LETTRE APOSTOLIQUE



SALVIFICI DOLORIS
...




DU SOUVERAIN PONTIFE
JEAN-PAUL II
AUX EVEQUES, AUX PRETRES,
AUX FAMILLES RELIGIEUSES
ET AUX FIDELES
DE L'EGLISE CATHOLIQUE
SUR LE SENS CHRETIEN
DE LA SOUFFRANCE HUMAINE
Vénérables Frères dans l'épiscopat,
Chers Frères et Sœurs,




I
INTRODUCTION


 

 

1. En expliquant la valeur salvifique de la souffrance, l'Apôtre Paul écrit: « Je complète en ma chair ce qui manque aux épreuves du Christ pour son Corps, qui est l'Eglise».(1).
Ces paroles semblent se trouver au terme du chemin qui parcourt longuement les détours de la souffrance inscrite dans l'histoire de l'homme et éclairée par la Parole de Dieu. Elles ont presque la valeur d'une découverte définitive qui s'accompagne de la joie; aussi l'Apôtre écrit-il: « Je trouve ma joie dans les souffrances que j'endure pour vous »(2). La joie vient de la découverte du sens de la souffrance, et même si Paul de Tarse, qui écrit ces paroles, y participe d'une manière très personnelle, cette découverte vaut en même temps pour les autres. L'Apôtre fait part de sa propre découverte et il s'en réjouit à cause de tous ceux qu'elle peut aider — comme elle l'a aidé lui-même — à pénétrer le sens salvifique de la souffrance.
 

 

1.  Ao explicar o valor salvífico do sofrimento, o Apóstolo Paulo escreve: «Completo na minha carne o que falta aos sofrimentos de Cristo pelo seu Corpo, que é a Igreja» (1).

Estas palavras parecem encontrar-se no termo do longo caminho que se desenrola através do sofrimento inserido na história do homem e iluminado pela Palavra de Deus. Elas têm quase o mesmo valor de uma descoberta definitiva, que é acompanhada pela alegria: « Alegro-me nos sofrimentos suportados por vossa causa ». (2) Esta alegria provém da descoberta do sentido do sofrimento; e muito embora Paulo de Tarso, que escreve estas palavras, participe de um modo personalíssimo nessa descoberta, ela é válida ao mesmo tempo para os outros. O Apóstolo comunica a sua própria descoberta e alegra-se por todos aqueles a quem ela pode servir de ajuda — como o ajudou a ele — para penetrar no sentido salvífico do sofrimento.

 
     
 


2. Le thème de la souffrance — précisément du point de vue de ce sens salvifique — semble s'intégrer profondément dans le contexte de l'Année de la Rédemption, le Jubilé extraordinaire de l'Eglise; et cette circonstance même paraît inviter directement à y être plus attentif durant cette période. Indépendamment de cela, c'est un thème universel qui accompagne l'homme sous toutes les longitudes et toutes les latitudes: en un sens, il est présent avec lui dans le monde, et il exige donc d'être constamment repris. Même si Paul,
dans sa lettre aux Romains, a écrit que « toute la création jusqu'à ce jour gémit en travail d'enfantement »(3), même si les souffrances du monde animal sont connues de l'homme et lui sont proches, ce que nous exprimons par le mot « souffrance » semble cependant particulièrement essentiel à la nature de l'homme. Le sens en est aussi profond que l'homme lui-même précisément parce qu'il manifeste à sa manière la profondeur propre à l'homme, et à sa manière la dépasse. La souffrance semble appartenir à la transcendance de l'homme; c'est un des points sur lesquels l'homme est en un sens « destiné » à se dépasser luimême, et il y est appelé d'une façon mystérieuse.

 


2. O tema do sofrimento — precisamente sob este ponto de vista do sentido salvífico — parece estar integrado profundamente no contexto do Ano da Redenção, o Jubileu extraordinário da Igreja; e também esta circunstância se apresenta de molde a favorecer diretamente uma maior atenção a dispensar a tal tema exatamente durante este período. Mas, prescindindo deste fato, tratasse de um tema universal, que acompanha o homem em todos os quadrantes da longitude e da latitude terrestre; num certo sentido, coexiste com ele no mundo; e por isso, exige ser constantemente retomado. Ainda que São Paulo tenha escrito na Carta aos Romanos que « toda a criação tem gemido e sofrido as dores do parto, até ao presente», (3) e ainda que os sofrimentos do mundo dos animais sejam bem conhecidos e estejam próximos ao homem, aquilo que nós exprimimos com a palavra «sofrimento» parece entender particularmente algo essencial à natureza humana. É algo tão profundo como o homem, precisamente porque manifesta a seu modo aquela profundidade que é própria do homem e, a seu modo, a supera. O sofrimento parece pertencer à transcendência do homem; é um daqueles pontos em que o homem está, em certo sentido, «destinado» a superar-se a si mesmo; e é chamado de modo misterioso a fazê-lo.
 

 
     
 


3. Si le thème de la souffrance doit être abordé tout particulièrement dans le contexte de l'Année de la Rédemption, cela tient avant tout à ce que la Rédemption s'est accomplie par la Croix du Christ, c'est-à-dire par sa souffrance.
Et justement, au moment de l'Année de la Rédemption, nous repensons à la vérité exprimée dans l'encyclique Redemptor hominis: dans le Christ, « tout homme devient la route de l'Eglise »(4). On peut dire que l'homme devient la route de l'Eglise particulièrement quand la souffrance entre dans sa vie. Cela arrive, on le sait, à diverses étapes de la vie, cela se produit de diverses manièrès et prend des dimensions différentes; mais, que ce soit sous une forme ou sous une autre, la souffrance semble être, et elle est, quasi inséparable de l'existence terrestre de l'homme.
 

 


3. Se o tema do sofrimento deve ser abordado particularmente no contexto do Ano da Redenção, é sobretudo porque a Redenção se realizou pela Cruz de Cristo, isto é, pelo seu sofrimento.

E, de facto, no tempo do Ano da Redenção, refletimos sobre a verdade expressa na encíclica Redemptor hominis: em Cristo, “cada pessoa se torna o caminho da Igreja” (4). Podemos dizer que uma pessoa se torna o caminho da Igreja sobretudo quando o sofrimento entra na sua vida. Isto acontece, como sabemos, em várias fases da vida, de várias maneiras e assume diferentes dimensões; mas, seja de uma forma ou de outra, o sofrimento parece ser, e é, quase inseparável da existência humana na terra.

 

 
     
 


Puisque donc, au cours de sa vie terrestre, l'homme marche d'une façon ou de l'autre sur le chemin de la souffrance, l'Eglise devrait en tout temps — et spécialement peut-être en l'Année de la Rédemption — rencontrer l'homme précisément sur ce chemin. L'Eglise, qui naît du mystère de la Rédemption dans la Croix du Christ, a le devoir de rechercher la rencontre avec l'homme d'une façon particulière sur le chemin de sa souffrance. C'est dans cette rencontre que l'homme « devient la route de l'Eglise » et cette route-là est l'une des plus importantes.
 

 


Uma vez que, durante a sua vida terrena, o homem percorre, de uma forma ou de outra, o caminho do sofrimento, a Igreja deve, em todos os momentos – e talvez especialmente no Ano da Redenção –, encontrar-se com o homem precisamente nesse caminho. A Igreja, que nasce do mistério da Redenção na Cruz de Cristo, tem o dever de buscar o encontro com o homem de modo particular no caminho do seu sofrimento. É nesse encontro que o homem “se torna o caminho da Igreja”, e esse caminho é um dos mais importantes.

 
     
 


4. De là découle aussi la présente réflexion, entreprise justement en cette Année de la Rédemption: la réflexion sur la souffrance. La souffrance humaine inspire la compassion, e lle inspire également le respect et, à sa manière, elle intimide. Car elle porte en elle la grandeur d'un mystère spécifique. Ce respect particulier pour toute souffrance humaine doit être exprimé au début de tout ce qui va être développé ici et qui provient du besoin le plus profond du coeur comme aussi de l'impératif profond de la foi.
Ces deux motifs semblent se rapprocher particulièrement l'un de l'autre et s'unir autour de ce thème de la souffrance: le besoin du cœur nous ordonne de vaincre la timidité, et l'impératif de la foi — formulé par exemple dans les paroles de saint Paul citées au début — indique les motivations au nom et en vertu desquelles nous osons toucher ce qui semble si inaccessible en chaque homme; car l'homme, dans sa souffrance, reste un mystère inaccessible.
 

 


4. Daí também surge a presente reflexão, empreendida precisamente neste Ano da Redenção: a reflexão sobre o sofrimento. O sofrimento humano inspira compaixão, inspira também respeito e, à sua maneira, intimida. Pois carrega em si a grandeza de um mistério específico. Este respeito particular por todo o sofrimento humano deve ser expresso desde o início de tudo o que aqui se desenvolverá, e que nasce da mais profunda necessidade do coração, bem como do profundo imperativo da fé.

Estes dois motivos parecem aproximar-se particularmente e unir-se em torno deste tema do sofrimento: a necessidade do coração ordena-nos vencer a timidez, e o imperativo da fé — formulado, por exemplo, nas palavras de São Paulo citadas no início — indica as motivações em nome das quais e em virtude das quais ousamos tocar o que parece tão inacessível em cada pessoa; pois a humanidade, no seu sofrimento, permanece um mistério inacessível.

 
     
 


II

LE MONDE DE LA SOUFFRANCE
 HUMAINE

 


II

O MUNDO DO SOFRIMENTO
HUMANO

 
 


5. Même si dans sa dimension subjective, comme fait personnel enfoui au plus intime de l'homme concret et unique, la souffrance semble quasi inexprimable et incommunicable, il n'est peut-être rien qui ne demande en même temps comme elle, dans sa « réalité objective », d'être traité, médité, conçu en donnant au problème une forme explicite; il n'est donc rien qui ne demande autant que l'on pose à son sujet des questions de fond et que l'on en cherche les réponses. Il ne s'agit pas seulement ici, on le voit, de donner une description de la souffrance. Il y a d'autres critères qui dépassent le domaine de la description et que nous devons introduire si nous voulons pénétrer le monde de la souffrance humaine.
 

 


5. Mesmo que, em sua dimensão subjetiva, como uma experiência pessoal profundamente enraizada no indivíduo, concreta e única, o sofrimento pareça quase inexprimível e incomunicável, talvez não haja nada que, em sua "realidade objetiva", não exija simultaneamente ser abordado, contemplado e concebido, dando ao problema uma forma explícita; não há, portanto, nada que não exija que se formulem questões fundamentais sobre ele e que se busquem respostas. Não se trata simplesmente, como podemos ver, de fornecer uma descrição do sofrimento. Há outros critérios que transcendem o âmbito da descrição e que devemos introduzir se quisermos penetrar no mundo do sofrimento humano.
 

 
     
 


La médecine, en tant que science et en même temps comme art de soigner, découvre sur le vaste terrain des souffrances de l'homme leur aspect le plus connu, celui qui est identifié avec le plus de précision et est relativement le mieux combattu par les méthodes de « réaction » (c'est-à-dire de la thérapeutique). Toutefois, ce n'est là qu'un aspect. Le terrain de la souffrance humaine est beaucoup plus vaste, beaucoup plus diversifié, il a de multiples dimensions. L'homme souffre de diverses manières qui ne sont pas toujours observées par la médecine, même dans ses branches les plus avancées. La souffrance est quelque chose d'encore plus ample que la maladie, de plus complexe et en même temps plus profondément enraciné dans l'humanité ellemême.
 

