DU
SOUVERAIN PONTIFE JEAN-PAUL II AUX EVEQUES, AUX PRETRES, AUX FAMILLES RELIGIEUSES ET AUX FIDELES DE L'EGLISE CATHOLIQUE SUR LE SENS CHRETIEN DE LA SOUFFRANCE HUMAINE
Vénérables Frères
dans l'épiscopat, Chers Frères et Sœurs,
VII
LE BON SAMARITAIN
VII
O BOM SAMARITANO
28. A l'Evangile de la souffrance appartient aussi — et d'une
manière organique — la parabole du bon Samaritain. Dans cette
parabole, le Christ a voulu répondre à la question: « Qui est mon
prochain? »(90). En effet, des trois passants sur la route de
Jérusalem à Jéricho, au bord de laquelle un homme dévalisé et blessé
par des brigands gisait à terre à moitié mort, c'est précisément le
Samaritain qui se montra en vérité être le «prochain » de ce
malheureux: le « prochain » veut dire également celui qui a accompli
le commandement de l'amour du prochain. Deux autres voyageurs
parcoururent la même route; l'un était prêtre et l'autre lévite;
mais chacun d'eux, « le vit et passa outre ». Par contre, le
Samaritain « le vit et fut pris de pitié. I1 s'approcha, banda ses
plaies », puis « le mena à l'hôtellerie et prit soin de lui »(91).
Et, au moment de son départ, il recommanda soigneusement à
l'hôtelier l'homme qui souffrait et s'engagea à solder les dépenses
nécessaires.
28. A parábola do Bom
Samaritano também pertence — organicamente — ao Evangelho do
sofrimento. Nessa parábola, Cristo quis responder à pergunta: “Quem
é o meu próximo?” (90). De fato, dos três viajantes na estrada de
Jerusalém para Jericó, onde um homem, roubado e ferido por ladrões,
jazia quase morto no chão, foi precisamente o samaritano quem
realmente se mostrou o “próximo” desse homem infeliz: “próximo”
significa também aquele que cumpriu o mandamento de amar o próximo.
Outros dois viajantes percorriam a mesma estrada; um era sacerdote e
o outro Levita; mas cada um deles “o viu e passou por ele”. Contudo,
o samaritano “o viu e teve compaixão. Aproximou-se dele,
enfaixou-lhe as feridas”, depois “levou-o para uma hospedaria e
cuidou dele” (91). E, ao partir, recomendou cuidadosamente o homem
que sofria ao hospedeiro e prometeu pagar-lhe a estadia.
La parabole du bon Samaritain appartient à l'Evangile de la
souffrance. Elle indique, en effet, quelle doit être la relation de
chacun d'entre nous avec le prochain en état de souffrance. Il nous
est interdit de « passer outre », avec indifférence, mais nous
devons « nous arrêter » auprès de lui. Le bon Samaritain, c'est
toute personne qui s'arrête auprès de la souffrance d'un autre homme,
quelle qu'elle soit. S'arrêter ainsi, cela n'est pas faire preuve de
curiosité mais de disponibilité. Celle-ci est comme une certaine
disposition intérieure du coeur qui s'ouvre et qui est capable
d'émotion. Le bon Samaritain est toute personne sensible à la
souffrance d'autrui, la personne qui « s'émeut » du malheur de son
prochain. Si le Christ, sachant ce qu'il y a dans l'homme, souligne
cette capacité émotive, c'est qu'il veut en montrer l'importance
dans nos comportements face à la souffrance des autres. Il importe
donc de développer en soi cette sensibilité du coeur, qui témoigne
de notre compassion pour un être souffrant. Parfois, cette
compassion est la seule ou la principale expression possible de
notre amour et de notre solidarité avec ceux qui souffrent.
A parábola do Bom
Samaritano pertence ao Evangelho do sofrimento. Indica, de fato,
qual deve ser a relação de cada um de nós com o nosso próximo em
estado de sofrimento. É-nos proibido “passar por ele” com
indiferença, mas sim “parar” ao seu lado. O Bom Samaritano é
qualquer pessoa que para para testemunhar o sofrimento de outra
pessoa, seja ele qual for. Parar desta forma não é demonstrar
curiosidade, mas estar disponível. É como uma certa disposição
interior do coração que se abre e é capaz de emoção. O Bom
Samaritano é qualquer pessoa sensível ao sofrimento alheio, a pessoa
que se “comove” com a desgraça do seu próximo. Se Cristo, conhecendo
o que há na humanidade, enfatiza essa capacidade emocional, é porque
deseja mostrar sua importância em nosso comportamento diante do
sofrimento alheio. É, portanto, importante cultivar em nós essa
sensibilidade do coração, que testemunha nossa compaixão por um ser
que sofre. Às vezes, essa compaixão é a única ou a principal
expressão possível do nosso amor e solidariedade com aqueles que
sofrem.
