LETTRE APOSTOLIQUE



SALVIFICI DOLORIS
...




DU SOUVERAIN PONTIFE
JEAN-PAUL II
AUX EVEQUES, AUX PRETRES,
AUX FAMILLES RELIGIEUSES
ET AUX FIDELES
DE L'EGLISE CATHOLIQUE
SUR LE SENS CHRETIEN
DE LA SOUFFRANCE HUMAINE
Vénérables Frères dans l'épiscopat,
Chers Frères et Sœurs,


 

 
VII

LE BON SAMARITAIN
 
 

VII

O BOM SAMARITANO

 

 
 


28. A l'Evangile de la souffrance appartient aussi — et d'une manière organique — la parabole du bon Samaritain. Dans cette parabole, le Christ a voulu répondre à la question: « Qui est mon prochain? »(90). En effet, des trois passants sur la route de Jérusalem à Jéricho, au bord de laquelle un homme dévalisé et blessé par des brigands gisait à terre à moitié mort, c'est précisément le Samaritain qui se montra en vérité être le «prochain » de ce malheureux: le « prochain » veut dire également celui qui a accompli le commandement de l'amour du prochain. Deux autres voyageurs parcoururent la même route; l'un était prêtre et l'autre lévite; mais chacun d'eux, « le vit et passa outre ». Par contre, le Samaritain « le vit et fut pris de pitié. I1 s'approcha, banda ses plaies », puis « le mena à l'hôtellerie et prit soin de lui »(91). Et, au moment de son départ, il recommanda soigneusement à l'hôtelier l'homme qui souffrait et s'engagea à solder les dépenses nécessaires.
 

 


28. A parábola do Bom Samaritano também pertence — organicamente — ao Evangelho do sofrimento. Nessa parábola, Cristo quis responder à pergunta: “Quem é o meu próximo?” (90). De fato, dos três viajantes na estrada de Jerusalém para Jericó, onde um homem, roubado e ferido por ladrões, jazia quase morto no chão, foi precisamente o samaritano quem realmente se mostrou o “próximo” desse homem infeliz: “próximo” significa também aquele que cumpriu o mandamento de amar o próximo. Outros dois viajantes percorriam a mesma estrada; um era sacerdote e o outro Levita; mas cada um deles “o viu e passou por ele”. Contudo, o samaritano “o viu e teve compaixão. Aproximou-se dele, enfaixou-lhe as feridas”, depois “levou-o para uma hospedaria e cuidou dele” (91). E, ao partir, recomendou cuidadosamente o homem que sofria ao hospedeiro e prometeu pagar-lhe a estadia.

 
     
 


La parabole du bon Samaritain appartient à l'Evangile de la souffrance. Elle indique, en effet, quelle doit être la relation de chacun d'entre nous avec le prochain en état de souffrance. Il nous est interdit de « passer outre », avec indifférence, mais nous devons « nous arrêter » auprès de lui. Le bon Samaritain, c'est toute personne qui s'arrête auprès de la souffrance d'un autre homme, quelle qu'elle soit. S'arrêter ainsi, cela n'est pas faire preuve de curiosité mais de disponibilité. Celle-ci est comme une certaine disposition intérieure du coeur qui s'ouvre et qui est capable d'émotion. Le bon Samaritain est toute personne sensible à la souffrance d'autrui, la personne qui « s'émeut » du malheur de son prochain. Si le Christ, sachant ce qu'il y a dans l'homme, souligne cette capacité émotive, c'est qu'il veut en montrer l'importance dans nos comportements face à la souffrance des autres. Il importe donc de développer en soi cette sensibilité du coeur, qui témoigne de notre compassion pour un être souffrant. Parfois, cette compassion est la seule ou la principale expression possible de notre amour et de notre solidarité avec ceux qui souffrent.