 


A medicina, como ciência e simultaneamente como arte de curar, descobre no vasto campo do sofrimento humano seu aspecto mais familiar, aquele que é mais precisamente identificado e mais eficazmente combatido por métodos de "reação" (isto é, terapêutica). No entanto, este é apenas um aspecto. O âmbito do sofrimento humano é muito mais amplo, muito mais diverso e multifacetado. Os seres humanos sofrem de várias maneiras que nem sempre são observadas pela medicina, mesmo em seus ramos mais avançados. O sofrimento é algo ainda mais abrangente do que a doença, mais complexo e, ao mesmo tempo, mais profundamente enraizado na própria humanidade.

 
     
 


Une première approche de ce problème nous vient de la distinction entre la souffrance physique et la souffrance morale. Cette distinction se fonde sur la double dimension de l'être humain, et elle désigne l'élément corporel et spirituel comme le sujet immédiat ou direct de la souffrance. Dans la mesure où l'on peut, jusqu'à un certain point, employer comme synonymes les mots « souffrance » et « douleur », il y a souffrance physique lorsque « le corps fait mal » d'une façon ou d'une autre, tandis que la souffrance morale est une « douleur de l'âme ». Il s'agit en effet de la douleur de nature spirituelle, et pas seulement de la dimension «psychique » de la douleur qui accompagne la souffrance morale comme la souffrance physique. L'ampleur de la souffrance morale et la multiplicité de ses formes ne sont pas moindres que celles de la souffrance physique; mais en même temps, il semble que la thérapeutique ait plus de mal à l'identifier et à l'atteindre.
 

 


Uma primeira abordagem a esse problema parte da distinção entre sofrimento físico e sofrimento moral. Essa distinção baseia-se na natureza dual do ser humano e designa os elementos corporal e espiritual como o sujeito imediato ou direto do sofrimento. Na medida em que as palavras "sofrimento" e "dor" podem, até certo ponto, ser usadas como sinônimos, existe sofrimento físico quando "o corpo dói" de uma forma ou de outra, enquanto o sofrimento moral é uma "dor da alma". Trata-se, de fato, de uma dor de natureza espiritual, e não meramente da dimensão "psicológica" da dor que acompanha tanto o sofrimento moral quanto o físico. A extensão do sofrimento moral e a multiplicidade de suas formas não são menores do que as do sofrimento físico; porém, ao mesmo tempo, parece que a terapia encontra mais dificuldade em identificá-lo e abordá-lo.

 
     
 


6. L'Ecriture Sainte est un grand livre sur la souffrance. Citons seulement, d'après les Livres de l'Ancien Testament, quelques exemples de situations qui portent les marques de la souffrance, et avant tout de la souffrance morale: le danger de mort(5), la mort de ses propres enfants(6), en particulier la mort du fils premierné et unique(7); et puis aussi: la privation de descendance(8), la nostalgie de sa patrie(9), la persécution et l'hostilité du milieu(10), la raillerie et la dérision à l'égard de celui qui souffre(11), la solitude et l'abandon(12); et encore: les remords de conscience(13), la difficulté de comprendre la prospérité des méchants et la souffrance des justes(14), l'infidélité et l'ingratitude des amis et des voisins(15); enfin, les malheurs de sa propre patrie(16).
L'Ancien Testament, traitant l'homme comme un « ensemble » psychophysique, associe souvent les souffrances « morales » à la douleur ressentie dans telle partie précise de l'organisme: les os(17), les reins(18), le foie(19), les entrailles(20), le coeur(21). On ne peut nier en effet que les souffrances morales ont aussi une composante « physique », ou somatique, et qu'elles affectent souvent l'état général de l'organisme.
 

 


6. As Sagradas Escrituras são um grande livro sobre o sofrimento. Citemos apenas alguns exemplos dos livros do Antigo Testamento de situações que trazem as marcas do sofrimento, e sobretudo do sofrimento moral: o perigo da morte(5), a morte dos próprios filhos(6), em particular a morte do primogênito e filho único(7); e também: a privação da descendência(8), a saudade da pátria(9), a perseguição e a hostilidade do meio social(10), o escárnio e o desprezo para com aquele que sofre(11), a solidão e o abandono(12); e ainda: os remorsos de consciência(13), a dificuldade de compreender a prosperidade dos ímpios e o sofrimento dos justos(14), a infidelidade e a ingratidão dos amigos e vizinhos(15); finalmente, as desgraças da própria pátria(16).


O Antigo Testamento, tratando o homem como um "todo" psicofísico, frequentemente associa o sofrimento "moral" à dor sentida em partes específicas do corpo: os ossos (17), os rins (18), o fígado (19), os intestinos (20), o coração (21). De fato, não se pode negar que o sofrimento moral também tem um componente "físico", ou somático, e que muitas vezes afeta o estado geral do corpo.

 
     
 


7. On voit par ces exemples que nous trouvons dans l'Ecriture Sainte une grande variété de situations douloureuses pour l'homme. Cette liste déjà très diverse n'épuise pourtant pas tout ce qu'en fait de souffrance a déjà dit, et redit constamment, le livre de l'histoire de l'homme (il s'agit plutôt d'un « livre non écrit ») et plus encore le livre de l'histoire de l'humanité lu à travers l'histoire de chaque homme. On peut dire que l'homme souffre lorsqu'il éprouve un mal, quel qu'il soit. Dans le vocabulaire de l'Ancien Testament, le rapport entre souffrance et mal se présente clairement comme une identité. En effet, ce vocabulaire ne possédait pas de mot spécifique pour désigner la « souffrance »; aussi définissait-il comme « mal » tout ce qui était souffrance(22).
 

 


7. Estes exemplos mostram que encontramos nas Sagradas Escrituras uma grande variedade de situações dolorosas para a humanidade. Esta lista, já bastante diversa, porém, não esgota tudo o que o livro da história humana (que é antes um “livro não escrito”) já disse, e reitera constantemente, a respeito do sofrimento, e ainda mais o livro da história da humanidade lido através da história de cada indivíduo. Podemos dizer que uma pessoa sofre quando experimenta o mal, seja qual for a sua natureza. No vocabulário do Antigo Testamento, a relação entre sofrimento e mal é claramente apresentada como uma só. De fato, esse vocabulário não possuía uma palavra específica para designar “sofrimento”; assim, definia como “mal” tudo o que era sofrimento (22).

 
     
 


Seule la langue grecque — et, avec elle, le Nouveau Testament (et les traductions grecques de l'Ancien Testament) — se sert du verbe « pasko = je suis affecté de ..., j'éprouve une sensation, je souffre », et grâce à ce terme, la souffrance n'est plus directement identifiable au mal (objectif), mais elle désigne une situation dans laquelle l'homme éprouve le mal et, en l'éprouvant, devient sujet de souffrance. Celle-ci, à vrai dire a un caractère à la fois actif et passif (de « patior »). Même lorsque l'homme s'inflige à luimême une souffrance, lorsqu'il en est l'auteur, cette souffrance reste quelque chose de passif dans son essence métaphysique.
 

 


Somente a língua grega — e, com ela, o Novo Testamento (e as traduções gregas do Antigo Testamento) — usa o verbo "pasko" = eu sou afetado por..., eu experimento uma sensação, eu sofro, e graças a esse termo, o sofrimento não é mais diretamente identificável com o mal (objetivo), mas designa uma situação na qual uma pessoa experimenta o mal e, ao experimentá-lo, torna-se sujeito do sofrimento. Esse sofrimento, na verdade, tem um caráter tanto ativo quanto passivo (de "patior"). Mesmo quando uma pessoa inflige sofrimento a si mesma, quando ela é a autora dele, esse sofrimento permanece algo passivo em sua essência metafísica.
 

 
     
 


Cela ne veut pas dire toutefois que la souffrance, au sens psychologique, soit dépourvue d'un caractère « actif » spécifique. Il y a là en effet une « activité » multiple, et subjectivement différenciée, de douleur, de tristesse, de déception, d'abattement ou même de désespoir, selon l'intensité de la souffrance, selon sa profondeur, et, indirectement, selon toute la structure du sujet qui souffre et sa sensibilité spécifique. Au sein de ce qui constitue la forme psychologique de la souffrance se trouve toujours une expérience du mal qui entraîne la souffrance de l'homme.
 

 


Isso não significa, porém, que o sofrimento, no sentido psicológico, seja desprovido de um caráter "ativo" específico. De fato, existe uma "atividade" multifacetada e subjetivamente diferenciada de dor, tristeza, decepção, abatimento ou mesmo desespero, dependendo da intensidade e profundidade do sofrimento e, indiretamente, de toda a estrutura do indivíduo que sofre e de sua sensibilidade específica. Dentro daquilo que constitui a forma psicológica do sofrimento, existe sempre uma experiência do mal que provoca sofrimento humano.
 

 
     
 


Ainsi donc, la réalité de la souffrance fait surgir la question de l'essence du mal: qu'est-ce que le mal?
Cette question paraît en un sens inséparable du thème de la souffrance. La réponse chrétienne à ce sujet diffère de celle qui est donnée par certaines traditions culturelles et religieuses, pour lesquelles l'existence est un mal dont il faut se libérer.
 

 


Assim, a realidade do sofrimento levanta a questão da essência do mal: o que é o mal?

Esta questão parece, em certo sentido, inseparável do tema do sofrimento. A resposta cristã a esta questão difere daquela dada por certas tradições culturais e religiosas, para as quais a existência é um mal do qual se deve libertar.

 
     
 


Le christianisme proclame que l'existence est fondamentalement un bien, que ce qui existe est un bien; il professe la bonté du Créateur et proclame que les créatures sont bonnes. L'homme souffre à cause du mal qui est un certain manque, une limitation ou une altération du bien.
L'homme souffre, pourrait-on dire, en raison d'un bien auquel il ne participe pas, dont il est, en un sens, dépossédé ou dont il s'est privé lui-même. Il souffre en particulier quand il « devrait » avoir part — dans l'ordre normal des choses — à ce bien, et qu'il n'y a pas part. Ainsi donc, dans la conception chrétienne, la réalité de la souffrance s'explique au moyen du mal, qui, d'une certaine façon, se réfère toujours a un bien.
 

 


O cristianismo proclama que a existência é fundamentalmente boa, que o que existe é bom; professa a bondade do Criador e proclama que as criaturas são boas. O homem sofre por causa do mal, que é uma certa falta, limitação ou alteração do bem.

O homem sofre, poderíamos dizer, por causa de um bem do qual não participa, do qual, em certo sentido, está despossuído ou do qual se privou. Sofre particularmente quando "deveria" ter uma parte — na ordem normal das coisas — desse bem, e não a tem. Assim, na concepção cristã, a realidade do sofrimento é explicada por meio do mal, que, de certa forma, sempre se refere a um bem.

 
     
 


8. La souffrance humaine constitue en soi comme un « monde » spécifique qui existe en même temps que l'homme, qui apparaît en lui et qui passe, et qui parfois au contraire ne passe pas mais s'établit et s'approfondit en lui. Ce monde de la souffrance, étendu à de nombreux, de très nombreux sujets, existe pour ainsi dire dans la dispersion. Tout homme, par sa souffrance personnelle, constitue une petite partie de ce « monde »; mais aussi ce « monde » est en lui comme une entité finie et unique. Toutefois, la dimension inter-humaine et sociale va de pair avec cela. Le monde de la souffrance possède comme une solidarité qui lui est propre.
 