Mais le bon Samaritain de la parabole du Christ ne se contente pas
seulement d'émotion et de compassion. Ces mouvements affectifs
deviennent pour lui un stimulant qui l'amène à agir concrètement et
à porter secours à l'homme blessé. Tout homme qui porte secours à
des souffrances, de quelque nature qu'elles soient, est donc un bon
Samaritain. Secours efficace, si possible. Ce faisant, il y met tout
son coeur, mais il n'épargne pas non plus les moyens d'ordre
matériel. On peut même dire qu'il se donne lui-même, qu'il donne son
propre « moi » en ouvrant ce « moi » à un autre. Nous touchons ici
un des points clés de toute l'anthropologie chrétienne. La personne
humaine ne peut « pleinement se reconnaître que par le don
désintéressé d'elle-même »(92). Un bon Samaritain, c'est justement
l'homme capable d'un tel don de soi.
Mas o Bom Samaritano na
parábola de Cristo não se contenta com mera emoção e compaixão.
Esses sentimentos se tornam uma força motriz para ele, levando-o a
agir concretamente e a socorrer o homem ferido. Portanto, qualquer pessoa que socorra o sofrimento, seja ele qual
for, é um Bom Samaritano. Um auxílio eficaz, se possível. Ao fazê-lo,
ele se dedica de corpo e alma, mas também não poupa esforços.
Poderíamos até dizer que ele se doa, que ele entrega o seu próprio "eu"
ao abrir esse "eu" para o outro. Aqui tocamos em um dos pontos-chave
de toda a antropologia cristã. A pessoa humana só pode "reconhecer-se
plenamente através da doação desinteressada de si mesma" (92). Um
Bom Samaritano é precisamente a pessoa capaz de tal doação de si.
29. En suivant la parabole évangélique, on pourrait dire que la
souffrance, présentant des visages si divers à travers le monde
humain, s'y trouve également pour libérer dans 1'homme ses capacités
d'aimer, très précisément ce don désintéressé du propre « moi » au
profit d'autrui, de ceux qui souffrent. Le monde de la souffrance
humaine ne cesse d'appeler, pour ainsi dire, un monde autre: celui
de l'amour humain; et cet amour désintéressé, qui s'éveille dans le
cœur de l'homme et se manifeste dans ses actions, il le doit en un
certain sens à la souffrance. L'homme qui est le « prochain » ne
peut passer avec indifférence devant la souffrance des autres, au
nom de la loi fondamentale de la solidarité humaine; il le peut
encore moins au nom de la loi d'amour du prochain. Il doit « s'arrêter », « avoir pitié », comme le fit le Samaritain de la
parabole évangélique.
29. Seguindo a parábola do Evangelho, poderíamos dizer que o
sofrimento, apresentando faces tão diversas em todo o mundo humano,
está também aí para libertar na humanidade a sua capacidade de amar,
precisamente essa doação altruísta de si mesmo em benefício dos
outros, daqueles que sofrem. O mundo do sofrimento humano evoca
constantemente, por assim dizer, outro mundo: o do amor humano; e
esse amor altruísta, que desperta no coração humano e se manifesta
nas suas ações, deve, em certo sentido, ao sofrimento. O próximo não
pode passar indiferente ao sofrimento alheio, em nome da lei
fundamental da solidariedade humana; muito menos em nome da lei do
amor ao próximo. Deve parar, ter compaixão, como fez o samaritano na
parábola do Evangelho.
La parabole en elle-même exprime une vérité profondément chrétienne,
mais en même temps une vérité humaine on ne peut plus universelle.
