées ci-dessus concernent
au contraire la souffrance dans son sens fondamental et définitif.
Dieu donne son Fils unique afin que l'homme « ne périsse pas », et
la signification de ce « ne périsse pas » est soigneusement précisée
par les mots qui suivent: « mais ait la vie éternelle ».
. Se, até agora, as nossas considerações se concentraram
primordialmente e, em certo sentido, exclusivamente no sofrimento
nas suas múltiplas formas temporais (como os sofrimentos de Jó, o
justo), as palavras da conversa de Jesus com Nicodemos, mencionadas
acima, dizem respeito, ao contrário, ao sofrimento no seu sentido
fundamental e definitivo. Deus dá o seu Filho unigênito para que o
homem “não pereça”, e o significado deste “não pereça” é
cuidadosamente esclarecido pelas palavras que se seguem: “mas tenha
a vida eterna”.
L'homme « périt » quand il perd « la vie éternelle ». Le contraire
du salut n'est donc pas seulement la souffrance temporelle, une
souffrance quelconque, mais la souffrance définitive: la perte de la
vie éternelle, le fait d'être rejeté par Dieu, la damnation. Le Fils
unique a été donné à l'humanité pour protéger l'homme avant tout
contre ce mal définitif et contre lasouffrance définitive.
O homem "perece" quando perde a "vida eterna". O oposto da salvação,
portanto, não é meramente o sofrimento temporal, qualquer tipo de
sofrimento, mas o sofrimento definitivo: a perda da vida eterna, a
rejeição por Deus, a condenação. O Filho unigênito foi dado à
humanidade para proteger o homem, acima de tudo, desse mal
definitivo e desse sofrimento definitivo.
Dans sa mission salvifique, il doit donc atteindre le mal jusqu'en
ses racines transcendantes à partir desquelles ce mal se développe
dans l'histoire de l'homme. Ces racines transcendantes du mal sont
ancrées dans le péché et dans la mort; elles se trouvent en effet à
la base de la perte de la vie éternelle. La mission du Fils unique
consiste à vaincre le péché et la mort. Il triomphe du péché par son
obéissance jusqu'à la mort, et il triomphe de la mort par sa
résurrection.
Em
sua missão salvífica, Ele deve, portanto, alcançar o mal em suas
raízes transcendentes, de onde esse mal se desenvolve na história
humana. Essas raízes transcendentes do mal estão ancoradas no pecado
e na morte; elas são, de fato, a raiz da perda da vida eterna. A
missão do Filho unigênito é vencer o pecado e a morte. Ele triunfa
sobre o pecado por meio de sua obediência até a morte e triunfa
sobre a morte por meio de sua ressurreição.
15. Quand on dit que le Christ, par sa mission, atteint le
mal jusqu'en ses racines, nous pensons non seulement au mal et à
la souffrance définitifs, eschatologiques (pour que l'homme « ne
périsse pas mais ait la vie éternelle »), mais aussi — au moins
indirectement — au mal et à la souffrance dans leur dimension
temporelle et historique. Le mal reste en effet lié au péché et
à la mort.
15. Quando dizemos que Cristo, por meio de sua missão, atinge o mal
em suas raízes, não estamos pensando apenas no mal e no sofrimento
definitivos e escatológicos (para que a humanidade “não pereça, mas
tenha a vida eterna”), mas também — ao menos indiretamente — no mal
e no sofrimento em sua dimensão temporal e histórica. O mal
permanece, de fato, ligado ao pecado e à morte.
Et même si c'est avec une grande prudence que l'on doit
juger la souffrance de l'homme comme une conséquence de péchés
concrets (comme le montre précisément l'exemple de Job le
juste), on ne peut cependant pas la séparer du péché des
origines, de ce qui, chez saint Jean, est appelé « le péché du
monde »(29), de l'arrière-plan pécheur des actions personnelles
et des processus sociaux dans l'histoire de l'homme. S'il n'est
pas permis d'appliquer ici le critère restreint de la dépendance
directe (comme le faisaient les trois amis de Job), on ne peut
non plus renoncer au critère selon lequel, à la base des
souffrances humaines, il y a des compromissions de toutes sortes
avec le péché.
E mesmo que devamos
julgar o sofrimento humano como consequência de pecados concretos
com muita cautela (como demonstra claramente o exemplo de Jó, o
justo), não podemos, contudo, separá-lo do pecado original, daquilo
que, em São João, é chamado de “pecado do mundo” (29), do pano de
fundo pecaminoso das ações pessoais e dos processos sociais na
história humana. Embora não seja permitido aplicar aqui o critério
restrito da dependência direta (como fizeram os três amigos de Jó),
não se pode renunciar ao critério segundo o qual, na base do
sofrimento humano, existem compromissos de toda espécie com o pecado.