 

 


A parábola do Bom Samaritano pertence ao Evangelho do sofrimento. Indica, de fato, qual deve ser a relação de cada um de nós com o nosso próximo em estado de sofrimento. É-nos proibido “passar por ele” com indiferença, mas sim “parar” ao seu lado. O Bom Samaritano é qualquer pessoa que para para testemunhar o sofrimento de outra pessoa, seja ele qual for. Parar desta forma não é demonstrar curiosidade, mas estar disponível. É como uma certa disposição interior do coração que se abre e é capaz de emoção. O Bom Samaritano é qualquer pessoa sensível ao sofrimento alheio, a pessoa que se “comove” com a desgraça do seu próximo. Se Cristo, conhecendo o que há na humanidade, enfatiza essa capacidade emocional, é porque deseja mostrar sua importância em nosso comportamento diante do sofrimento alheio. É, portanto, importante cultivar em nós essa sensibilidade do coração, que testemunha nossa compaixão por um ser que sofre. Às vezes, essa compaixão é a única ou a principal expressão possível do nosso amor e solidariedade com aqueles que sofrem.

 

 
     
 


Mais le bon Samaritain de la parabole du Christ ne se contente pas seulement d'émotion et de compassion. Ces mouvements affectifs deviennent pour lui un stimulant qui l'amène à agir concrètement et à porter secours à l'homme blessé. Tout homme qui porte secours à des souffrances, de quelque nature qu'elles soient, est donc un bon Samaritain. Secours efficace, si possible. Ce faisant, il y met tout son coeur, mais il n'épargne pas non plus les moyens d'ordre matériel. On peut même dire qu'il se donne lui-même, qu'il donne son propre « moi » en ouvrant ce « moi » à un autre. Nous touchons ici un des points clés de toute l'anthropologie chrétienne. La personne humaine ne peut « pleinement se reconnaître que par le don désintéressé d'elle-même »(92). Un bon Samaritain, c'est justement l'homme capable d'un tel don de soi.
 

 


Mas o Bom Samaritano na parábola de Cristo não se contenta com mera emoção e compaixão. Esses sentimentos se tornam uma força motriz para ele, levando-o a agir concretamente e a socorrer o homem ferido.
Portanto, qualquer pessoa que socorra o sofrimento, seja ele qual for, é um Bom Samaritano. Um auxílio eficaz, se possível. Ao fazê-lo, ele se dedica de corpo e alma, mas também não poupa esforços. Poderíamos até dizer que ele se doa, que ele entrega o seu próprio "eu" ao abrir esse "eu" para o outro. Aqui tocamos em um dos pontos-chave de toda a antropologia cristã. A pessoa humana só pode "reconhecer-se plenamente através da doação desinteressada de si mesma" (92). Um Bom Samaritano é precisamente a pessoa capaz de tal doação de si.

 
       
 


29. En suivant la parabole évangélique, on pourrait dire que la souffrance, présentant des visages si divers à travers le monde humain, s'y trouve également pour libérer dans 1'homme ses capacités d'aimer, très précisément ce don désintéressé du propre « moi » au profit d'autrui, de ceux qui souffrent. Le monde de la souffrance humaine ne cesse d'appeler, pour ainsi dire, un monde autre: celui de l'amour humain; et cet amour désintéressé, qui s'éveille dans le cœur de l'homme et se manifeste dans ses actions, il le doit en un certain sens à la souffrance. L'homme qui est le « prochain » ne peut passer avec indifférence devant la souffrance des autres, au nom de la loi fondamentale de la solidarité humaine; il le peut encore moins au nom de la loi d'amour du prochain. Il doit «
s'arrêter », « avoir pitié », comme le fit le Samaritain de la parabole évangélique.
 

 


29. Seguindo a parábola do Evangelho, poderíamos dizer que o sofrimento, apresentando faces tão diversas em todo o mundo humano, está também aí para libertar na humanidade a sua capacidade de amar, precisamente essa doação altruísta de si mesmo em benefício dos outros, daqueles que sofrem. O mundo do sofrimento humano evoca constantemente, por assim dizer, outro mundo: o do amor humano; e esse amor altruísta, que desperta no coração humano e se manifesta nas suas ações, deve, em certo sentido, ao sofrimento. O próximo não pode passar indiferente ao sofrimento alheio, em nome da lei fundamental da solidariedade humana; muito menos em nome da lei do amor ao próximo. Deve parar, ter compaixão, como fez o samaritano na parábola do Evangelho.