Ce n'est pas sans raison que, même dans le langage courant, on
appelle oeuvre « de bon samaritain » toute activité en faveur des
personnes qui souffrent et ont besoin d'aide. Cette activité a
revêtu, au cours des siècles, des formes institutionnelles
organisées et dans son champ d'application elle a suscité les
professions correspondantes. Combien la profession du médecin, celle
de l'infirmière ou d'autres semblables sont des activités « de bon
samaritain »! Etant donné l'inspiration « évangélique » qui les
anime, nous sommes enclins à penser dans ces cas plus à une vocation
qu'à une simple profession.
A própria parábola
expressa uma verdade profundamente cristã, mas, ao mesmo tempo, uma
verdade universalmente humana. Não é sem razão que, mesmo na
linguagem cotidiana, qualquer atividade realizada para ajudar
aqueles que sofrem e precisam de assistência seja chamada de ato do
"Bom Samaritano". Ao longo dos séculos, essa atividade assumiu
formas institucionais organizadas e, em seu âmbito, deu origem a
profissões correspondentes. Como as profissões de médico, enfermeiro
e outras semelhantes incorporam atividades do "Bom Samaritano"! Dada
a inspiração "evangélica" que as anima, tendemos a considerá-las
mais como uma vocação do que uma mera profissão.
Et les institutions qui, au cours des générations, ont accompli un
service de « samaritain » se sont encore davantage développées et
spécialisées en notre temps. Cela prouve sans aucun doute que
l'homme d'aujourd'hui s'arrête avec toujours plus d'attention et de
perspicacité aux souffrances de son prochain, cherche à les
comprendre et à les prévenir avec toujours plus d'application. En ce
domaine, l'homme possède également une capacité et une
spécialisation croissantes. En songeant à tout cela, on peut dire
que la parabole du Samaritain de l'Evangile est devenue un des
éléments essentiels de la culture morale et de la civilisation
universellement humaine. En pensant aussi à tous les hommes qui, par
leur science et leurs capacités, rendent de multiples services au
prochain qui souffre, on ne peut se dispenser de leur adresser des
paroles de profonde reconnaissance.
E as instituições que,
ao longo das gerações, prestaram um serviço "samaritano"
desenvolveram-se e especializaram-se ainda mais em nossa época. Isso
comprova, sem dúvida, que o homem moderno presta cada vez mais
atenção e discernimento ao sofrimento do seu semelhante, buscando
compreendê-lo e preveni-lo com crescente diligência. Nessa área, a
humanidade também possui crescente capacidade e especialização.
Considerando tudo isso, pode-se dizer que a parábola do Bom
Samaritano no Evangelho tornou-se um dos elementos essenciais da
cultura moral e da civilização humana universal. Pensando também em
todos aqueles que, por meio de seu conhecimento e habilidades,
prestam inúmeros serviços aos seus semelhantes que sofrem, não
podemos deixar de lhes dirigir palavras de profunda gratidão.
Ces paroles s'étendent à tous ceux qui se dévouent avec
désintéressement au service du prochain qui souffre, en s'engageant
de leur propre gré dans des activités secourables « de bon
samaritain » et en leur consacrant tout le temps et toutes les
forces dont ils disposent en dehors de leur travail professionnel.
Cette activité spontanée « de bon samaritain » ou caritative peut
être appelée activité sociale; elle peut aussi être définie comme un
apostolat toutes les fois qu'elle est entreprise pour des motifs
clairement évangéliques, surtout lorsque cela se produit en lien
avec l'Eglise ou avec une autre Communauté chrétienne.
Estas palavras
estendem-se a todos aqueles que se dedicam altruisticamente a servir
os seus semelhantes que sofrem, envolvendo-se voluntariamente em
atividades de caridade, como as dos Bons Samaritanos, e
dedicando-lhes todo o tempo e energia que têm disponíveis fora do
seu trabalho profissional. Esta atividade espontânea dos Bons
Samaritanos, ou trabalho de caridade, pode ser chamada de atividade
social; pode também ser definida como um apostolado sempre que for
realizada por razões claramente evangélicas, especialmente quando
ocorre em ligação com a Igreja ou outra comunidade cristã.
L'activité volontaire « de bon samaritain » se réalise dans les
milieux adaptés ou à travers des organisations créées à cet effet.
Cette forme d'action a beaucoup d'importance, surtout s'il s'agit
d'assumer de plus grandes tâches qui exigent la coopération et
l'utilisation de moyens techniques. Mais l'action individuelle est
non moins précieuse, spécialement de la part des personnes plus
aptes à s'occuper de diverses sortes de souffrances qui demandent
précisément une aide individuelle, personnelle. Quant à l'aide
familiale, elle désigne soit les actes d'amour du prochain accomplis
au bénéfice des membres de la même famille, soit l'entraide entre
les familles.