Il en est de même quand il s'agit de la mort. On va jusqu'à
l'attendre, bien souvent, comme une libération des souffrances de
cette vie. Et en même temps, il ne saurait nous échapper qu'elle
constitue comme une synthèse définitive de leur oeuvre destructrice,
tant dans l'organisme corporel que dans la vie psychique. Mais la
mort comporte avant tout la désagrégation de toute la personnalité
psychophysique de l'homme. L'âme survit et subsiste séparée du corps
tandis que le corps est soumis à une décomposition progressive
conformément aux paroles prononcées par le Seigneur Dieu, après le
péché commis par l'homme au début de son histoire terrestre: « Tu es
poussière et tu retourneras en poussière »(30).
O mesmo se aplica à morte. Muitas vezes, até a aguardamos como uma
libertação dos sofrimentos desta vida. E, ao mesmo tempo, não
podemos deixar de reconhecer que ela constitui uma espécie de
síntese definitiva da sua ação destrutiva, tanto no organismo físico
como na vida psíquica. Mas a morte implica, sobretudo, a
desintegração de toda a personalidade psicofísica do homem. A alma
sobrevive e subsiste separadamente do corpo, enquanto o corpo está
sujeito à decomposição progressiva, de acordo com as palavras
proferidas pelo Senhor Deus após o pecado cometido pelo homem no
início da sua história terrena: “Tu és pó e ao pó voltarás” (30).
Ainsi donc, même si la mort n'est pas une souffrance au sens
temporel du mot, même si, d'une certaine façon, elle se trouve au-delà
de toutes les souffrances, le mal que l'être humain expérimente en
elle a un caractère définitif et totalisant. Par son oeuvre
salvifique, le Fils unique libère l'homme du péché et de la mort. Il
commence par effacer de l'histoire de l'homme la domination du péché
qui s'est enraciné sous l'influence de l'Esprit du mal dès le péché
originel, puis il donne à l'homme la possibilité de vivre dans la
Grâce sanctifiante.
Assim, mesmo que a morte não seja sofrimento no sentido temporal da
palavra, mesmo que, de certo modo, esteja para além de todo o
sofrimento, o mal que os seres humanos experimentam nela tem um
caráter definitivo e abrangente. Através da sua obra salvífica, o
Filho Unigênito liberta o homem do pecado e da morte. Ele começa por
apagar da história da humanidade o domínio do pecado, que se
enraizou sob a influência do Espírito do mal desde o pecado
original, e então dá à humanidade a possibilidade de viver na Graça
santificadora.
Dans le sillage de la victoire sur le péché, il
enlève aussi à la mort son pouvoir, ouvrant la porte, par sa
Résurrection, à la future résurrection des corps. L'une et l'autre
sont des conditions essentielles de la « vie éternelle », c'est-à-dire
du bonheur définitif de l'homme en union avec Dieu; cela signifie,
pour les sauvés, que dans la perspective eschatologique, la
souffrance est totalement effacée.
Na sequência da vitória sobre o pecado, Ele também
remove o poder da morte, abrindo a porta, por meio de sua
Ressurreição, para a futura ressurreição do corpo. Ambas são
condições essenciais para a "vida eterna", isto é, para a felicidade
suprema da humanidade em união com Deus; isso significa, para os
salvos, que, de uma perspectiva escatológica, o sofrimento é
completamente eliminado.
En conséquence de l'oeuvre salvifique du Christ, l'homme, au long de
son existence sur terre, a l'espérance de la vie et de la sainteté
éternelles. Et même si la victoire sur le péché et sur la mort,
remportée par le Christ grâce à sa Croix et à sa Résurrection, ne
supprime pas les souffrances temporelles de la vie humaine, et ne
libère pas de la souffrance l'existence humaine dans la totalité de
sa dimension historique, elle jette cependant une lumière nouvelle —
la lumière du salut — sur toute cette dimension historique et sur
toute souffrance. Et cette lumière est celle de l'Evangile, c'est-à-dire
de la Bonne Nouvelle. Au centre de cette lumière se trouve la vérité
énoncée lors de l'entretien avec Nicodème: « Dieu, en effet, a tant
aimé le monde qu'il a donné son Fils unique »(31).
Como consequência da obra salvadora de Cristo, a humanidade, ao
longo de sua existência na terra, tem a esperança da vida eterna e
da santidade. E mesmo que a vitória sobre o pecado e a morte,
conquistada por Cristo por meio de sua Cruz e Ressurreição, não
elimine os sofrimentos temporais da vida humana, nem liberte a
existência humana do sofrimento em sua totalidade ou dimensão
histórica, ela lança, no entanto, uma nova luz — a luz da salvação —
sobre toda essa dimensão histórica e sobre todo o sofrimento. E essa
luz é a do Evangelho, isto é, a Boa Nova. No âmago dessa luz reside
a verdade expressa na conversa com Nicodemos: “Porque Deus amou o
mundo de tal maneira que deu o seu Filho unigênito” (31).