 

 
       
 


La parabole en elle-même exprime une vérité profondément chrétienne, mais en même temps une vérité humaine on ne peut plus universelle. Ce n'est pas sans raison que, même dans le langage courant, on appelle oeuvre « de bon samaritain » toute activité en faveur des personnes qui souffrent et ont besoin d'aide. Cette activité a revêtu, au cours des siècles, des formes institutionnelles organisées et dans son champ d'application elle a suscité les professions correspondantes. Combien la profession du médecin, celle de l'infirmière ou d'autres semblables sont des activités « de bon samaritain »! Etant donné l'inspiration « évangélique » qui les anime, nous sommes enclins à penser dans ces cas plus à une vocation qu'à une simple profession.
 

 


A própria parábola expressa uma verdade profundamente cristã, mas, ao mesmo tempo, uma verdade universalmente humana. Não é sem razão que, mesmo na linguagem cotidiana, qualquer atividade realizada para ajudar aqueles que sofrem e precisam de assistência seja chamada de ato do "Bom Samaritano". Ao longo dos séculos, essa atividade assumiu formas institucionais organizadas e, em seu âmbito, deu origem a profissões correspondentes. Como as profissões de médico, enfermeiro e outras semelhantes incorporam atividades do "Bom Samaritano"! Dada a inspiração "evangélica" que as anima, tendemos a considerá-las mais como uma vocação do que uma mera profissão.

 

 
       
 


Et les institutions qui, au cours des générations, ont accompli un service de « samaritain » se sont encore davantage développées et spécialisées en notre temps. Cela prouve sans aucun doute que l'homme d'aujourd'hui s'arrête avec toujours plus d'attention et de perspicacité aux souffrances de son prochain, cherche à les comprendre et à les prévenir avec toujours plus d'application. En ce domaine, l'homme possède également une capacité et une spécialisation croissantes. En songeant à tout cela, on peut dire que la parabole du Samaritain de l'Evangile est devenue un des éléments essentiels de la culture morale et de la civilisation universellement humaine. En pensant aussi à tous les hommes qui, par leur science et leurs capacités, rendent de multiples services au prochain qui souffre, on ne peut se dispenser de leur adresser des paroles de profonde reconnaissance.


 

 


E as instituições que, ao longo das gerações, prestaram um serviço "samaritano" desenvolveram-se e especializaram-se ainda mais em nossa época. Isso comprova, sem dúvida, que o homem moderno presta cada vez mais atenção e discernimento ao sofrimento do seu semelhante, buscando compreendê-lo e preveni-lo com crescente diligência. Nessa área, a humanidade também possui crescente capacidade e especialização. Considerando tudo isso, pode-se dizer que a parábola do Bom Samaritano no Evangelho tornou-se um dos elementos essenciais da cultura moral e da civilização humana universal. Pensando também em todos aqueles que, por meio de seu conhecimento e habilidades, prestam inúmeros serviços aos seus semelhantes que sofrem, não podemos deixar de lhes dirigir palavras de profunda gratidão.

 

 
       
 


Ces paroles s'étendent à tous ceux qui se dévouent avec désintéressement au service du prochain qui souffre, en s'engageant de leur propre gré dans des activités secourables « de bon samaritain » et en leur consacrant tout le temps et toutes les forces dont ils disposent en dehors de leur travail professionnel. Cette activité spontanée « de bon samaritain » ou caritative peut être appelée activité sociale; elle peut aussi être définie comme un apostolat toutes les fois qu'elle est entreprise pour des motifs clairement évangéliques, surtout lorsque cela se produit en lien avec l'Eglise ou avec une autre Communauté chrétienne.


 

 


Estas palavras estendem-se a todos aqueles que se dedicam altruisticamente a servir os seus semelhantes que sofrem, envolvendo-se voluntariamente em atividades de caridade, como as dos Bons Samaritanos, e dedicando-lhes todo o tempo e energia que têm disponíveis fora do seu trabalho profissional. Esta atividade espontânea dos Bons Samaritanos, ou trabalho de caridade, pode ser chamada de atividade social; pode também ser definida como um apostolado sempre que for realizada por razões claramente evangélicas, especialmente quando ocorre em ligação com a Igreja ou outra comunidade cristã.