 


8. O sofrimento humano constitui em si mesmo um “mundo” específico que existe simultaneamente com a humanidade, que surge dentro de nós e desaparece, e que, por vezes, ao contrário, não desaparece, mas se estabelece e se aprofunda em nós. Este mundo de sofrimento, que se estende a muitos, muitos indivíduos, existe, por assim dizer, em dispersão. Cada pessoa, através do seu sofrimento pessoal, constitui uma pequena parte deste “mundo”; mas este “mundo” também existe dentro dela como uma entidade finita e única. No entanto, a dimensão interpessoal e social caminha lado a lado com isto. O mundo do sofrimento possui uma espécie de solidariedade própria.

 
     
 


Les hommes qui souffrent se rendent semblables les uns aux autres à cause de l'analogie de leur situation, de l'épreuve de leur destinée, ou à cause du besoin de compréhension et d'attention, et peut-être surtout à cause du problème persistant du sens de la souffrance. Bien que le monde de la souffrance existe dans la dispersion, il est donc aussi par lui-même un singulier appel à la communion et à la solidarité. Nous essaierons de répondre à cet appel dans la présente réflexion.

 


As pessoas que sofrem tornam-se semelhantes umas às outras pela analogia da sua situação, pela provação do seu destino, ou pela necessidade de compreensão e atenção, e talvez sobretudo pelo problema persistente do significado do sofrimento. Embora o mundo do sofrimento exista em dispersão, é também, em si mesmo, um apelo único à comunhão e à solidariedade. Tentaremos responder a este apelo nesta reflexão.

 

 

 
     
 


En pensant au monde de la souffrance dans sa signification personnelle et en même termps collective, on ne peut enfin éviter de noter aussi que ce monde, à certaines époques et dans certains espaces de l'existence humaine, prend pour ainsi dire une densité particulière. Cela se produit, par exemple, dans les cas de calamités naturelles, d'épidémies, de catastrophes et de cataclysmes, de divers fléaux sociaux: que l'on pense entre autres au cas d'une mauvaise récolte et, en lien avec elle — à moins qu'il ne soit dû à diverses autres causes —, au fléau de la faim.
 

 


Ao considerar o mundo do sofrimento em seu significado pessoal e, ao mesmo tempo, coletivo, não se pode deixar de notar que esse mundo, em certos momentos e em certas áreas da existência humana, assume uma intensidade particular. Isso ocorre, por exemplo, em casos de desastres naturais, epidemias, catástrofes e cataclismos, e vários flagelos sociais: considere, entre outras coisas, o caso de uma má colheita e, relacionado a ela — a menos que seja devido a várias outras causas —, o flagelo da fome.

 

 
     
 


Pensons enfin à la guerre. J'en parle avec quelque insistance. Je parle des deux dèrnières guerres mondiales, dont la seconde a fauché un total beaucoup plus élevé de vies et entraîné une accumulation plus lourde de souffrances humaines. A son tour, la deuxième moitié de notre siècle — comme en proportion des erreurs et des transgressions de notre civilisation contemporaine — porte en soi une menace si horrible de guerre nucléaire que nous ne pouvons penser à cette période qu'en termes d'accumulation incomparable de souffrances jusqu'à l'éventualité d'une auto-destruction de l'humanité.
 

 


Finalmente, consideremos a guerra. Falo dela com certa ênfase. Refiro-me às duas últimas guerras mundiais, a segunda das quais ceifou um número muito maior de vidas e resultou em uma acumulação mais pesada de sofrimento humano. Por sua vez, a segunda metade do nosso século — como que em proporção aos erros e transgressões da nossa civilização contemporânea — carrega em si uma ameaça tão horrível de guerra nuclear que só podemos pensar nesse período em termos de uma acumulação de sofrimento sem paralelo, chegando mesmo ao ponto da autodestruição da humanidade.

 

 
     
 


De cette façon, ce monde de souffrance, qui, en définitive, a son sujet en chaque homme, semble se transformer à notre époque — peut-être plus qu'à aucun autre moment — en une particulière « souffrance du monde »: du monde qui est plus que jamais transformé par le progrès grâce à l'action de l'homme, et qui, en même temps, est plus que jamais en danger à cause des erreurs et des fautes de l'homme.
 

 


Dessa forma, este mundo de sofrimento, que em última análise tem seu sujeito em cada ser humano, parece estar se transformando em nosso tempo — talvez mais do que em qualquer outro — em um "sofrimento do mundo" particular: um mundo que está sendo transformado mais do que nunca pelo progresso através da ação humana e que, ao mesmo tempo, está mais ameaçado do que nunca por causa dos erros e falhas humanas.

 
     
 


III

RECHERCHE DE LA RÉPONSE
À LA QUESTION  SUR LE SENS
DE LA SOUFFRANCE

 


III

BUSCANDO A RESPOSTA PARA A PERGUNTA SOBRE O SIGNIFICADO DO SOFRIMENTO

 
         
 

9. Au coeur de toute souffrance éprouvée par l'homme, et aussi à la base du monde entier des souffrances, apparaît inévitablement la question:pourquoi? C'est une question sur la cause, la raison; c'est en même temps une question sur le but (pour quoi?) et, en définitive, sur le sens. Non seulement elle accompagne la souffrance humaine, mais elle semble aller jusqu'à en déterminer le contenu humain, ce pour quoi la souffrance est à proprement parler une souffrance humaine.
 

 

9. No fundo de cada sofrimento experimentado pelo homem, como também na base de todo o mundo dos sofrimentos, aparece inevitavelmente a pergunta: porquê? É uma pergunta acerca da causa, da razão e também acerca da finalidade (para quê?); trata-se sempre, afinal, de uma pergunta acerca do sentido. Esta não só acompanha o sofrimento humano, mas parece até determinar o seu conteúdo humano, o que faz com que o sofrimento seja propriamente sofrimento humano.

 
     
 


Evidemment, la douleur, spécialement la douleur physique, est largement répandue dans le monde des animaux. Mais seul l'homme, en souffrant, sait qu'il souffre et se demande pour quelle raison; et il souffre d'une manière humainement plus profonde encore s'il ne trouve pas de réponse satisfaisante. C'est là une question difficile, comme l'est cette autre question, très proche, qui porte sur le mal. Pourquoi le mal? Pourquoi le mal dans le monde? Quand nous posons le problème de cette façon, nous posons toujours aussi, du moins dans une certaine mesure, une question sur la souffrance.
 

 


A dor, como é óbvio, em especial a dor física, encontra-se amplamente difundida no mundo dos animais. Mas só o homem, ao sofrer, sabe que sofre e se pergunta o porquê; e sofre de um modo humanamente ainda mais profundo se não encontra uma resposta satisfatória. Trata-se de uma pergunta difícil, como é também difícil uma outra muito afim, ou seja, a que diz respeito ao mal. Porquê o mal? Porquê o mal no mundo? Quando fazemos a pergunta desta maneira fazemos sempre também, ao menos em certa medida, uma pergunta sobre o
sofrimento.

 
     
 


Ces questions sont l'une et l'autre difficiles, quand l'homme les pose à l'homme, les hommes aux hommes, et aussi quand l'homme les pose à Dieu. L'homme, en effet, ne pose pas cette question au monde, bien que la souffrance lui vienne souvent de lui, mais il la pose à Dieu comme Créateur et Seigneur du monde. Et l'on sait bien que, sur ce terrain, non seulement on arrive à de multiples frustrations et conflits dans les rapports de l'homme avec Dieu, mais il peut se faire aussi que l'on arrive à la négation même de Dieu.
 

 


Ambas as perguntas são difíceis, quando o homem as faz ao homem, os homens aos homens, como também quando o homem as apresenta a Deus. Com efeito, o homem não põe esta questão ao mundo, ainda que muitas vezes o sofrimento lhe provenha do mundo; mas põe-na a Deus, como Criador e Senhor do mundo. E sabemos que, nessa área, não apenas nos deparamos com múltiplas frustrações e conflitos na relação entre o homem e Deus, mas também podemos chegar à própria negação de Deus.

 
     
 


Si, en effet, l'existence du monde ouvre pour ainsi dire le regard de l'âme humaine à l'existence de Dieu, à sa sagesse, sa puissance et sa magnificence, le mal et la souffrance semblent obscurcir cette image, parfois de façon radicale, et plus encore lorsqu'on voit le drame quotidien de tant de souffrances sans qu'il y ait eu faute, et de tant de fautes sans peines adéquates en retour. Aussi cette situation — plus qu'aucune autre peut-être — montre-t-elle combien importe la question du sens de la souffrance et avec quelle acuité il faut examiner la question elle-même et toute réponse possible.

 

 
Se, efectivamente, a existência do mundo como que abre o olhar da alma à existência de Deus, à sua sapiência, poder e magnificência, então o mal e o sofrimento parecem ofuscar esta imagem, às vezes de modo radical; e isto mais ainda olhando ao quotidiano com a dramaticidade de tantos sofrimentos sem culpa e de tantas culpas sem pena adequada. Esta circunstância, portanto — mais do que qualquer outra, talvez — indica quanto é importante a pergunta sobre o sentido do sofrimento e com que acuidade se devam tratar, quer a mesma pergunta, quer as possíveis respostas a dar-lhe.

 

 
     
 


10. Cette question, l'homme peut l'adresser à Dieu avec toute l'émotion de son coeur, l'esprit saisi d'étonnement et d'inquiétude; et Dieu attend la demande et l'écoute, comme nous le voyons dans la Révélation de l'Ancien Testament. Dans le Livre de Job, la question a trouvé son expression la plus vive. On connaît l'histoire de cet homme juste, qui, sans aucune faute de sa part, est éprouvé par de multiples souffrances. Il perd ses biens, ses fils et ses filles, et finalement il est lui-même atteint d'une grave maladie. Dans cette horrible situation, il voit arriver chez lui trois vieux amis qui — chacun avec des mots différents — cherchent à le convaincre que, puisqu'il a été frappé par des souffrances aussi variées et aussi terribles, il doit avoir commis quelque faute grave.

 


10. O homem pode dirigir tal pergunta a Deus, com toda a comoção do seu coração e com a mente cheia de assombro e de inquietude; e Deus espera por essa pergunta e escuta-a, como vemos na Revelação do Antigo Testamento. A pergunta encontrou a sua expressão mais viva no Livro de Job. É conhecida a história deste homem justo que, sem culpa nenhuma da sua parte, é provado com inúmeros sofrimentos. Perde os seus bens, os filhos e filhas e, por fim, ele próprio é atingido por uma doença grave. Nesta situação horrível, apresentam-se em sua casa três velhos amigos que procuram — cada um com palavras diferentes — convencê-lo de que, para ter sido atingido por tão variados e tão terríveis sofrimentos, deve ter cometido alguma falta grave.
 

 
     
 


Car la souffrance — disent-ils — atteint toujours l'homme comme peine pour un délit. Elle est envoyée par Dieu, qui est absolument juste, et elle trouve sa motivation dans l'ordre de la justice. On dirait que non seulement les vieux amis de Job veulent le convaincre de la justesse morale du mal, mais qu'en un certain sens ils tentent de défendre à leurs propres yeux le sens moral de la souffrance. Pour eux, celle-ci ne peut avoir de sens que comme peine pour le péché, en se plaçant donc exclusivement sur le terrain dè la justice de Dieu, qui récompense le bien par lé bien et punit le mal par le mal. Le point de référence, dans ce cas, est la doctrine exprimée en d'autres écrits de l'Ancien Testament qui nous montrent la souffrance comme une peine infligée par Dieu pour les péchés des hommes. Le Dieu de la Révélation est Législateur et Juge à un degré qu'aucune autorité temporelle ne peut atteindre.
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Com efeito, dizem-lhe eles, o sofrimento atinge o homem sempre como pena por uma culpa; é mandado por Deus, que é absolutamente justo e age com motivações que são da ordem da justiça. Dir-se-ia que os velhos amigos de Job querem não só convencê-lo da justeza moral do mal, mas, de algum modo, procuram defender, aos seus próprios olhos, o sentido moral do sofrimento. Este, a seu ver, pode ter sentido somente como pena pelo pecado; e portanto, exclusivamente no plano da justiça de Deus, que paga o bem com o bem e o mal com o mal. O ponto de referência, neste caso, é a doutrina expressa noutros escritos do Antigo Testamento, que nos apresentam o sofrimento como castigo infligido por Deus pelos pecados dos homens. O Deus da Revelação é Legislador e Juiz em plano tão elevado, que nenhuma autoridade temporal o pode alcançar.