Cettevérité bouleverse jusqu'en ses fondements le cadre de
l'histoire de l'homme et de sa situation terrestre: malgré le péché
qui s'est enraciné dans cette histoire, et comme héritage originel
et comme « péché du monde » et comme somme des péchés personnels,
Dieu le Père a aimé son Fils unique, c'est-à-dire qu'il l'aime
toujours; puis dans le temps, en raison précisément de cet amour qui
surpasse tout, il « donne » ce Fils afin qu'il atteigne les racines
mêmes du mal humain et qu'ainsi, porteur du salut, il se rende
proche du monde de la souffrance tout entier auquel l'homme
participe.
Essa verdade abala os próprios alicerces da estrutura da história
humana e de sua condição terrena: apesar do pecado que se enraizou
nessa história, tanto como herança original quanto como “pecado do
mundo” e como soma dos pecados pessoais, Deus Pai amou seu Filho
unigênito, isto é, ainda o ama; Então, com o tempo, precisamente por
causa desse amor que supera tudo, ele "dá" esse Filho para que ele
alcance as raízes do mal humano e, assim, como portador da salvação,
se aproxime de todo o mundo de sofrimento do qual a humanidade
participa.
16. Dans son activité messianique au sein d'Israël, le Christ s'est
sans cesse fait proche du monde de la souffrance humaine. « Il est
passé en faisant le bien »(32), et son action le portait en premier
lieu vers ceux qui souffraient et ceux qui attendaient de l'aide. Il
guérissait les malades, consolait les affligés, donnait à manger aux
affamés, délivrait les hommes de la surdité, de la cécité, de la
lèpre, du démon, de divers handicaps physiques, trois fois il a
rendu la vie à un mort.
16. Em sua atividade messiânica em Israel, Cristo constantemente se
aproximava do mundo do sofrimento humano. “Ele andava por toda parte
fazendo o bem” (32), e suas ações o conduziam, antes de tudo,
àqueles que sofriam e àqueles que aguardavam ajuda. Curava os
enfermos, consolava os aflitos, alimentava os famintos, libertava
pessoas da surdez, cegueira, lepra, possessão demoníaca e diversas
enfermidades físicas; três vezes ressuscitou um morto.
Il était sensible à toute souffrance humaine,
tant du corps que de l'âme. En même temps, il enseignait; et au
centre de son enseignement se trouvent les huit béatitudes, qui sont
adressées aux hommes éprouvés par différentes souffrances dans la
vie temporelle. Ce sont ceux qui ont « une âme de pauvre » et « les
affligés », « les affamés et assoiffés de la justice » et « les
persécutés pour la justice », ceux que l'on insulte, que l'on
persécute, contre lesquels on dit faussement toute sorte de mal à
cause du Christ(33)... Ceci selon saint Matthieu; Luc mentionne
encore explicitement ceux qui ont « faim maintenant »(34)st.
Era sensível
a todo o sofrimento humano, tanto do corpo quanto da alma. Ao mesmo
tempo, ensinava; e no cerne de seus ensinamentos estão as oito
Bem-aventuranças, dirigidas àqueles afligidos por diversos
sofrimentos na vida terrena. São aqueles que têm “uma alma pobre” e
“os aflitos”, “os que têm fome e sede de justiça” e “os que são
perseguidos por causa da justiça”, aqueles que são insultados,
perseguidos, contra os quais todo tipo de mal é falsamente dito por
causa de Cristo (33)... Isso é segundo São Mateus; Lucas também
menciona explicitamente aqueles que estão “com fome agora”(34).
De toute façon, le Christ s'est fait proche du monde de la
souffrance humaine surtout en prenant sur lui-même cette souffrance.
Durant son activité publique, non seulement il a éprouvé la fatigue,
l'absence de maison, l'incompréhension, même de ses plus proches,
mais, par-dessus tout, il a été de plus en plus hermétiquement
enfermé dans un cercle d'hostilité, et les préparatifs pour le faire
disparaître du monde des vivants sont devenus de plus en plus
manifestes. Le Christ en est conscient et bien souvent il parle à
ses disciples des souffrances et de la mort qui l'attendent: « Voici
que nous montons à Jérusalem, et le Fils de l'homme sera livré aux
grands prêtres et aux scribes; ils le condamneront à mort et le
livreront aux païens, ils le bafoueront, cracheront sur lui, le
flagelleront et le tueront, et après trois jours il ressuscitera
»(35).
Em todo caso, Cristo aproximou-se do mundo do sofrimento humano,
sobretudo ao assumir esse sofrimento sobre si. Durante seu
ministério público, ele não apenas experimentou fadiga, desamparo e
incompreensão, até mesmo por parte daqueles mais próximos a ele, mas,
acima de tudo, viu-se cada vez mais cercado por um círculo de
hostilidade, e os preparativos para fazê-lo desaparecer do mundo dos
vivos tornaram-se cada vez mais evidentes. Cristo estava ciente
disso e frequentemente falava aos seus discípulos sobre o sofrimento
e a morte que o aguardavam: “Estamos subindo para Jerusalém, e o
Filho do Homem será entregue aos principais sacerdotes e aos mestres
da lei. Eles o condenarão à morte e o entregarão aos gentios. Ali,
zombarão dele, cuspirão nele, açoitarão-no e o matarão. Depois de
três dias, ele ressuscitará” (35).