 

 
       
 


L'activité volontaire « de bon samaritain » se réalise dans les milieux adaptés ou à travers des organisations créées à cet effet. Cette forme d'action a beaucoup d'importance, surtout s'il s'agit d'assumer de plus grandes tâches qui exigent la coopération et l'utilisation de moyens techniques. Mais l'action individuelle est non moins précieuse, spécialement de la part des personnes plus aptes à s'occuper de diverses sortes de souffrances qui demandent précisément une aide individuelle, personnelle. Quant à l'aide familiale, elle désigne soit les actes d'amour du prochain accomplis au bénéfice des membres de la même famille, soit l'entraide entre les familles.
 

 


O trabalho voluntário dos Bons Samaritanos realiza-se em contextos apropriados ou através de organizações criadas para este fim. Esta forma de ação é de grande importância, especialmente quando envolve a realização de tarefas maiores que exigem cooperação e a utilização de recursos técnicos. Mas a ação individual não é menos valiosa, especialmente por parte daqueles mais aptos a cuidar de vários tipos de sofrimento que requerem precisamente ajuda individual e pessoal. Quanto ao apoio familiar, refere-se tanto a atos de amor ao próximo realizados em benefício dos membros da mesma família, como à ajuda mútua entre famílias.

 

 
       
 


Il est difficile d'énumérer ici tous les genres et toutes les sphères d'activité « de bon samaritain » qui existent dans l'Eglise comme dans la société. Il faut du moins reconnaître qu'ils sont très nombreux; et on doit s'en réjouir, car grâce à eux, les valeurs morales fondamentales, telles que la valeur de la solidarité humaine, la valeur de l'amour chrétien du prochain, forment le cadre de la vie sociale et des rapports humains et endiguent à ce plan les formes variées de la
haine, de la violence, de la cruauté, du mépris de l'homme, ou bien de la simple « insensibilité », autrement dit de l'indifférence vis-à-vis du prochain et de ses souffrances.
 

 


É difícil enumerar aqui todos os tipos e esferas de atividade do "Bom Samaritano" que existem na Igreja e na sociedade. Devemos, pelo menos, reconhecer que são muito numerosos; e isso é motivo de alegria, pois, graças a eles, valores morais fundamentais, como o valor da solidariedade humana e o valor do amor cristão ao próximo, formam a estrutura da vida social e das relações humanas e, nesse sentido, refreiam as diversas formas de ódio, violência, crueldade, desprezo pela humanidade ou mesmo a simples "insensibilidade", ou seja, a indiferença para com o próximo e seu sofrimento.

 

 
       
 


Ici, on doit souligner l'importance considérable des attitudes qu'il convient d'adopter en éducation. La famille, l'école et les autres institutions de formation — ne serait-ce que pour des raisons humanitaires — doivent oeuvrer avec persévérance à l'éveil et à l'affinement de cette sensibilité envers le prochain et sa souffrance, dont la figure du bon Samaritain de l'Evangile est devenue le symbole. Evidemment, l'Eglise doit faire de même, et si possible approfondir davantage encore les motivations données par le Christ dans sa parabole et dans tout l'Evangile.
 

 


Aqui, devemos enfatizar a considerável importância das atitudes que devem ser adotadas na educação. A família, a escola e outras instituições educacionais — ainda que apenas por razões humanitárias — devem trabalhar persistentemente para despertar e refinar essa sensibilidade para com o próximo e seu sofrimento, da qual a figura do Bom Samaritano no Evangelho se tornou símbolo. Obviamente, a Igreja deve fazer o mesmo e, se possível, aprofundar-se ainda mais nas motivações apresentadas por Cristo em sua parábola e ao longo do Evangelho.

 
       
 


L'éloquence de la parabole du bon Samaritain et de l'Evangile entier se résume avant tout à ceci: l'homme doit se sentir comme appelé à titre vraiment personnel à être le témoin de l'amour dans la souffrance. Les institutions sont très importantes et indispensables; cependant aucune institution ne peut par elle-même remplacer le coeur humain, la compassion humaine, l'amour humain, l'initiative humaine, lorsqu'il s'agit d'aller à la rencontre de la souffrance d'autrui. Ceci vaut pour les souffrances physiques, mais plus encore pour les nombreuses souffrances morales, et par-dessus tout lorsqu'il s'agit de la souffrance de l'âme.
 