O trabalho voluntário
dos Bons Samaritanos realiza-se em contextos apropriados ou através
de organizações criadas para este fim. Esta forma de ação é de
grande importância, especialmente quando envolve a realização de
tarefas maiores que exigem cooperação e a utilização de recursos
técnicos. Mas a ação individual não é menos valiosa, especialmente
por parte daqueles mais aptos a cuidar de vários tipos de sofrimento
que requerem precisamente ajuda individual e pessoal. Quanto ao
apoio familiar, refere-se tanto a atos de amor ao próximo realizados
em benefício dos membros da mesma família, como à ajuda mútua entre
famílias.
Il est difficile d'énumérer ici tous les genres et toutes les
sphères d'activité « de bon samaritain » qui existent dans l'Eglise
comme dans la société. Il faut du moins reconnaître qu'ils sont très
nombreux; et on doit s'en réjouir, car grâce à eux, les valeurs
morales fondamentales, telles que la valeur de la solidarité
humaine, la valeur de l'amour chrétien du prochain, forment le cadre
de la vie sociale et des rapports humains et endiguent à ce plan les
formes variées de la haine, de la violence, de la cruauté, du mépris de l'homme, ou bien
de la simple « insensibilité », autrement dit de l'indifférence
vis-à-vis du prochain et de ses souffrances.
É difícil enumerar aqui
todos os tipos e esferas de atividade do "Bom Samaritano" que
existem na Igreja e na sociedade. Devemos, pelo menos, reconhecer
que são muito numerosos; e isso é motivo de alegria, pois, graças a
eles, valores morais fundamentais, como o valor da solidariedade
humana e o valor do amor cristão ao próximo, formam a estrutura da
vida social e das relações humanas e, nesse sentido, refreiam as
diversas formas de ódio, violência, crueldade, desprezo pela
humanidade ou mesmo a simples "insensibilidade", ou seja, a
indiferença para com o próximo e seu sofrimento.
Ici, on doit souligner l'importance considérable des attitudes qu'il
convient d'adopter en éducation. La famille, l'école et les autres
institutions de formation — ne serait-ce que pour des raisons
humanitaires — doivent oeuvrer avec persévérance à l'éveil et à
l'affinement de cette sensibilité envers le prochain et sa
souffrance, dont la figure du bon Samaritain de l'Evangile est
devenue le symbole. Evidemment, l'Eglise doit faire de même, et si
possible approfondir davantage encore les motivations données par le
Christ dans sa parabole et dans tout l'Evangile.
Aqui, devemos enfatizar
a considerável importância das atitudes que devem ser adotadas na
educação. A família, a escola e outras instituições educacionais —
ainda que apenas por razões humanitárias — devem trabalhar
persistentemente para despertar e refinar essa sensibilidade para
com o próximo e seu sofrimento, da qual a figura do Bom Samaritano
no Evangelho se tornou símbolo. Obviamente, a Igreja deve fazer o
mesmo e, se possível, aprofundar-se ainda mais nas motivações
apresentadas por Cristo em sua parábola e ao longo do Evangelho.
L'éloquence de la parabole du bon Samaritain et de l'Evangile entier
se résume avant tout à ceci: l'homme doit se sentir comme appelé à
titre vraiment personnel à être le témoin de l'amour dans la
souffrance. Les institutions sont très importantes et
indispensables; cependant aucune institution ne peut par elle-même
remplacer le coeur humain, la compassion humaine, l'amour humain,
l'initiative humaine, lorsqu'il s'agit d'aller à la rencontre de la
souffrance d'autrui. Ceci vaut pour les souffrances physiques, mais
plus encore pour les nombreuses souffrances morales, et par-dessus
tout lorsqu'il s'agit de la souffrance de l'âme.
A eloquência da parábola
do Bom Samaritano e de todo o Evangelho pode ser resumida,
sobretudo, nisto: a humanidade deve sentir-se verdadeiramente
chamada a ser testemunha do amor no sofrimento. As instituições são
muito importantes e indispensáveis; contudo, nenhuma instituição
pode, por si só, substituir o coração humano, a compaixão humana, o
amor humano ou a iniciativa humana quando se trata de encontrar o
sofrimento alheio. Isso se aplica ao sofrimento físico, mas ainda
mais às muitas formas de sofrimento moral e, sobretudo, ao
sofrimento da alma.