Le Christ va audevant de sa passion et de sa mort en pleine
conscience de la mission qu'il doit accomplir précisément de cette
manière. C'est précisément par cette souffrance qu'il doit faire en
sorte « que l'homme ne périsse pas mais ait la vie éternelle ».
C'est précisément par sa Croix qu'il doit atteindre les racines du
mal enfoncées dans l'histoire de l'homme et dans l'âme humaine.
C'est précisément par sa Croix qu'il doit accomplir l'oeuvre du
salut . Cette oeuvre, dans le dessein de l'Amour éternel, a un
caractère rédempteur.
Cristo enfrenta sua
paixão e morte plenamente consciente da missão que deve cumprir,
precisamente dessa maneira. É precisamente por meio desse sofrimento
que ele deve garantir “que o homem não pereça, mas tenha a vida
eterna”. É precisamente através da sua Cruz que Ele deve alcançar as
raízes do mal enraizadas na história da humanidade e na alma humana.
É precisamente através da sua Cruz que Ele deve realizar a obra da
salvação. Esta obra, no plano do Amor eterno, tem um caráter
redentor.
Et c'est pourquoi il reprend sévèrement Pierre lorsque celui-ci veut
lui faire abandonner ses pensées sur la souffrance et sur la mort en
croix(36). Et quand le même Pierre, au moment de l'arrestation à
Gethsémani, tente de le défendre par l'épée, le Christ lui dit: «
Rentre ton épée... Comment alors s'accompliraient les Ecritures
d'après lesquelles il doit en être ainsi? »(37). Et il dit aussi: «
La coupe que m'a donnée le Père, ne la boirai-je pas? »(38). Cette
réponse — comme d'autres qui reviennent en divers points de
l'Evangile—montre combien le Christ était profondément pénétré de la
pensée qu'il avait déjà exprimée lors de son entretien avec Nicodème:
E é por isso que ele repreende severamente Pedro quando este tenta
dissuadi-lo de seus pensamentos sobre o sofrimento e a morte na cruz
(36). E quando o mesmo Pedro, no momento da prisão no Getsêmani,
tenta defendê-lo com a espada, Cristo lhe diz: “Guarda a tua espada...
Como então se cumpririam as Escrituras, segundo as quais deve ser
assim?” (37). E ele também diz: “Não beberei eu o cálice que o Pai
me deu?” (38). Esta resposta — como outras que se repetem em vários
pontos do Evangelho — mostra quão profundamente Cristo estava
imbuído do pensamento que já havia expressado durante sua conversa
com Nicodemos:
« Dieu, en effet, a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique
pour que tout homme qui croit en lui ne périsse pas mais ait la vie
éternelle »(39). Le Christ s'achemine vers sa propre souffrance,
conscient de sa force salvifique; il va, obéissant à son Père, mais
surtout il est uni à son Père dans l'amour meme dont le Père a aimé
le monde et l'homme dans le monde. Et c'est pourquoi saint Paul
écrira du Christ: il « m'a aimé et s'est livré pour moi »(40).
“Porque Deus amou o mundo de tal maneira que deu o
seu Filho unigênito, para que todo aquele que nele crê não pereça,
mas tenha a vida eterna” (39). Cristo caminha em direção ao seu
próprio sofrimento, consciente de seu poder salvador; caminha,
obediente ao Pai, mas acima de tudo está unido ao Pai no próprio
amor com que o Pai amou o mundo e o homem no mundo. E é por isso que
São Paulo escreverá sobre Cristo: ele “me amou e se entregou por mim”
(40).
17. Les Ecritures devaient s'accomplir. Nombreux étaient les
textes messianiques de l'Ancien Testament qui annonçaient les
souffrances du futur Oint de Dieu. L'un d'entre eux est
particulièrement touchant, celui que l'on appelle habituellement le
quatrième chant du Serviteur de Yahvé, contenu dans le Livre d'Isaie.