 


A eloquência da parábola do Bom Samaritano e de todo o Evangelho pode ser resumida, sobretudo, nisto: a humanidade deve sentir-se verdadeiramente chamada a ser testemunha do amor no sofrimento. As instituições são muito importantes e indispensáveis; contudo, nenhuma instituição pode, por si só, substituir o coração humano, a compaixão humana, o amor humano ou a iniciativa humana quando se trata de encontrar o sofrimento alheio. Isso se aplica ao sofrimento físico, mas ainda mais às muitas formas de sofrimento moral e, sobretudo, ao sofrimento da alma.

 

 
       
 


30. La parabole du bon Samaritain, qui — on l'a dit — appartient à l'Evangile de la souffrance, se retrouve avec lui tout au long de l'histoire de l'Eglise et du christianisme, tout au long de l'histoire de l'homme et de l'humanité. Elle témoigne que la révélation par le Christ du sens salvifique de la souffrance ne s'identifie nullement à une attitude de passivité. C'est tout le contraire. L'Evangile est la négation de la passivité en face de la souffrance. Le Christ lui-même, en ce domaine, est essentiellement actif. Et ainsi il réalise le programme messianique de sa mission conformément aux paroles du prophète: « L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a consacré par l'onction, pour porter la bonne nouvelle aux pauvres. Il m'a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés, proclamer une année de grâce du Seigneur »(93). Le Christ accomplit de manière surabondante ce programme messianique de sa mission: il passe « en faisant le bien »(94), et le bien résultant de ses oeuvres a pris du relief surtout au plan de la souffrance humaine. La parabole du bon Samaritain est en harmonie profonde avec le comportement du Christ lui-même.
 

 


30. A parábola do Bom Samaritano, que — como já foi dito — pertence ao Evangelho do sofrimento, encontra-se presente em toda a história da Igreja e do Cristianismo, em toda a história da humanidade. Ela testemunha que a revelação de Cristo sobre o significado salvífico do sofrimento não é de modo algum sinônimo de passividade. Muito pelo contrário. O Evangelho é a negação da passividade diante do sofrimento. O próprio Cristo, nesse domínio, é essencialmente ativo. E assim cumpre o programa messiânico de sua missão, de acordo com as palavras do profeta: “O Espírito do Senhor está sobre mim, porque ele me ungiu para pregar boas-novas aos pobres. Ele me enviou para proclamar liberdade aos cativos e recuperação da vista aos cegos, para libertar os oprimidos e proclamar o ano da graça do Senhor” (93). Cristo cumpre este programa messiânico da sua missão de forma abundante: ele anda por aí “fazendo o bem” (94), e o bem resultante das suas obras tem sido particularmente evidente no âmbito do sofrimento humano. A parábola do Bom Samaritano está em profunda harmonia com o próprio comportamento de Cristo.

 
     
 


Cette parabole entrera, enfin, quant à son contenu essentiel, dans le discours bouleversant du jugement dernier, rapporté par Matthieu dans son Evangile: «Venez les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume qui vous a été préparé depuis la fondation du monde. Car j'ai eu faim et vous m'avez donné à manger, j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire, j'étais un étranger et vous m'avez accueilli, nu et vous m'avez vêtu, malade et vous m'avez visité, prisonnier et vous êtes venu me voir »(95). Aux justes qui demandent quand il leur est arrivé de faire tout cela pour lui, le Fils de l'homme répondra: « En vérité, je vous le dis, dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait »(96). Le jugement inverse tombera sur ceux qui se sont comportés autrement: « En vérité, je vous le dis, dans la mesure où vous ne l'avez pas fait à l'un de ces plus petits, à moi non plus vous ne l'avez pas fait »(97)
 

 


Esta parábola, em sua essência, entrará, em última instância, no discurso impactante do Juízo Final, narrado por Mateus em seu Evangelho: “Vinde, benditos de meu Pai! Recebei como herança o Reino que vos está preparado desde a criação do mundo. Porque tive fome, e me destes de comer; tive sede, e me destes de beber; era estrangeiro, e me acolhestes; estava nu, e me vestistes; enfermo, e me visitastes; estava na prisão, e me visitastes” (95). Aos justos que perguntarem quando fizeram todas essas coisas por Ele, o Filho do Homem responderá: “Em verdade vos digo que, sempre que o fizestes a um destes meus irmãos, mesmo dos mais pequeninos, a mim o fizestes” (96). O julgamento oposto recairá sobre aqueles que agiram de maneira diferente: “Em verdade vos digo que, sempre que o deixastes de fazer a um destes meus pequeninos irmãos, a mim o deixastes de fazer” (97).