 
     
 


En effet, le Dieu de la Révélation est avant tout le Créateur de qui vient, en même temps que l'existence, le bien qui est qualité essentielle de la création. En conséquence, la violation consciente et libre de ce bien de la part de l'homme est non seulement une transgression de la loi mais en même temps une offense au Créateur, qui est le Premier Législateur. Cette transgression a le caractère de péché, au sens exact, c'est-à-dire biblique et théologique, de ce terme. Au mal moral du péché correspond la punition qui garantit l'ordre moral au sens transcendant où cet ordre est établi par la volonté du Créateur et Législateur suprême. De là découle aussi l'une des vérités fondamentales de la foi religieuse, fondée également sur la Révélation: Dieu est un juge juste qui récompense le bien et punit le mal: «Tu es juste, Seigneur, en toutes les choses que tu as faites pour nous, toutes tes œuvres sont vérité, toutes tes voies droites, tous tes jugements vérité. Tu as porté une sentence de vérité en toutes les choses que tu as fait venir sur nous...

 

 


O Deus da Revelação, efetivamente, primeiro que tudo é o Criador, do qual provém, juntamente com a existência, o bem que é essencial à criação. Por conseguinte, a violação consciente e livre deste bem, por parte do homem, é não só transgressão da lei, mas também ofensa ao Criador, que é o Primeiro Legislador. Tal transgressão tem caráter de pecado no sentido próprio, isto é, no sentido bíblico e teológico desta palavra. Ao mal moral do pecado corresponde o castigo, que garante a ordem moral no mesmo sentido transcendente em que esta ordem foi estabelecida pela vontade do Criador e Supremo Legislador. Daqui se segue também uma das verdades fundamentais da fé religiosa, baseada igualmente na Revelação; ou seja, que Deus é juiz justo, que premeia o bem e castiga o mal: « Tu és justo, Senhor, em tudo o que tens feito por nós; todas as tuas obras são verdadeiras, todos os teus caminhos são retos, todos os teus juízos são verdadeiros. Tu pronunciaste uma sentença verdadeira em tudo o que nos fizeste passar e à cidade santa dos nossos pais, Jerusalém. …

 
     
 


Car c'est dans la vérité et dans le droit que tu nous a traités à cause de nos péchés »(23). Dans l'opinion exprimée par les amis de Job se manifeste une conviction que l'on trouve aussi dans la conscience morale de l'humanité: l'ordre moral objectif requiert une peine pour la transgression, pour le péché et pour le délit. A ce point de vue, la souffrance apparaît comme un « mal justifié ». La conviction de ceux qui expliquent la souffrance comme punition du péché s'appuie sur l'ordre de la justice, et cela correspond à l'opinion exprimée par un ami de Job: « Je parle d'expérience, ceux qui labourent l'iniquité et sèment le malheur, les moissonnent ». (24)
 

 

 
Sim, em verdade e justiça nos infligistes todos estes castigos por causa de nossos pecados ». (23) Na opinião manifestada pelos amigos de Job exprime-se uma convicção que também se encontra na consciência moral da humanidade: a ordem moral objetiva exige uma pena para a transgressão, para o pecado e para o crime. Sob este ponto de vista, o sofrimento aparece como um « mal justificado ». A convicção daqueles que explicam o sofrimento como castigo pelo pecado apóia-se na ordem da justiça, e isso corresponde à opinião expressa por um dos amigos de Job: « Pelo que vi, aqueles que cultivam a iniqüidade e os que semeiam a maldade também as colhem ». (24)

 
     
 


11. Toutefois, Job conteste la vérité du principe qui identifie la souffrance avec la punition du péché. Et il le fait en se fondant sur sa propre réflexion. Il est en effet conscient de ne pas avoir mérité une telle punition; il montre au contraire le bien qu'il a fait dans sa vie. A la fin, Dieu lui-même reproche aux amis de Job leurs accusations et reconnaît que Job n'est pas coupable. Sa souffrance est celle d'un innocent; elle doit être acceptée comme un mystère que l'intelligence de l'homme n'est pas en mesure de pénétrer à fond. Le Livrè de Job n'attaque pas les bases de l'ordre moral transcendant fondé sur la justice, telles qu'elles sont proposées dans toute la Révélation, dans l'ancienne comme dans la nouvelle Alliance.
 

 


11. Job, no entanto, contesta a verdade do princípio que identifica o sofrimento com o castigo do pecado; e faz isso baseando-se na própria situação pessoal. Ele, efectivamente, tem consciência de não ter merecido semelhante castigo; e, por outro lado, vai expondo o bem que praticou durante a sua vida. Por fim, o próprio Deus desaprova os amigos de Job pelas suas acusações e reconhece que Job não é culpado. O seu sofrimento é o de um inocente: deve ser aceite como um mistério, que o homem não está em condições de entender totalmente com a sua inteligência. O Livro de Job não abala as bases da ordem moral transcendente, fundada sobre a justiça, como são propostas em toda a Revelação, na Antiga e na Nova Aliança.

 
     
 


Mais simultanément ce Livre montre avec la plus grande fermeté que les principes de cet ordre ne peuvent pas s'appliquer de façon exclusive et superficielle. S'il est vrai que la souffrance a un sens comme punition lorsqu'elle est liée à la faute, il n'est pas vrai au contraire que toute souffrance soit une conséquence de la faute et ait un caractère de punition. La figure de Job le juste en est une preuve spéciale dans l'Ancien Testament. La Révélation, parole de Dieu même, pose en toute franchise le problème de la souffrance de l'homme innocent: la souffrance sans faute. Job n'a pas été puni, il n'y avait pas de fondement pour lui infliger une peine, même s'il a été soumis à une très dure épreuve. De l'introduction du Livre, il ressort que Dieu a permis cette épreuve en raison de la provocation de Satan. Celui-ci avait en effet contesté devant le Seigneur la justice de Job: « Est-ce pour rien que Job craint Dieu? ... Tu as béni toutes ses entreprises, ses troupeaux pullulent dans le pays. Mais étends la main et touche à ses biens; je te jure qu'il te maudira en face! »(25).
 

 

 
Contudo este Livro demonstra ao mesmo tempo, com toda a firmeza, que os princípios desta ordem não podem ser aplicados de maneira exclusiva e superficial. Se é verdade que o sofrimento tem um sentido como castigo, quando ligado à culpa, já não é verdade que todo o sofrimento seja conseqüência da culpa e tenha caráter de castigo. A figura do justo Job é disso prova convincente no Antigo Testamento. A revelação, palavra do próprio Deus, põe o problema do sofrimento do homem inocente com toda a clareza: o sofrimento sem culpa. Job não foi castigado; não havia razão para lhe ser infligida uma pena, não obstante ter sido submetido a uma duríssima prova. Da introdução do Livro deduz-se que Deus condescendeu com esta provação, em seguida à provocação de Satanás. Este, de facto, impugnou diante do Senhor a justiça de Job: « Acaso teme Job a Deus em vão? ... Abençoastes os seus empreendimentos e os seus rebanhos expandem-se sobre a terra. Mas estendei a vossa mão e tocai nos seus bens; juro que vos amaldiçoará na vossa face ». (25)

 
     
 


Et si le Seigneur consent à éprouver Job par la souffrance, il le fait pour montrer la justice de ce dernier. La souffrance a un caractère d'épreuve. Le Livre de Job ne représente pas le dernier mot de la Révélation sur ce thème. Il est en un sens uné annonce de la passion du Christ. Mais il est déjà par luimême un argument suffisant pour que la réponse à la question sur le sens de la souffrance ne soit pas liée sans réserve à l'ordre moral fondé sur la seule justice. Si une telle réponse a en elle-même une raison d'être et une valeur fondamentales et transcendantes, en même temps non seulement elle paraît insatisfaisante dans des cas analogues à la souffrance de Job le juste mais, en plus, elle semble vraiment réduire et appauvrir le concept de justice que nous rencontrons dans la Révélation.
 

 

 
Se o Senhor permite que Job seja provado com sofrimento, fá-lo para demonstrar a sua justiça. O sofrimento tem carácter de prova. O Livro de Job não é a última palavra da Revelação sobre este tema. É um anúncio, de certo modo, da Paixão de Cristo. Entretanto, só por si, já é argumento suficiente para que a resposta à pergunta sobre o sentido do sofrimento não fique ligada, sem reservas, à ordem moral baseada somente na justiça. Se tal resposta tem uma fundamental e transcendente razão e validade, ao mesmo tempo apresenta-se não só insuficiente em casos análogos ao do sofrimento do justo Job, mas parece, mais ainda, reduzir e empobrecer o conceito de justiça que encontramos na Revelação.
 

 
     
 


12. Le Livre de Job soulève de manière aiguë le « pourquoi » dè la souffrance, il montre également que celle-ci frappe l'innocent, mais il ne donne pas encore la solution du problème. Déjà dans l'Ancien Testament, nous remarquons une tendance qui cherche à dépasser l'idée selon laquelle la souffrance n'a de sens que comme punition du péché, car on souligne en même temps là valeur éducative de cette peine qu'est la souffrance. Ainsi donc, dans les souffrances infligées par Dieu au Peuple élu est contenue une invitation de sa miséricorde, qui châtie pour amener à la conversion:
 

 


12. O Livro de Job põe de modo perspicaz, a pergunta sobre o « porquê » do sofrimento; e mostra também que ele atinge o inocente, mas ainda não dá a solução ao problema. No Antigo Testamento notamos uma orientação que tende a superar o conceito segundo o qual o sofrimento teria sentido unicamente como castigo pelo pecado, ao mesmo tempo que se acentua o valor educativo da pena-sofrimento. Deste modo, nos sofrimentos infligidos por Deus ao povo eleito está contido um convite da sua misericórdia, que corrige para levar à conversão:

 
     
 


 « Ces persécutions ont eu lieu non pour la ruine mais pour la correction de notre peuple »(26). Ainsi est affirmée la dimension personnelle de la peine. Selon cette dimension, la peine a un sens non seulement parce qu'elle sert à répondre au mal objectif de la transgression par un autre mal, mais avant tout parce qu'elle crée la possibilité de reconstruire le bien dans le sujet même qui souffre. C'ést là un aspect extrêmement important de la souffrance. Il est profondément enraciné dans toute la Révélation de l'ancienne et surtout de la nouvelle Alliance.
 

 


 “Essas perseguições não aconteceram para a destruição do nosso povo, mas para a correção do nosso povo” (26). Isso afirma a dimensão pessoal do castigo. Segundo essa dimensão, o castigo tem sentido não apenas porque serve para responder ao mal objetivo da transgressão com outro mal, mas sobretudo porque cria a possibilidade de reconstruir a bondade na própria pessoa que sofre. Este é um aspecto extremamente importante do sofrimento. Está profundamente enraizado em toda a Revelação da Antiga e, especialmente, da Nova Aliança.