Le prophète, appelé à juste titre « le cinquième évangéliste »,
présente dans ce chant l'image des souffrances du Serviteur avec un
réalisme aigu, comme s'il les voyait de ses propres yeux, les yeux
du corps et ceux de l'esprit. A la lumière des versets d'Isaïe, la
passion du Christ devient presque plus expressive et émouvante
encore que dans les descriptions des évangélistes eux-mêmes. Voici
comment se présente devant nous le vrai Homme de douleur:
17. As Escrituras tinham que se cumprir. Muitos dos textos
messiânicos do Antigo Testamento predisseram os sofrimentos do
futuro Ungido de Deus. Um deles é particularmente comovente, aquele
geralmente chamado de quarto Cântico do Servo de Javé, contido no Livro de Isaías. O
profeta, corretamente chamado de “o quinto evangelista”, apresenta
neste cântico a imagem dos sofrimentos do Servo com um realismo
impressionante, como se os estivesse vendo com seus próprios olhos,
tanto físicos quanto espirituais. À luz dos versículos de Isaías, a
Paixão de Cristo torna-se quase mais expressiva e comovente do que
nas próprias descrições dos evangelistas. É assim que o verdadeiro
Homem de Dores aparece diante de nós:
« Il n'avait ni beauté ni éclat pour attirer nos regards... Objet de mépris, abandonné des hommes, homme de douleur, familier de la souffrance, comme quelqu'un devant qui on se voile la face, méprisé, nous n'en faisions aucun cas. Or ce sont nos souffrances qu'il portait et nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous le considérions comme puni, frappé par Dieu et humilié. Mais lui, il a été transpercé à cause de nos crimes, écrasé à cause de nos fautes. Le châtiment qui nous rend la paix est sur lui, et dans ses blessures nous trouvons la guérison. Tous, comme des moutons, nous étions errants, chacun suivant son propre chemin, et le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à tous »(41).
Ele não possuía beleza nem esplendor para atrair nosso olhar... Objeto de desprezo, abandonado pelos homens, homem de sofrimento e familiarizado com a dor. Como alguém de quem as pessoas escondem o rosto, era desprezado, e nós o tínhamos em baixa estima. Certamente ele tomou sobre si as nossas dores e carregou os nossos
sofrimentos, e nós o consideramos castigado por Deus, atingido por ele e afligido. Mas ele foi traspassado por causa das nossas transgressões, foi
esmagado por causa das nossas iniquidades. O castigo que nos trouxe paz estava sobre ele, e pelas suas feridas fomos curados. Todos nós, como ovelhas, nos desviamos, cada um de nós se voltou para o seu próprio caminho, e o Senhor fez cair sobre ele as iniquidades de todos nós” (41).
Le chant du Serviteur souffrant contient une description dans
laquelle on peut, en un sens, identifier les étapes de la passion du
Christ dans tous leurs détails: l'arrestation, l'humiliation, les
soufflets, les crachats, le mépris de la dignité même du prisonnier,
le jugement inique, puis la flagellation, le couronnement d'épines
et la dérision, le chemin de croix, la crucifixion, l'agonie. Ce qui
nous touche dans les paroles du prophète, plus encore que cette
description de la passion, c'est la profondeur du sacrifice du
Christ. Bien qu'innocent, voici qu'il se charge des souffrances de
tous les hommes parce qu'il se charge des péchés de tous. « Le
Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à tous »: tout le péché
de l'homme dans son étendue et sa profondeur devient la véritable
cause de la souffrance du Rédempteur.
O Cântico do Servo
Sofredor contém uma descrição na qual podemos, em certo sentido,
identificar as etapas da Paixão de Cristo em todos os seus detalhes:
a prisão, a humilhação, os açoites, os cuspes, o desprezo pela
própria dignidade do prisioneiro, o julgamento injusto, depois a
flagelação, a coroação de espinhos e o escárnio, o Caminho da Cruz,
a crucificação, a agonia. O que nos comove nas palavras do profeta,
ainda mais do que essa descrição da Paixão, é a profundidade do
sacrifício de Cristo. Embora inocente, Ele assume sobre si os
sofrimentos de toda a humanidade porque assume sobre si os pecados
de todos. "O Senhor fez cair sobre si a iniquidade de todos nós":
todo o pecado da humanidade, em sua amplitude e profundidade, torna-se
a verdadeira causa do sofrimento do Redentor.
Si la souffrance se « mesure » en fonction du mal enduré, les
paroles du prophète nous permettent de comprendre la mesure du mal
et de la souffrance dont le Christ s'est chargé. On peut dire que
c'est une souffrance de « substitution »; mais elle est surtout une
souffrance de « rédemption ». L'Homme de douleur de cette prophétie
est vraiment « l'agneau de Dieu qui enlève le péché du monde »(42).
Dans sa souffrance, les péchés sont effacés précisément parce que
lui seul, comme Fils unique, a pu les prendre sur lui, les assumer
avec un amour envers le Père qui surpasse le mal de tout péché; en
un certain sens, il anéantit ce mal dans l'espace spirituel des
rapports entre Dieu et l'humanité, et il remplit cet espace avec le
bien.