30. La parabole du bon Samaritain, qui — on l'a dit — appartient à
l'Evangile de la souffrance, se retrouve avec lui tout au long de
l'histoire de l'Eglise et du christianisme, tout au long de
l'histoire de l'homme et de l'humanité. Elle témoigne que la
révélation par le Christ du sens salvifique de la souffrance ne
s'identifie nullement à une attitude de passivité. C'est tout le
contraire. L'Evangile est la négation de la passivité en face de la
souffrance. Le Christ lui-même, en ce domaine, est essentiellement
actif. Et ainsi il réalise le programme messianique de sa mission
conformément aux paroles du prophète: « L'Esprit du Seigneur est sur
moi, parce qu'il m'a consacré par l'onction, pour porter la bonne
nouvelle aux pauvres. Il m'a envoyé annoncer aux captifs la
délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté
les opprimés, proclamer une année de grâce du Seigneur »(93). Le
Christ accomplit de manière surabondante ce programme messianique de
sa mission: il passe « en faisant le bien »(94), et le bien
résultant de ses oeuvres a pris du relief surtout au plan de la
souffrance humaine. La parabole du bon Samaritain est en harmonie
profonde avec le comportement du Christ lui-même.
30. A parábola do Bom
Samaritano, que — como já foi dito — pertence ao Evangelho do
sofrimento, encontra-se presente em toda a história da Igreja e do
Cristianismo, em toda a história da humanidade. Ela testemunha que a
revelação de Cristo sobre o significado salvífico do sofrimento não
é de modo algum sinônimo de passividade. Muito pelo contrário. O
Evangelho é a negação da passividade diante do sofrimento. O próprio
Cristo, nesse domínio, é essencialmente ativo. E assim cumpre o
programa messiânico de sua missão, de acordo com as palavras do
profeta: “O Espírito do Senhor está sobre mim, porque ele me ungiu
para pregar boas-novas aos pobres. Ele me enviou para proclamar
liberdade aos cativos e recuperação da vista aos cegos, para
libertar os oprimidos e proclamar o ano da graça do Senhor” (93).
Cristo cumpre este programa messiânico da sua missão de forma
abundante: ele anda por aí “fazendo o bem” (94), e o bem resultante
das suas obras tem sido particularmente evidente no âmbito do
sofrimento humano. A parábola do Bom Samaritano está em profunda
harmonia com o próprio comportamento de Cristo.
Cette parabole entrera, enfin, quant à son contenu essentiel, dans
le discours bouleversant du jugement dernier, rapporté par Matthieu
dans son Evangile: «Venez les bénis de mon Père, recevez en héritage
le Royaume qui vous a été préparé depuis la fondation du monde. Car
j'ai eu faim et vous m'avez donné à manger, j'ai eu soif et vous
m'avez donné à boire, j'étais un étranger et vous m'avez accueilli,
nu et vous m'avez vêtu, malade et vous m'avez visité, prisonnier et
vous êtes venu me voir »(95). Aux justes qui demandent quand il leur
est arrivé de faire tout cela pour lui, le Fils de l'homme répondra:
« En vérité, je vous le dis, dans la mesure où vous l'avez fait à
l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez
fait »(96). Le jugement inverse tombera sur ceux qui se sont
comportés autrement: « En vérité, je vous le dis, dans la mesure où
vous
ne l'avez pas fait à l'un de ces plus petits, à moi non plus vous ne
l'avez pas fait
»(97)
Esta parábola, em sua
essência, entrará, em última instância, no discurso impactante do
Juízo Final, narrado por Mateus em seu Evangelho: “Vinde, benditos
de meu Pai! Recebei como herança o Reino que vos está preparado
desde a criação do mundo. Porque tive fome, e me destes de comer;
tive sede, e me destes de beber; era estrangeiro, e me acolhestes;
estava nu, e me vestistes; enfermo, e me visitastes; estava na
prisão, e me visitastes” (95). Aos justos que perguntarem quando
fizeram todas essas coisas por Ele, o Filho do Homem responderá: “Em
verdade vos digo que, sempre que o fizestes a um destes meus irmãos,
mesmo dos mais pequeninos, a mim o fizestes” (96). O julgamento
oposto recairá sobre aqueles que agiram de maneira diferente: “Em
verdade vos digo que, sempre que o deixastes de fazer a um destes
meus pequeninos irmãos, a mim o deixastes de fazer” (97).