 

 
     
 


La souffrance doit servir à la conversion, c'est-à-dire à la reconstruction du bien dans le sujet, qui peut reconnaître la miséricorde divine dans cet appel à la pénitence. La pénitence a pour but de triompher du mal, qui existe à l'état latent dans l'homme sous diverses formes, et de consolider le bien tant dans le sujet lui-même que dans ses rapports avec les autres et surtout avec Dieu.

 

 


O sofrimento deve servir à conversão, isto é, à reconstrução da bondade no indivíduo, que pode reconhecer a misericórdia divina nesse chamado ao arrependimento. O objetivo do arrependimento é vencer o mal, que existe em estado latente na humanidade sob diversas formas, e consolidar a bondade tanto no indivíduo quanto em seus relacionamentos com os outros e, sobretudo, com Deus.

 
     
 


13. Mais pour être en mesure de percevoir la vraie réponse au « pourquoi » de la souffrance, nous devons tourner nos regards vers la révélation de l'amour divin, source ultime du sens de tout ce qui existe. L'amour est également la source la plus riche du sens de la souffrance, qui demeure toujours un mystère: nous sommes conscients de l'insuffisance et du caractère inadéquat de nos explications. Le Christ nous fait entrer dans le mystère et nous fait découvrir le «pourquoi» de la souffrance, dans la mesure où nous sommes capables de comprendre la sublimité de l'amour divin.
 

 


13. Mas, para sermos capazes de perceber a verdadeira resposta ao “porquê” do sofrimento, devemos voltar o nosso olhar para a revelação do amor divino, a fonte última de sentido de tudo o que existe. O amor é também a fonte mais rica do sentido do sofrimento, que permanece sempre um mistério: temos consciência da inadequação e insuficiência das nossas explicações. Cristo conduz-nos ao mistério e revela-nos o “porquê” do sofrimento, na medida em que somos capazes de compreender a sublimidade do amor divino.

 
     
 


Pour découvrir le sens profond de la souffrance, en suivant la Parole révélée de Dieu, il faut s'ouvrir largement au sujet humain dans sa potentialité multiple. Il faut surtout accueillir la lumière de la Révélation, non seulement parce qu'elle exprime l'ordre transcendant de la justice mais parce qu'elle éclaire cet ordre par l'amour, source définitive de tout ce qui existe. L'amour est aussi la source la plus complète de la réponse à la question sur le sens de la souffrance. Cette réponse a été donnée par Dieu à l'homme dans la Croix de Jésus-Christ.
 

 


Para descobrirmos o profundo sentido do sofrimento, seguindo a Palavra revelada de Deus, devemos abrir-nos plenamente ao sujeito humano no seu potencial multifacetado. Acima de tudo, devemos acolher a luz da Revelação, não só porque expressa a ordem transcendente da justiça, mas porque ilumina essa ordem com amor, a fonte última de tudo o que existe. O amor é também a fonte mais completa da resposta à questão do sentido do sofrimento. Esta resposta foi dada por Deus ao homem na Cruz de Jesus Cristo.

 

 
     
 


IV

JÉSUS-CHRIST:
LA SOUFFRANCE VAINCUE PAR L'AMOUR

 


IV

JESUS ​​CRISTO:
 O SOFRIMENTO SUPERADO PELO AMOR
 

 
 


14. «Dieu, en effet, a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique pour que tout homme qui croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle » (27). Ces paroles, prononcées par le Christ au cours de son entretien avec Nicodème, nous introduisent au cœur même de l'actionsalvifique de Dieu. Elles expriment aussi l'essence de la « sotériologie » chrétienne, c'est-à-dire de la théologie du salut. Sauver signifie libérer du mal; le salut est donc par là même lié étroitement au problème de la souffrance. Selon les paroles adressées à Nicodème, Dieu donne son Fils au « monde » pour libérer l'homme du mal, qui comporte en lui-même la perspective définitive et absolue de la souffrance. En même temps, le mot «donne » (« il a donné ») signifie que cette libération doit être accomplie par le Fils unique à travers sa propre souffrance. En cela se manifeste l'amour, l'amour infini tant de ce Fils unique que du Père qui « donne » pour cela son Fils. Tel est l'amour envers l'homme, l'amour envers le « monde »: c'est l'amour sauveur.
 

 


14. “Porque Deus amou o mundo de tal maneira que deu o seu Filho unigênito, para que todo aquele que nele crê não pereça, mas tenha a vida eterna” (27). Estas palavras, proferidas por Cristo durante a sua conversa com Nicodemos, conduzem-nos ao âmago da ação salvadora de Deus. Expressam também a essência da “soteriologia” cristã, isto é, a teologia da salvação. Salvar significa libertar do mal; a salvação está, portanto, intimamente ligada ao problema do sofrimento. Segundo as palavras dirigidas a Nicodemos, Deus dá o seu Filho ao “mundo” para libertar a humanidade do mal, que contém inerentemente a perspetiva última e absoluta do sofrimento. Ao mesmo tempo, a palavra “dá” (“deu”) significa que esta libertação deve ser realizada pelo Filho unigênito através do seu próprio sofrimento. Nisto se manifesta o amor, o amor infinito tanto deste Filho unigênito como do Pai que “dá” o seu Filho para este fim. Tal é o amor pelo homem, o amor pelo “mundo”: é o amor salvador.

 
       
 


Nous nous trouvons ici — il faut s'en rendre compte clairement dans notre réflexion commune sur ce problème — dans une dimension complètement nouvelle de notre thème. C'est une dimension différente de celle qui déterminait la recherche de la signification de la souffrance et, en un sens, l'enfermait dans les limites de la justice. C'est là la dimension de la Rédemption que semblaient déjà annoncer dans l'Ancien Testament, du moins selon le texte de la Vulgate, les paroles de Job le juste: « Je sais, moi, que mon rédempteur est vivant, et qu'au dernier jour... je verrai mon Dieu... »(28). Si, jusqu'ici, nos considérations se sont concentrées avant tout et, en un sens, exclusivement sur la souffrance dans sa forme temporelle multiple (comme aussi les souffrances de Job le juste), les paroles de l'entretien de Jésus avec Nicodème rappelées ci-dessus concernent au contraire la souffrance dans son sens fondamental et définitif. Dieu donne son Fils unique afin que l'homme « ne périsse pas », et la signification de ce « ne périsse pas » est soigneusement précisée par les mots qui suivent: « mais ait la vie éternelle ».
 

 


Encontramo-nos aqui — e isto deve ser claramente compreendido na nossa reflexão conjunta sobre este problema — numa dimensão completamente nova do nosso tema. Esta é uma dimensão diferente daquela que determinou a busca pelo significado do sofrimento e, em certo sentido, a confinou aos limites da justiça. Esta é a dimensão da Redenção que as palavras de Jó, o justo, pareciam anunciar no Antigo Testamento, pelo menos segundo o texto da Vulgata: “Eu sei que o meu Redentor vive, e que no último dia… verei o meu Deus…” (28). Se, até agora, as nossas considerações se concentraram primordialmente e, em certo sentido, exclusivamente no sofrimento nas suas múltiplas formas temporais (como os sofrimentos de Jó, o justo), as palavras da conversa de Jesus com Nicodemos, mencionadas acima, dizem respeito, ao contrário, ao sofrimento no seu sentido fundamental e definitivo. Deus dá o seu Filho unigênito para que o homem “não pereça”, e o significado deste “não pereça” é cuidadosamente esclarecido pelas palavras que se seguem: “mas tenha a vida eterna”.

 
       
 


L'homme « périt » quand il perd « la vie éternelle ». Le contraire du salut n'est donc pas seulement la souffrance temporelle, une souffrance quelconque, mais la souffrance définitive: la perte de la vie éternelle, le fait d'être rejeté par Dieu, la damnation. Le Fils unique a été donné à l'humanité pour protéger l'homme avant tout contre ce mal définitif et contre lasouffrance définitive. Dans sa mission salvifique, il doit donc atteindre le mal jusqu'en ses racines transcendantes à partir desquelles ce mal se développe dans l'histoire de l'homme. Ces racines transcendantes du mal sont ancrées dans le péché et dans la mort; elles se trouvent en effet à la base de la perte de la vie éternelle. La mission du Fils unique consiste à vaincre le péché et la mort. Il triomphe du péché par son obéissance jusqu'à la mort, et il triomphe de la mort par sa résurrection.
 

 


O homem "perece" quando perde a "vida eterna". O oposto da salvação, portanto, não é meramente o sofrimento temporal, qualquer tipo de sofrimento, mas o sofrimento definitivo: a perda da vida eterna, a rejeição por Deus, a condenação. O Filho unigênito foi dado à humanidade para proteger o homem, acima de tudo, desse mal definitivo e desse sofrimento definitivo. Em sua missão salvífica, Ele deve, portanto, alcançar o mal em suas raízes transcendentes, de onde esse mal se desenvolve na história humana. Essas raízes transcendentes do mal estão ancoradas no pecado e na morte; elas são, de fato, a raiz da perda da vida eterna. A missão do Filho unigênito é vencer o pecado e a morte. Ele triunfa sobre o pecado por meio de sua obediência até a morte e triunfa sobre a morte por meio de sua ressurreição.

 
       
 


15. Quand on dit que le Christ, par sa mission, atteint le mal jusqu'en ses racines, nous pensons non seulement au mal et à la souffrance définitifs, eschatologiques (pour que l'homme « ne périsse pas mais ait la vie éternelle »), mais aussi — au moins indirectement — au mal et à la souffrance dans leur dimension temporelle et historique. Le mal reste en effet lié au péché et à la mort. Et même si c'est avec une grande prudence que l'on doit juger la souffrance de l'homme comme une conséquence de péchés concrets (comme le montre précisément l'exemple de Job le juste), on ne peut cependant pas la séparer du péché des origines, de ce qui, chez saint Jean, est appelé « le péché du monde »(29), de l'arrière-plan pécheur des actions personnelles et des processus sociaux dans l'histoire de l'homme. S'il n'est pas permis d'appliquer ici le critère restreint de la dépendance directe (comme le faisaient les trois amis de Job), on ne peut non plus renoncer au critère selon lequel, à la base des souffrances humaines, il y a des compromissions de toutes sortes avec le péché.
 

 


15. Quando dizemos que Cristo, por meio de sua missão, atinge o mal em suas raízes, não estamos pensando apenas no mal e no sofrimento definitivos e escatológicos (para que a humanidade “não pereça, mas tenha a vida eterna”), mas também — ao menos indiretamente — no mal e no sofrimento em sua dimensão temporal e histórica. O mal permanece, de fato, ligado ao pecado e à morte. E mesmo que devamos julgar o sofrimento humano como consequência de pecados concretos com muita cautela (como demonstra claramente o exemplo de Jó, o justo), não podemos, contudo, separá-lo do pecado original, daquilo que, em São João, é chamado de “pecado do mundo” (29), do pano de fundo pecaminoso das ações pessoais e dos processos sociais na história humana. Embora não seja permitido aplicar aqui o critério restrito da dependência direta (como fizeram os três amigos de Jó), não se pode renunciar ao critério segundo o qual, na base do sofrimento humano, existem compromissos de toda espécie com o pecado.

 
       
 


Il en est de même quand il s'agit de la mort. On va jusqu'à l'attendre, bien souvent, comme une libération des souffrances de cette vie. Et en même temps, il ne saurait nous échapper qu'elle constitue comme une synthèse définitive de leur oeuvre destructrice, tant dans l'organisme corporel que dans la vie psychique. Mais la mort comporte avant tout la désagrégation de toute la personnalité psychophysique de l'homme. L'âme survit et subsiste séparée du corps tandis que le corps est soumis à une décomposition progressive conformément aux paroles prononcées par le Seigneur Dieu, après le péché commis par l'homme au début de son histoire terrestre: « Tu es poussière et tu retourneras en poussière »(30).