Se o sofrimento é "medido" de acordo com o mal suportado, as
palavras do profeta nos permitem compreender a dimensão do mal e do
sofrimento que Cristo assumiu. Pode-se dizer que é um sofrimento de
“substituição”; mas, acima de tudo, é um sofrimento de “redenção”. O
Homem das Dores, nesta profecia, é verdadeiramente “o Cordeiro de
Deus que tira o pecado do mundo” (42). Em seu sofrimento, os pecados
são apagados precisamente porque somente ele, como Filho unigênito,
foi capaz de tomá-los sobre si, de assumi-los com um amor pelo Pai
que supera o mal de todo pecado; em certo sentido, ele aniquila esse
mal no espaço espiritual da relação entre Deus e a humanidade, e
preenche esse espaço com o bem.
Nous touchons ici la dualité de nature d'un unique sujet personnel
de la souffrance rédemptrice. Celui qui, par sa passion et sa mort
sur la Croix, opère la Rédemption est le Fils unique que Dieu « a
donné ». Et en même temps, ce Fils de même nature que le Père
souffre en tant qu'homme. Sa souffrance a des dimensions humaines,
elle a aussi — à un degré unique dans l'histoire de l'humanité — une
profondeur et une intensité qui, bien qu'humaines, peuvent être
également une profondeur et une intensité incomparables de
souffrance du fait que l'Homme qui souffre est en personne le Fils
unique: « Dieu de Dieu ». Lui seul par conséquent — lui, le Fils
unique — est capable d'étreindre l'étendue du mal contenu dans le
péché de l'homme: dans tout péché et dans le péché «total », selon
les dimensions de l'existence historique de l'humanité sur la terre.
Aqui nos deparamos com a natureza dual do sujeito pessoal único do
sofrimento redentor. Aquele que, por meio de sua paixão e morte na
Cruz, efetua a Redenção é o Filho unigênito que Deus "deu". E, ao
mesmo tempo, este Filho, da mesma natureza do Pai, sofre como homem.
Seu sofrimento tem dimensões humanas; tem também — em um grau único
na história da humanidade — uma profundidade e intensidade que,
embora humanas, podem ser também uma profundidade e intensidade de
sofrimento incomparáveis, porque o Homem que sofre é, em pessoa, o
Filho unigênito: "Deus de Deus". Somente Ele, portanto — Ele, o
Filho unigênito — é capaz de abarcar toda a extensão do mal contido
no pecado humano: em todo pecado e no pecado "total", segundo as
dimensões da existência histórica da humanidade na Terra.
18. On peut dire qu'à présent les considérations ci-dessus nous
mènent directement à Gethsémani et sur le Golgotha, où s'est réalisé
le chant du Serviteur souffrant contenu dans le Livre d'Isaïe. Mais
avant d'y aller, lisons les versets suivants du chant, qui donnent
une anticipation prophétique de la passion de Gethsémani et du
Golgotha. Le Serviteur souffrant — et cela est à son tour essentiel
pour une analyse de la passion du Christ — se charge d'une manière
totalement volontaire des souffrances dont on a parlé:
18. Poderíamos dizer que as considerações acima nos levam
diretamente ao Getsêmani e ao Gólgota, onde se cumpriu o cântico do
Servo Sofredor contido no Livro de Isaías. Mas antes de
prosseguirmos, leiamos os seguintes versículos do cântico, que
antecipam profeticamente a paixão do Getsêmani e do Gólgota. O Servo
Sofredor — e isso é essencial para a análise da Paixão de Cristo —
assume voluntariamente os sofrimentos mencionados:
« Maltraité, il s'humiliait, il n'ouvrait pas la bouche, comme l'agneau qui se laisse mener à l'abattoir, comme devant les tondeurs une brebis muette, il n'ouvrait pas la bouche. Par contrainte et jugement il a été saisi. Parmi ses contemporains, qui s'est inquiété qu'il ait été retranché de la terre des vivants, qu'il ait été frappé pour le crime de son peuple? On lui a donné un sépulcre avec les impies et sa tombe est avec le riche, bien qu'il n'ait pas commis de violence et qu'il n'y ait pas eu de tromperie dans sa bouche »(43)
“Ele foi oprimido e afligido, mas não abriu a sua boca; como um cordeiro levado ao matadouro, e como a ovelha muda perante os seus tosquiadores, ele não abriu a sua boca. Pela opressão e pelo juízo foi preso.” Entre os seus contemporâneos, quem se importava com o fato de ele ter sido cortado da terra dos viventes, com o fato de ter sido fulminado pelo pecado do seu povo? Deram-lhe uma sepultura com os ímpios e o seu túmulo está com os ricos, embora não tenha cometido violência e não se tenha achado engano na sua boca”(43)or.or.