On pourrait assurément allonger la liste des souffrances qui ont
suscité l'émotion humaine, la compassion, la prise en charge, ou
bien ne les ont point provoquées. La première et la seconde
déclarations du Christ à propos du jugement dernier indiquent sans
équivoque possible combien est essentiel, dans la perspective de la
vie éternelle à laquelle tout homme est appelé, le fait de «
s'arrêter », à l'exemple du bon Samaritain, près de la souffrance de
son prochain, d'avoir pitié d'elle, et enfin de la soulager. Dans le
programme messianique du Christ, qui est le programme du Royaume de
Dieu, la souffrance est présente dans le monde pour libérer l'amour,
pour faire naître des oeuvres d'amour à l'égard du prochain, pour
transformer toute la civilisation humaine en « civilisation de
l'amour ». Dans cet amour, le sens salvifique de la souffrance se
réalise à fond et atteint sa dimension définitive. Les paroles du Christ à propos du jugement
dernier permettent de comprendre cela avec toute la simplicité et la
clarté évangéliques.
Certamente poderíamos
ampliar a lista de sofrimentos que despertaram emoções, compaixão e
preocupação humanas, ou que não as despertaram de forma alguma. As
duas primeiras declarações de Cristo sobre o Juízo Final indicam
inequivocamente o quão essencial é, na perspectiva da vida eterna
para a qual cada pessoa é chamada, "parar", como o Bom Samaritano,
perto do sofrimento do próximo, ter compaixão por ele e, finalmente,
aliviá-lo. No programa messiânico de Cristo, que é o programa do
Reino de Deus, o sofrimento está presente no mundo para libertar o
amor, para dar origem a obras de amor para com o próximo, para
transformar toda a civilização humana em uma "civilização do amor".
Nesse amor, o significado salvífico do sofrimento se realiza
plenamente e atinge sua dimensão definitiva. As palavras de Cristo
sobre o Juízo Final nos permitem compreender isso com toda a
simplicidade e clareza do Evangelho.
Ces paroles sur l'amour, sur les actions charitables liées à la
souffrance humaine, nous permettent encore une fois de découvrir, à
la base de toutes les souffrances humaines, la souffrance
rédemptrice du Christ. Le Christ dit: « C'est à moi que vous l'avez
fait ». Il est bien celui qui, en chacun, expérimente l'amour. C'est
bien lui qui reçoit une aide, lorsque celle-ci est apportée à toute
souffrance sans exception. C'est bien lui qui est présent dans telle
ou telle personne qui souffre, puisque sa souffrance salvifique a
été ouverte une fois pour toutes à toute souffrance humaine. Et tous
ceux qui souffrent ont été appelés une fois pour toutes à devenir
participants « des souffrances du Christ »(98). De même tous
ont été appelés à « compléter » par leur propre souffrance « ce qui
manque aux épreuves du Christ »(99). En même temps le Christ a
enseigné à l'homme à faire du bien par la souffrance et à faire du
bien à celui qui souffre. Sous ce double aspect, il a révélé le sens
profond de la souffrance.
Estas palavras sobre o
amor, sobre as ações caritativas ligadas ao sofrimento humano,
permitem-nos descobrir, mais uma vez, na raiz de todo o sofrimento
humano, o sofrimento redentor de Cristo. Cristo diz: “Tu o fizestes
a mim”. Ele é, de fato, aquele que experimenta o amor em todos. É,
de fato, Ele quem recebe o auxílio quando este é oferecido a todos
os que sofrem, sem exceção. É, de fato, Ele quem está presente em
cada pessoa que sofre, visto que o seu sofrimento salvífico se abriu
de uma vez por todas a todo o sofrimento humano. E todos os que
sofrem foram chamados, de uma vez por todas, a tornarem-se
participantes “nos sofrimentos de Cristo” (98). Da mesma forma,
todos foram chamados a “completar”, através do seu próprio
sofrimento, “o que falta às aflições de Cristo” (99). Ao mesmo
tempo, Cristo ensinou a humanidade a fazer o bem através do
sofrimento e a fazer o bem aos que sofrem. Neste duplo aspecto, Ele
revelou o profundo significado do sofrimento.