 

 


O mesmo se aplica à morte. Muitas vezes, até a aguardamos como uma libertação dos sofrimentos desta vida. E, ao mesmo tempo, não podemos deixar de reconhecer que ela constitui uma espécie de síntese definitiva da sua ação destrutiva, tanto no organismo físico como na vida psíquica. Mas a morte implica, sobretudo, a desintegração de toda a personalidade psicofísica do homem. A alma sobrevive e subsiste separadamente do corpo, enquanto o corpo está sujeito à decomposição progressiva, de acordo com as palavras proferidas pelo Senhor Deus após o pecado cometido pelo homem no início da sua história terrena: “Tu és pó e ao pó voltarás” (30).

 
       
 


Ainsi donc, même si la mort n'est pas une souffrance au sens temporel du mot, même si, d'une certaine façon, elle se trouve au-delà de toutes les souffrances, le mal que l'être humain expérimente en elle a un caractère définitif et totalisant. Par son oeuvre salvifique, le Fils unique libère l'homme du péché et de la mort. Il commence par effacer de l'histoire de l'homme la domination du péché qui s'est enraciné sous l'influence de l'Esprit du mal dès le péché originel, puis il donne à l'homme la possibilité de vivre dans la Grâce sanctifiante. Dans le sillage de la victoire sur le péché, il enlève aussi à la mort son pouvoir, ouvrant la porte, par sa Résurrection, à la future résurrection des corps. L'une et l'autre sont des conditions essentielles de la « vie éternelle », c'est-à-dire du bonheur définitif de l'homme en union avec Dieu; cela signifie, pour les sauvés, que dans la perspective eschatologique, la souffrance est totalement effacée.
 

 


Assim, mesmo que a morte não seja sofrimento no sentido temporal da palavra, mesmo que, de certo modo, esteja para além de todo o sofrimento, o mal que os seres humanos experimentam nela tem um caráter definitivo e abrangente. Através da sua obra salvífica, o Filho Unigênito liberta o homem do pecado e da morte. Ele começa por apagar da história da humanidade o domínio do pecado, que se enraizou sob a influência do Espírito do mal desde o pecado original, e então dá à humanidade a possibilidade de viver na Graça santificadora. Na sequência da vitória sobre o pecado, Ele também remove o poder da morte, abrindo a porta, por meio de sua Ressurreição, para a futura ressurreição do corpo. Ambas são condições essenciais para a "vida eterna", isto é, para a felicidade suprema da humanidade em união com Deus; isso significa, para os salvos, que, de uma perspectiva escatológica, o sofrimento é completamente eliminado.

 
       
 


En conséquence de l'oeuvre salvifique du Christ, l'homme, au long de son existence sur terre, a l'espérance de la vie et de la sainteté éternelles. Et même si la victoire sur le péché et sur la mort, remportée par le Christ grâce à sa Croix et à sa Résurrection, ne supprime pas les souffrances temporelles de la vie humaine, et ne libère pas de la souffrance l'existence humaine dans la totalité de sa dimension historique, elle jette cependant une lumière nouvelle — la lumière du salut — sur toute cette dimension historique et sur toute souffrance. Et cette lumière est celle de l'Evangile, c'est-à-dire de la Bonne Nouvelle. Au centre de cette lumière se trouve la vérité énoncée lors de l'entretien avec Nicodème: « Dieu, en effet, a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique »(31).
 

 


Como consequência da obra salvadora de Cristo, a humanidade, ao longo de sua existência na terra, tem a esperança da vida eterna e da santidade. E mesmo que a vitória sobre o pecado e a morte, conquistada por Cristo por meio de sua Cruz e Ressurreição, não elimine os sofrimentos temporais da vida humana, nem liberte a existência humana do sofrimento em sua totalidade ou dimensão histórica, ela lança, no entanto, uma nova luz — a luz da salvação — sobre toda essa dimensão histórica e sobre todo o sofrimento. E essa luz é a do Evangelho, isto é, a Boa Nova. No âmago dessa luz reside a verdade expressa na conversa com Nicodemos: “Porque Deus amou o mundo de tal maneira que deu o seu Filho unigênito” (31).

 
       
 


Cettevérité bouleverse jusqu'en ses fondements le cadre de l'histoire de l'homme et de sa situation terrestre: malgré le péché qui s'est enraciné dans cette histoire, et comme héritage originel et comme « péché du monde » et comme somme des péchés personnels, Dieu le Père a aimé son Fils unique, c'est-à-dire qu'il l'aime toujours; puis dans le temps, en raison précisément de cet amour qui surpasse tout, il « donne » ce Fils afin qu'il atteigne les racines mêmes du mal humain et qu'ainsi, porteur du salut, il se rende proche du monde de la souffrance tout entier auquel l'homme participe.
 

 


Essa verdade abala os próprios alicerces da estrutura da história humana e de sua condição terrena: apesar do pecado que se enraizou nessa história, tanto como herança original quanto como “pecado do mundo” e como soma dos pecados pessoais, Deus Pai amou seu Filho unigênito, isto é, ainda o ama; Então, com o tempo, precisamente por causa desse amor que supera tudo, ele "dá" esse Filho para que ele alcance as raízes do mal humano e, assim, como portador da salvação, se aproxime de todo o mundo de sofrimento do qual a humanidade participa.

 
       
 


16. Dans son activité messianique au sein d'Israël, le Christ s'est sans cesse fait proche du monde de la souffrance humaine. « Il est passé en faisant le bien »(32), et son action le portait en premier lieu vers ceux qui souffraient et ceux qui attendaient de l'aide. Il guérissait les malades, consolait les affligés, donnait à manger aux affamés, délivrait les hommes de la surdité, de la cécité, de la lèpre, du démon, de divers handicaps physiques, trois fois il a rendu la vie à un mort. Il était sensible à toute souffrance humaine, tant du corps que de l'âme. En même temps, il enseignait; et au centre de son enseignement se trouvent les huit béatitudes, qui sont adressées aux hommes éprouvés par différentes souffrances dans la vie temporelle. Ce sont ceux qui ont « une âme de pauvre » et « les affligés », « les affamés et assoiffés de la justice » et « les persécutés pour la justice », ceux que l'on insulte, que l'on persécute, contre lesquels on dit faussement toute sorte de mal à cause du Christ(33)... Ceci selon saint Matthieu; Luc mentionne encore explicitement ceux qui ont « faim maintenant »(34)st.
 

 


16. Em sua atividade messiânica em Israel, Cristo constantemente se aproximava do mundo do sofrimento humano. “Ele andava por toda parte fazendo o bem” (32), e suas ações o conduziam, antes de tudo, àqueles que sofriam e àqueles que aguardavam ajuda. Curava os enfermos, consolava os aflitos, alimentava os famintos, libertava pessoas da surdez, cegueira, lepra, possessão demoníaca e diversas enfermidades físicas; três vezes ressuscitou um morto. Era sensível a todo o sofrimento humano, tanto do corpo quanto da alma. Ao mesmo tempo, ensinava; e no cerne de seus ensinamentos estão as oito Bem-aventuranças, dirigidas àqueles afligidos por diversos sofrimentos na vida terrena. São aqueles que têm “uma alma pobre” e “os aflitos”, “os que têm fome e sede de justiça” e “os que são perseguidos por causa da justiça”, aqueles que são insultados, perseguidos, contra os quais todo tipo de mal é falsamente dito por causa de Cristo (33)... Isso é segundo São Mateus; Lucas também menciona explicitamente aqueles que estão “com fome agora”(34).

 
       
 


De toute façon, le Christ s'est fait proche du monde de la souffrance humaine surtout en prenant sur lui-même cette souffrance. Durant son activité publique, non seulement il a éprouvé la fatigue, l'absence de maison, l'incompréhension, même de ses plus proches, mais, par-dessus tout, il a été de plus en plus hermétiquement enfermé dans un cercle d'hostilité, et les préparatifs pour le faire disparaître du monde des vivants sont devenus de plus en plus manifestes. Le Christ en est conscient et bien souvent il parle à ses disciples des souffrances et de la mort qui l'attendent: « Voici que nous montons à Jérusalem, et le Fils de l'homme sera livré aux grands prêtres et aux scribes; ils le condamneront à mort et le livreront aux païens, ils le bafoueront, cracheront sur lui, le flagelleront et le tueront, et après trois jours il ressuscitera »(35).
 

 


Em todo caso, Cristo aproximou-se do mundo do sofrimento humano, sobretudo ao assumir esse sofrimento sobre si. Durante seu ministério público, ele não apenas experimentou fadiga, desamparo e incompreensão, até mesmo por parte daqueles mais próximos a ele, mas, acima de tudo, viu-se cada vez mais cercado por um círculo de hostilidade, e os preparativos para fazê-lo desaparecer do mundo dos vivos tornaram-se cada vez mais evidentes. Cristo estava ciente disso e frequentemente falava aos seus discípulos sobre o sofrimento e a morte que o aguardavam: “Estamos subindo para Jerusalém, e o Filho do Homem será entregue aos principais sacerdotes e aos mestres da lei. Eles o condenarão à morte e o entregarão aos gentios. Ali, zombarão dele, cuspirão nele, açoitarão-no e o matarão. Depois de três dias, ele ressuscitará” (35).
 

 
       
 


Le Christ va audevant de sa passion et de sa mort en pleine conscience de la mission qu'il doit accomplir précisément de cette manière. C'est précisément par cette souffrance qu'il doit faire en sorte « que l'homme ne périsse pas mais ait la vie éternelle ». C'est précisément par sa Croix qu'il doit atteindre les racines du mal enfoncées dans l'histoire de l'homme et dans l'âme humaine. C'est précisément par sa Croix qu'il doit accomplir l'oeuvre du salut . Cette oeuvre, dans le dessein de l'Amour éternel, a un caractère rédempteur.
 

 


Cristo enfrenta sua paixão e morte plenamente consciente da missão que deve cumprir, precisamente dessa maneira. É precisamente por meio desse sofrimento que ele deve garantir “que o homem não pereça, mas tenha a vida eterna”. É precisamente através da sua Cruz que Ele deve alcançar as raízes do mal enraizadas na história da humanidade e na alma humana. É precisamente através da sua Cruz que Ele deve realizar a obra da salvação. Esta obra, no plano do Amor eterno, tem um caráter redentor.

 
       
 


Et c'est pourquoi il reprend sévèrement Pierre lorsque celui-ci veut lui faire abandonner ses pensées sur la souffrance et sur la mort en croix(36). Et quand le même Pierre, au moment de l'arrestation à Gethsémani, tente de le défendre par l'épée, le Christ lui dit: « Rentre ton épée... Comment alors s'accompliraient les Ecritures d'après lesquelles il doit en être ainsi? »(37). Et il dit aussi: « La coupe que m'a donnée le Père, ne la boirai-je pas? »(38). Cette réponse — comme d'autres qui reviennent en divers points de l'Evangile—montre combien le Christ était profondément pénétré de la pensée qu'il avait déjà exprimée lors de son entretien avec Nicodème: « Dieu, en effet, a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique pour que tout homme qui croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle »(39). Le Christ s'achemine vers sa propre souffrance, conscient de sa force salvifique; il va, obéissant à son Père, mais surtout il est uni à son Père dans l'amour meme dont le Père a aimé le monde et l'homme dans le monde. Et c'est pourquoi saint Paul écrira du Christ: il « m'a aimé et s'est livré pour moi »(40).
 