Le Christ souffre volontairement et c'est innocent qu'il souffre. Il
accueille par sa souffrance la question — posée nombre de fois par
les hommes — qui a été exprimée en un sens d'une manière radicale
par le Livre de Job. Toutefois, non seulement le Christ porte en lui
l'interrogation elle-même (et cela d'une façon encore plus radicale
puisque, s'il est homme comme Job, il est aussi le Fils unique de
Dieu), mais il apporte également la plus complète des réponses
possibles à cette question. La réponse vient, peut-on dire, de la
matière même dont est faite la demande. La réponse à l'interrogation
sur la souffrance et sur le sens de la souffrance, le Christ la
donne non seulement par son enseignement, c'est-à-dire par la Bonne
Nouvelle, mais avant tout par sa propre souffrance qui est complétée
d'une manière organique et indissoluble par cet enseignement de la
Bonne Nouvelle. Et c'est là le mot ultime, la synthèse, de cet
enseignement: «le langage de la Croix », comme le dira un jour saint
Paul(44).
Cristo sofre voluntariamente, e é inocentemente que Ele sofre.
Através do seu sofrimento, Ele abraça a questão — muitas vezes
colocada pela humanidade — que foi expressa de forma radical no
Livro de Jó. Contudo, Cristo não só carrega em si a própria questão
(e isto de uma forma ainda mais radical, visto que, embora seja
humano como Jó, é também o Filho unigênito de Deus), como também
oferece a resposta mais completa possível a essa questão. A resposta,
poderíamos dizer, provém da própria essência da questão. Cristo dá a
resposta à questão sobre o sofrimento e o significado do sofrimento
não só através do seu ensinamento, isto é, através da Boa Nova, mas
sobretudo através do seu próprio sofrimento, que é orgânica e
indissoluvelmente completado por este ensinamento da Boa Nova. E
esta é a palavra final, a síntese, deste ensinamento: “a linguagem
da Cruz”, como diria São Paulo um dia (44).
Ce « langage de la Croix » charge d'une réalité définitive l'image
de la prophétie antique. Bien des textes, bien des discours, dans
l'enseignement public du Christ, témoignent que celui-ci accepte
d'emblée cette souffrance, qui est la volonté du Père pour le salut
du monde. Mais ici, le point décisif est la prière à Gethsémani. «
Mon Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de moi!
Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux »(45), et un
peu plus loin: « Mon Père, si cette coupe ne peut passer sans que je
la boive, que ta volonté soit faite! » (46): ces paroles sont
expressives à plus d'un titre. Elles prouvent la vérité de l'amour
que le Fils unique donne à son Père par son obéissance. En même
temps, elles attestent la vérité de sa souffrance. Les paroles de la
prière du Christ à Gethsémani prouvent la vérité de l'amour par la
vérité de la souffrance. Les paroles du Christ confirment en toute
simplicité cette vérité humaine de la souffrance, jusqu'au fond: la
souffrance, c'est subir le mal, devant lequel l'homme frémit. Il dit:
« Qu'elle passe loin de moi! », précisément comme le Christ l'a dit
à Gethsémani.
Essa “linguagem da Cruz” imbuí a imagem da antiga profecia de
realidade definitiva. Muitos textos e discursos do ensinamento
público de Cristo testemunham que ele aceita prontamente esse
sofrimento, que é a vontade do Pai para a salvação do mundo. Mas
aqui, o ponto decisivo é a oração no Getsêmani. “Meu Pai, se for
possível, afasta de mim este cálice; contudo, não seja feita a minha
vontade, mas a tua” (45), e um pouco mais adiante: “Meu Pai, se este
cálice não puder ser afastado de mim sem que eu o beba, faça-se a
tua vontade” (46): essas palavras são expressivas em mais de um
sentido. Elas comprovam a verdade do amor que o Filho Unigênito
demonstra ao Pai por meio de sua obediência. Ao mesmo tempo, atestam
a verdade de seu sofrimento. As palavras da oração de Cristo no
Getsêmani comprovam a verdade do amor por meio da verdade do
sofrimento. As palavras de Cristo simplesmente confirmam esta
verdade humana fundamental do sofrimento: sofrer é suportar o mal,
diante do qual a humanidade treme. Ele diz: "Passe isso de mim!" —
exatamente como Cristo disse no Getsêmani.
Ses paroles attestent en même temps la profondeur et l'intensité
uniques et incomparables de la souffrance que seul l'Homme qui est
le Fils unique a pu expérimenter; elles attestent cette profondeur
et cette intensité que les termes prophétiques cités ci-dessus
aident, à leur manière, à comprendre: pas à fond, certes (il
faudrait pour cela pénétrer le mystère divin et humain de celui qui
en est le sujet), mais au moins à comprendre la différence (et en
même temps la ressemblance) qui se vérifie entre toute souffrance
possible de l'homme et celle du Dieu-Homme. Gethsémani est le lieu
où précisément cette souffrance, dans toute la vérité exprimée par
le prophète sur le mal qu'elle fait ressentir, s'est révélée quasi
définitivement à l'âme du Christ.