 

 
     
 


On pourrait assurément allonger la liste des souffrances qui ont suscité l'émotion humaine, la compassion, la prise en charge, ou bien ne les ont point provoquées. La première et la seconde déclarations du Christ à propos du jugement dernier indiquent sans équivoque possible combien est essentiel, dans la perspective de la vie éternelle à laquelle tout homme est appelé, le fait de « s'arrêter », à l'exemple du bon Samaritain, près de la souffrance de son prochain, d'avoir pitié d'elle, et enfin de la soulager. Dans le programme messianique du Christ, qui est le programme du Royaume de Dieu, la souffrance est présente dans le monde pour libérer l'amour, pour faire naître des oeuvres d'amour à l'égard du prochain, pour transformer toute la civilisation humaine en « civilisation de l'amour ». Dans cet amour, le sens salvifique de la souffrance se réalise à fond et atteint sa
dimension définitive. Les paroles du Christ à propos du jugement dernier permettent de comprendre cela avec toute la simplicité et la clarté évangéliques.
 

 


Certamente poderíamos ampliar a lista de sofrimentos que despertaram emoções, compaixão e preocupação humanas, ou que não as despertaram de forma alguma. As duas primeiras declarações de Cristo sobre o Juízo Final indicam inequivocamente o quão essencial é, na perspectiva da vida eterna para a qual cada pessoa é chamada, "parar", como o Bom Samaritano, perto do sofrimento do próximo, ter compaixão por ele e, finalmente, aliviá-lo. No programa messiânico de Cristo, que é o programa do Reino de Deus, o sofrimento está presente no mundo para libertar o amor, para dar origem a obras de amor para com o próximo, para transformar toda a civilização humana em uma "civilização do amor". Nesse amor, o significado salvífico do sofrimento se realiza plenamente e atinge sua dimensão definitiva. As palavras de Cristo sobre o Juízo Final nos permitem compreender isso com toda a simplicidade e clareza do Evangelho.

 

 

 
     
 


Ces paroles sur l'amour, sur les actions charitables liées à la souffrance humaine, nous permettent encore une fois de découvrir, à la base de toutes les souffrances humaines, la souffrance rédemptrice du Christ. Le Christ dit: « C'est à moi que vous l'avez fait ». Il est bien celui qui, en chacun, expérimente l'amour. C'est bien lui qui reçoit une aide, lorsque celle-ci est apportée à toute souffrance sans exception. C'est bien lui qui est présent dans telle ou telle personne qui souffre, puisque sa souffrance salvifique a été ouverte une fois pour toutes à toute souffrance humaine. Et tous ceux qui souffrent ont été appelés une fois pour toutes à devenir participants « des souffrances du Christ »(98).
De même tous ont été appelés à « compléter » par leur propre souffrance « ce qui manque aux épreuves du Christ »(99). En même temps le Christ a enseigné à l'homme à faire du bien par la souffrance et à faire du bien à celui qui souffre. Sous ce double aspect, il a révélé le sens profond de la souffrance.
 

 


Estas palavras sobre o amor, sobre as ações caritativas ligadas ao sofrimento humano, permitem-nos descobrir, mais uma vez, na raiz de todo o sofrimento humano, o sofrimento redentor de Cristo. Cristo diz: “Tu o fizestes a mim”. Ele é, de fato, aquele que experimenta o amor em todos. É, de fato, Ele quem recebe o auxílio quando este é oferecido a todos os que sofrem, sem exceção. É, de fato, Ele quem está presente em cada pessoa que sofre, visto que o seu sofrimento salvífico se abriu de uma vez por todas a todo o sofrimento humano. E todos os que sofrem foram chamados, de uma vez por todas, a tornarem-se participantes “nos sofrimentos de Cristo” (98).
Da mesma forma, todos foram chamados a “completar”, através do seu próprio sofrimento, “o que falta às aflições de Cristo” (99). Ao mesmo tempo, Cristo ensinou a humanidade a fazer o bem através do sofrimento e a fazer o bem aos que sofrem. Neste duplo aspecto, Ele revelou o profundo significado do sofrimento.