 


E é por isso que ele repreende severamente Pedro quando este tenta dissuadi-lo de seus pensamentos sobre o sofrimento e a morte na cruz (36). E quando o mesmo Pedro, no momento da prisão no Getsêmani, tenta defendê-lo com a espada, Cristo lhe diz: “Guarda a tua espada... Como então se cumpririam as Escrituras, segundo as quais deve ser assim?” (37). E ele também diz: “Não beberei eu o cálice que o Pai me deu?” (38). Esta resposta — como outras que se repetem em vários pontos do Evangelho — mostra quão profundamente Cristo estava imbuído do pensamento que já havia expressado durante sua conversa com Nicodemos: “Porque Deus amou o mundo de tal maneira que deu o seu Filho unigênito, para que todo aquele que nele crê não pereça, mas tenha a vida eterna” (39). Cristo caminha em direção ao seu próprio sofrimento, consciente de seu poder salvador; caminha, obediente ao Pai, mas acima de tudo está unido ao Pai no próprio amor com que o Pai amou o mundo e o homem no mundo. E é por isso que São Paulo escreverá sobre Cristo: ele “me amou e se entregou por mim” (40).

 
       
 


17. Les Ecritures devaient s'accomplir. Nombreux  étaient les textes messianiques de l'Ancien Testament qui annonçaient les souffrances du futur Oint de Dieu. L'un d'entre eux est particulièrement touchant, celui que l'on appelle habituellement le quatrième chant du Serviteur de Yahvé, contenu dans le Livre d'Isaie. Le prophète, appelé à juste titre « le cinquième évangéliste », présente dans ce chant l'image des souffrances du Serviteur avec un réalisme aigu, comme s'il les voyait de ses propres yeux, les yeux du corps et ceux de l'esprit. A la lumière des versets d'Isaïe, la passion du Christ devient presque plus expressive et émouvante encore que dans les descriptions des évangélistes eux-mêmes. Voici comment se présente devant nous le vrai Homme de douleur:
 

 


17. As Escrituras tinham que se cumprir. Muitos dos textos messiânicos do Antigo Testamento predisseram os sofrimentos do futuro Ungido de Deus. Um deles é particularmente comovente, aquele geralmente chamado de
quarto Cântico do Servo de Javé, contido no Livro de Isaías. O profeta, corretamente chamado de “o quinto evangelista”, apresenta neste cântico a imagem dos sofrimentos do Servo com um realismo impressionante, como se os estivesse vendo com seus próprios olhos, tanto físicos quanto espirituais. À luz dos versículos de Isaías, a Paixão de Cristo torna-se quase mais expressiva e comovente do que nas próprias descrições dos evangelistas. É assim que o verdadeiro Homem de Dores aparece diante de nós:

 
       
 
« Il n'avait ni beauté ni éclat pour attirer nos regards...
Objet de mépris, abandonné des hommes,
homme de douleur, familier de la souffrance,
comme quelqu'un devant qui on se voile la face,
méprisé, nous n'en faisions aucun cas.
Or ce sont nos souffrances qu'il portait
et nos douleurs dont il était chargé.
Et nous, nous le considérions comme puni,
frappé par Dieu et humilié.
Mais lui, il a été transpercé à cause de nos crimes,
écrasé à cause de nos fautes.
Le châtiment qui nous rend la paix est sur lui,
et dans ses blessures nous trouvons la guérison.
Tous, comme des moutons, nous étions errants,
chacun suivant son propre chemin,
et le Seigneur a fait retomber sur lui
nos fautes à tous »(41).
 
 
“Ele não tinha beleza nem majestade que nos atraísse… Era desprezado e rejeitado pelos homens,
homem de sofrimento e familiarizado com a dor.
Como alguém de quem as pessoas escondem o rosto,
era desprezado, e nós o tínhamos em baixa estima.
Certamente ele tomou sobre si as nossas dores e carregou os nossos sofrimentos,
e nós o consideramos castigado por Deus,
atingido por ele e afligido.
Mas ele foi traspassado por causa das nossas transgressões, foi esmagado por causa das nossas iniquidades.
O castigo que nos trouxe paz estava sobre ele,
e pelas suas feridas fomos curados.
Todos nós, como ovelhas, nos desviamos,
cada um de nós se voltou para o seu próprio caminho,
e o Senhor fez cair sobre ele
as iniquidades de todos nós” (41).
 
       
 


Le chant du Serviteur souffrant contient une description dans laquelle on peut, en un sens, identifier les étapes de la passion du Christ dans tous leurs détails: l'arrestation, l'humiliation, les soufflets, les crachats, le mépris de la dignité même du prisonnier, le jugement inique, puis la flagellation, le couronnement d'épines et la dérision, le chemin de croix, la crucifixion, l'agonie. Ce qui nous touche dans les paroles du prophète, plus encore que cette description de la passion, c'est la profondeur du sacrifice du Christ. Bien qu'innocent, voici qu'il se charge des souffrances de tous les hommes parce qu'il se charge des péchés de tous. « Le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à tous »: tout le péché de l'homme dans son étendue et sa profondeur devient la véritable cause de la souffrance du Rédempteur.
 

 


O Cântico do Servo Sofredor contém uma descrição na qual podemos, em certo sentido, identificar as etapas da Paixão de Cristo em todos os seus detalhes: a prisão, a humilhação, os açoites, os cuspes, o desprezo pela própria dignidade do prisioneiro, o julgamento injusto, depois a flagelação, a coroação de espinhos e o escárnio, o Caminho da Cruz, a crucificação, a agonia. O que nos comove nas palavras do profeta, ainda mais do que essa descrição da Paixão, é a profundidade do sacrifício de Cristo. Embora inocente, Ele assume sobre si os sofrimentos de toda a humanidade porque assume sobre si os pecados de todos. "O Senhor fez cair sobre si a iniquidade de todos nós": todo o pecado da humanidade, em sua amplitude e profundidade, torna-se a verdadeira causa do sofrimento do Redentor.

 
       
 


Si la souffrance se « mesure » en fonction du mal enduré, les paroles du prophète nous permettent de comprendre la mesure du mal et de la souffrance dont le Christ s'est chargé. On peut dire que c'est une souffrance de « substitution »; mais elle est surtout une souffrance de « rédemption ». L'Homme de douleur de cette prophétie est vraiment « l'agneau de Dieu qui enlève le péché du monde »(42). Dans sa souffrance, les péchés sont effacés précisément parce que lui seul, comme Fils unique, a pu les prendre sur lui, les assumer avec un amour envers le Père qui surpasse le mal de tout péché; en un certain sens, il anéantit ce mal dans l'espace spirituel des rapports entre Dieu et l'humanité, et il remplit cet espace avec le bien.
 

 


Se o sofrimento é "medido" de acordo com o mal suportado, as palavras do profeta nos permitem compreender a dimensão do mal e do sofrimento que Cristo assumiu. Pode-se dizer que é um sofrimento de “substituição”; mas, acima de tudo, é um sofrimento de “redenção”. O Homem das Dores, nesta profecia, é verdadeiramente “o Cordeiro de Deus que tira o pecado do mundo” (42). Em seu sofrimento, os pecados são apagados precisamente porque somente ele, como Filho unigênito, foi capaz de tomá-los sobre si, de assumi-los com um amor pelo Pai que supera o mal de todo pecado; em certo sentido, ele aniquila esse mal no espaço espiritual da relação entre Deus e a humanidade, e preenche esse espaço com o bem.
 

 
       
 


Nous touchons ici la dualité de nature d'un unique sujet personnel de la souffrance rédemptrice. Celui qui, par sa passion et sa mort sur la Croix, opère la Rédemption est le Fils unique que Dieu « a donné ». Et en même temps, ce Fils de même nature que le Père souffre en tant qu'homme. Sa souffrance a des dimensions humaines, elle a aussi — à un degré unique dans l'histoire de l'humanité — une profondeur et une intensité qui, bien qu'humaines, peuvent être également une profondeur et une intensité incomparables de souffrance du fait que l'Homme qui souffre est en personne le Fils unique: « Dieu de Dieu ». Lui seul par conséquent — lui, le Fils unique — est capable d'étreindre l'étendue du mal contenu dans le péché de l'homme: dans tout péché et dans le péché «total », selon les dimensions de l'existence historique de l'humanité sur la terre.
 

 


Aqui nos deparamos com a natureza dual do sujeito pessoal único do sofrimento redentor. Aquele que, por meio de sua paixão e morte na Cruz, efetua a Redenção é o Filho unigênito que Deus "deu". E, ao mesmo tempo, este Filho, da mesma natureza do Pai, sofre como homem. Seu sofrimento tem dimensões humanas; tem também — em um grau único na história da humanidade — uma profundidade e intensidade que, embora humanas, podem ser também uma profundidade e intensidade de sofrimento incomparáveis, porque o Homem que sofre é, em pessoa, o Filho unigênito: "Deus de Deus". Somente Ele, portanto — Ele, o Filho unigênito — é capaz de abarcar toda a extensão do mal contido no pecado humano: em todo pecado e no pecado "total", segundo as dimensões da existência histórica da humanidade na Terra.

 
       
 


18. On peut dire qu'à présent les considérations ci-dessus nous mènent directement à Gethsémani et sur le Golgotha, où s'est réalisé le chant du Serviteur souffrant contenu dans le Livre d'Isaïe. Mais avant d'y aller, lisons les versets suivants du chant, qui donnent une anticipation prophétique de la passion de Gethsémani et du Golgotha. Le Serviteur souffrant — et cela est à son tour essentiel pour une analyse de la passion du Christ — se charge d'une manière totalement volontaire des souffrances dont on a parlé:
 

 
18. Poderíamos dizer que as considerações acima nos levam diretamente ao Getsêmani e ao Gólgota, onde se cumpriu o cântico do Servo Sofredor contido no Livro de Isaías. Mas antes de prosseguirmos, leiamos os seguintes versículos do cântico, que antecipam profeticamente a paixão do Getsêmani e do Gólgota. O Servo Sofredor — e isso é essencial para a análise da Paixão de Cristo — assume voluntariamente os sofrimentos mencionados:

 
 
       
 
« Maltraité, il s'humiliait,
il n'ouvrait pas la bouche,
comme l'agneau qui se laisse mener à l'abattoir,
comme devant les tondeurs une brebis muette,
il n'ouvrait pas la bouche.
Par contrainte et jugement il a été saisi.
Parmi ses contemporains, qui s'est inquiété
qu'il ait été retranché de la terre des vivants,
qu'il ait été frappé pour le crime de son peuple?
On lui a donné un sépulcre avec les impies
et sa tombe est avec le riche,
bien qu'il n'ait pas commis de violence
et qu'il n'y ait pas eu de tromperie dans sa bouche »(43)
 
 
“Ele foi oprimido e afligido,
mas não abriu a sua boca;
como um cordeiro levado ao matadouro,
e como a ovelha muda perante os seus tosquiadores,
ele não abriu a sua boca.
Pela opressão e pelo juízo foi preso.”
Entre os seus contemporâneos, quem se importava
com o fato de ele ter sido cortado da terra dos viventes,
com o fato de ter sido fulminado pelo pecado do seu povo?
Deram-lhe uma sepultura com os ímpios
e o seu túmulo está com os ricos,
embora não tenha cometido violência
e não se tenha achado engano na sua boca”(43)or.or.
 