Suas palavras atestam simultaneamente a profundidade e a intensidade
únicas e incomparáveis do sofrimento que somente o Homem, Filho
Unigênito, poderia experimentar; atestam essa profundidade e
intensidade que os termos proféticos citados acima nos ajudam, à sua
maneira, a compreender: não plenamente, certamente (pois isso
exigiria penetrar o mistério divino e humano daquele que é o seu
sujeito), mas ao menos a compreender a diferença (e ao mesmo tempo a
semelhança) que é evidente entre todo o sofrimento humano possível e
o do Deus-Homem. Getsêmani é o lugar onde precisamente esse
sofrimento, em toda a verdade expressa pelo profeta sobre o mal que
ele causa, foi revelado quase definitivamente à alma de Cristo.
Après les paroles de Gethsémani viennent les paroles prononcées sur
le Golgotha: elles témoignent de la profondeur — unique dans
l'histoire du monde — du mal que représente l'épreuve de la
souffrance. Lorsque le Christ dit « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi
m'as-tu abandonné? », ses paroles ne sont pas seulement l'expression
de l'abandon qui s'exprimait souvent dans l'Ancien Testament,
spécialement dans les Psaumes, et en particulier dans ce Psaume 22
[21] d'où vient la phrase citée(47). On péut dire que ces paroles
d'abandon naissent au plan de l'union indissoluble du Fils à son
Père, et qu'elles naissent parce que le Père « a fait retomber sur
lui nos fautes à tous »(48), dans la ligne de ce que dira saint
Paul: « Celui qui n'avait pas connu le péché, Dieu l'a pour nous identifié au péché »(49). En même temps que ce poids horrible,
mesurant «tout » le mal — contenu dans le péché — qui consiste à
tourner le dos à Dieu, le Christ, par la profondeur divine de
l'union filiale à son Père, perçoit d'une façon humainement
inexprimable la souffrance qu'est la séparation, le rejet du Père,
la rupture avec Dieu. Mais c'est justement par cette souffrance qu'il
opère la Rédemption et qu'il peut dire en expirant: « Tout est
accompli »(50)
Após as palavras do Getsêmani, vêm as palavras proferidas no Gólgota:
elas testemunham a profundidade — única na história do mundo — do
mal representado pela provação do sofrimento. Quando Cristo diz:
“Meu Deus, meu Deus, por que me abandonaste?”, suas palavras não são
meramente uma expressão do abandono frequentemente encontrado no
Antigo Testamento, especialmente nos Salmos, e particularmente no
Salmo 22 [21], de onde provém a frase citada (47). Pode-se dizer que
essas palavras de abandono brotam da união indissolúvel do Filho com
o Pai, e que brotam porque o Pai “fez cair sobre ele as iniquidades
de todos nós” (48), em consonância com o que São Paulo dirá: “Aquele
que não tinha pecado, Deus o fez pecado por nós” (49). Ao mesmo
tempo que pesa este peso horrível, que mede “todo” o mal — contido
no pecado — que consiste em dar as costas a Deus, Cristo, através da
profundidade divina da união filial com o Pai, percebe de um modo
humanamente inexprimível o sofrimento que é a separação, a rejeição
do Pai, a ruptura com Deus. Mas é precisamente através deste
sofrimento que Ele realiza a Redenção e que pode dizer, ao expirar:
“Está consumado”. (50)
On peut dire aussi que l'Ecriture s'est accomplie, que se sont
définitivement réalisées les paroles du chant du Serviteur souffrant:
« Le Seigneur a voulu l'écraser par la souffrance »(51). La
souffrance humaine a atteint son sommet dans la passion du Christ.
Et, simultanément, elle a revêtu une dimensioncomplètement nouvelle
et est entrée dans un ordre nouveau: elle a été liée à l'amour, à
l'amour dont le Christ parlait à Nicodème, à l'amour qui crée le
bien, en le tirant même du mal, en le tirant au moyen de la
souffrance, de même que le bien suprême de la Rédemption du monde a
été tiré de la Croix du Christ ettrouve continuellement en elle son
point de départ. La Croix du Christ est devenue une source d'où
coulent des fleuves d'eau vive(52). C'est en elle aussi que nous
devons reposer la question du sens de la souffrance et trouver
jusqu'au bout la réponse à cette question.
Podemos também dizer que as Escrituras se cumpriram, que as palavras
do cântico do Servo Sofredor se realizaram definitivamente: “O
Senhor quis esmagá-lo com sofrimento” (51). O sofrimento humano
atingiu o seu ápice na Paixão de Cristo. E, simultaneamente, assumiu
uma dimensão completamente nova e entrou numa nova ordem: ligou-se
ao amor, ao amor de que Cristo falou a Nicodemos, ao amor que cria o
bem, extraindo-o até do mal, extraindo-o através do sofrimento, tal
como o bem supremo da Redenção do mundo foi extraído da Cruz de
Cristo e nela encontra continuamente o seu ponto de partida. A Cruz
de Cristo tornou-se uma fonte da qual jorram rios de água viva (52).
É nela, também, que devemos revisitar a questão do significado do
sofrimento e encontrar a resposta a esta questão até ao seu fim.