       
 


Le Christ souffre volontairement et c'est innocent qu'il souffre. Il accueille par sa souffrance la question — posée nombre de fois par les hommes — qui a été exprimée en un sens d'une manière radicale par le Livre de Job. Toutefois, non seulement le Christ porte en lui l'interrogation elle-même (et cela d'une façon encore plus radicale puisque, s'il est homme comme Job, il est aussi le Fils unique de Dieu), mais il apporte également la plus complète des réponses possibles à cette question. La réponse vient, peut-on dire, de la matière même dont est faite la demande. La réponse à l'interrogation sur la souffrance et sur le sens de la souffrance, le Christ la donne non seulement par son enseignement, c'est-à-dire par la Bonne Nouvelle, mais avant tout par sa propre souffrance qui est complétée d'une manière organique et indissoluble par cet enseignement de la Bonne Nouvelle. Et c'est là le mot ultime, la synthèse, de cet enseignement: «le langage de la Croix », comme le dira un jour saint Paul(44).
 

 


Cristo sofre voluntariamente, e é inocentemente que Ele sofre. Através do seu sofrimento, Ele abraça a questão — muitas vezes colocada pela humanidade — que foi expressa de forma radical no Livro de Jó. Contudo, Cristo não só carrega em si a própria questão (e isto de uma forma ainda mais radical, visto que, embora seja humano como Jó, é também o Filho unigênito de Deus), como também oferece a resposta mais completa possível a essa questão. A resposta, poderíamos dizer, provém da própria essência da questão. Cristo dá a resposta à questão sobre o sofrimento e o significado do sofrimento não só através do seu ensinamento, isto é, através da Boa Nova, mas sobretudo através do seu próprio sofrimento, que é orgânica e indissoluvelmente completado por este ensinamento da Boa Nova. E esta é a palavra final, a síntese, deste ensinamento: “a linguagem da Cruz”, como diria São Paulo um dia (44).

 

 
       
 


Ce « langage de la Croix » charge d'une réalité définitive l'image de la prophétie antique. Bien des textes, bien des discours, dans l'enseignement public du Christ, témoignent que celui-ci accepte d'emblée cette souffrance, qui est la volonté du Père pour le salut du monde. Mais ici, le point décisif est la prière à Gethsémani. « Mon Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de moi! Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux »(45), et un peu plus loin: « Mon Père, si cette coupe ne peut passer sans que je la boive, que ta volonté soit faite! » (46): ces paroles sont expressives à plus d'un titre. Elles prouvent la vérité de l'amour que le Fils unique donne à son Père par son obéissance. En même temps, elles attestent la vérité de sa souffrance. Les paroles de la prière du Christ à Gethsémani prouvent la vérité de l'amour par la vérité de la souffrance. Les paroles du Christ confirment en toute simplicité cette vérité humaine de la souffrance, jusqu'au fond: la souffrance, c'est subir le mal, devant lequel l'homme frémit. Il dit: « Qu'elle passe loin de moi! », précisément comme le Christ l'a dit à Gethsémani.

 


Essa “linguagem da Cruz” imbuí a imagem da antiga profecia de realidade definitiva. Muitos textos e discursos do ensinamento público de Cristo testemunham que ele aceita prontamente esse sofrimento, que é a vontade do Pai para a salvação do mundo. Mas aqui, o ponto decisivo é a oração no Getsêmani. “Meu Pai, se for possível, afasta de mim este cálice; contudo, não seja feita a minha vontade, mas a tua” (45), e um pouco mais adiante: “Meu Pai, se este cálice não puder ser afastado de mim sem que eu o beba, faça-se a tua vontade” (46): essas palavras são expressivas em mais de um sentido. Elas comprovam a verdade do amor que o Filho Unigênito demonstra ao Pai por meio de sua obediência. Ao mesmo tempo, atestam a verdade de seu sofrimento. As palavras da oração de Cristo no Getsêmani comprovam a verdade do amor por meio da verdade do sofrimento. As palavras de Cristo simplesmente confirmam esta verdade humana fundamental do sofrimento: sofrer é suportar o mal, diante do qual a humanidade treme. Ele diz: "Passe isso de mim!" — exatamente como Cristo disse no Getsêmani.

 

 
       
 


Ses paroles attestent en même temps la profondeur et l'intensité uniques et incomparables de la souffrance que seul l'Homme qui est le Fils unique a pu expérimenter; elles attestent cette profondeur et cette intensité que les termes prophétiques cités ci-dessus aident, à leur manière, à comprendre: pas à fond, certes (il faudrait pour cela pénétrer le mystère divin et humain de celui qui en est le sujet), mais au moins à comprendre la différence (et en même temps la ressemblance) qui se vérifie entre toute souffrance possible de l'homme et celle du Dieu-Homme. Gethsémani est le lieu où précisément cette souffrance, dans toute la vérité exprimée par le prophète sur le mal qu'elle fait ressentir, s'est révélée quasi définitivement à l'âme du Christ.
 

 


Suas palavras atestam simultaneamente a profundidade e a intensidade únicas e incomparáveis ​​do sofrimento que somente o Homem, Filho Unigênito, poderia experimentar; atestam essa profundidade e intensidade que os termos proféticos citados acima nos ajudam, à sua maneira, a compreender: não plenamente, certamente (pois isso exigiria penetrar o mistério divino e humano daquele que é o seu sujeito), mas ao menos a compreender a diferença (e ao mesmo tempo a semelhança) que é evidente entre todo o sofrimento humano possível e o do Deus-Homem. Getsêmani é o lugar onde precisamente esse sofrimento, em toda a verdade expressa pelo profeta sobre o mal que ele causa, foi revelado quase definitivamente à alma de Cristo.
 

 

 

 

       
 


Après les paroles de Gethsémani viennent les paroles prononcées sur le Golgotha: elles témoignent de la profondeur — unique dans l'histoire du monde — du mal que représente l'épreuve de la souffrance. Lorsque le Christ dit « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné? », ses paroles ne sont pas seulement l'expression de l'abandon qui s'exprimait souvent dans l'Ancien Testament, spécialement dans les Psaumes, et en particulier dans ce Psaume 22 [21] d'où vient la phrase citée(47). On péut dire que ces paroles d'abandon naissent au plan de l'union indissoluble du Fils à son Père, et qu'elles naissent parce que le Père « a fait retomber sur lui nos fautes à tous »(48), dans la ligne de ce que dira saint Paul: « Celui qui n'avait pas connu le péché, Dieu l'a pour
nous identifié au péché »(49). En même temps que ce poids horrible, mesurant «tout » le mal — contenu dans le péché — qui consiste à tourner le dos à Dieu, le Christ, par la profondeur divine de l'union filiale à son Père, perçoit d'une façon humainement inexprimable la souffrance qu'est la séparation, le rejet du Père, la
rupture avec Dieu. Mais c'est justement par cette souffrance qu'il opère la Rédemption et qu'il peut dire en expirant: « Tout est accompli »(50)
 

 


Após as palavras do Getsêmani, vêm as palavras proferidas no Gólgota: elas testemunham a profundidade — única na história do mundo — do mal representado pela provação do sofrimento. Quando Cristo diz: “Meu Deus, meu Deus, por que me abandonaste?”, suas palavras não são meramente uma expressão do abandono frequentemente encontrado no Antigo Testamento, especialmente nos Salmos, e particularmente no Salmo 22 [21], de onde provém a frase citada (47). Pode-se dizer que essas palavras de abandono brotam da união indissolúvel do Filho com o Pai, e que brotam porque o Pai “fez cair sobre ele as iniquidades de todos nós” (48), em consonância com o que São Paulo dirá: “Aquele que não tinha pecado, Deus o fez pecado por nós” (49). Ao mesmo tempo que pesa este peso horrível, que mede “todo” o mal — contido no pecado — que consiste em dar as costas a Deus, Cristo, através da profundidade divina da união filial com o Pai, percebe de um modo humanamente inexprimível o sofrimento que é a separação, a rejeição do Pai, a ruptura com Deus. Mas é precisamente através deste sofrimento que Ele realiza a Redenção e que pode dizer, ao expirar: “Está consumado”. (50)

 
       
 


On peut dire aussi que l'Ecriture s'est accomplie, que se sont définitivement réalisées les paroles du chant du Serviteur souffrant: « Le Seigneur a voulu l'écraser par la souffrance »(51). La souffrance humaine a atteint son sommet dans la passion du Christ. Et, simultanément, elle a revêtu une dimensioncomplètement nouvelle et est entrée dans un ordre nouveau: elle a été liée à l'amour, à l'amour dont le Christ parlait à Nicodème, à l'amour qui crée le bien, en le tirant même du mal, en le tirant au moyen de la souffrance, de même que le bien suprême de la Rédemption du monde a été tiré de la Croix du Christ ettrouve continuellement en elle son point de départ. La Croix du Christ est devenue une source d'où coulent des fleuves d'eau vive(52). C'est en elle aussi que nous devons reposer la question du sens de la souffrance et trouver jusqu'au bout la réponse à cette question.
 

 


Podemos também dizer que as Escrituras se cumpriram, que as palavras do cântico do Servo Sofredor se realizaram definitivamente: “O Senhor quis esmagá-lo com sofrimento” (51). O sofrimento humano atingiu o seu ápice na Paixão de Cristo. E, simultaneamente, assumiu uma dimensão completamente nova e entrou numa nova ordem: ligou-se ao amor, ao amor de que Cristo falou a Nicodemos, ao amor que cria o bem, extraindo-o até do mal, extraindo-o através do sofrimento, tal como o bem supremo da Redenção do mundo foi extraído da Cruz de Cristo e nela encontra continuamente o seu ponto de partida. A Cruz de Cristo tornou-se uma fonte da qual jorram rios de água viva (52). É nela, também, que devemos revisitar a questão do significado do sofrimento e encontrar a resposta a esta questão até ao seu fim.

 

 
       
 


VI

L'EVANGILE DE LA SOUFFRANCE

 

 


VI

O EVANGELHO DO SOFRIMENTO

 

 
 


25. Les témoins de la Croix et de la Résurrection du Christ ont transmis à l'Eglise et à l'humanité un Evangile spécifique de la souffrance. Le Rédempteur lui-même a écrit cet Evangile avant tout par sa propre souffrance assumée par amour, afin que l'homme « ne périsse pas mais ait la vie éternelle »(80). Sa souffrance, avec la parole vivante de son enseignement, est devenue une source abondante pour tous les hommes qui ont pris part aux souffrances de Jésus dans la première génération de ceux qui ont été ses disciples et qui ont proclamé leur foi en lui, puis dans les générations qui se sont succédé au cours des siècles. Il est réconfortant tout d'abord — et cela correspond à la vérité évangélique et historique — de noter qu'auprès du Christ, à la toute première place à côté de lui et bien en évidence, se trouve toujours sa très sainte Mère, car par toute sa vie elle rend un témoignage exemplaire à cet Evangile particulier de la souffrance.
 

 


25. As testemunhas da Cruz e da Ressurreição de Cristo transmitiram à Igreja e à humanidade um Evangelho específico do sofrimento. O próprio Redentor escreveu este Evangelho; em primeiro lugar, com o seu sofrimento assumido por amor, a fim de que o homem « não pereça, mas tenha a vida eterna ».(80) Este sofrimento, juntamente com a palavra viva do seu ensino, tornou-se uma fonte abundante para aqueles que participaram nos sofrimentos de Jesus na primeira geração dos seus discípulos e confessores. E é consolador — como é também evangélica e historicamente exacto — notar que ao lado de Cristo, em primeiríssimo lugar e bem em evidência junto dele, se encontra sempre a sua Mãe santíssima, porque com toda a sua vida ela dá um testemunho exemplar deste particular Evangelho do sofrimento.
 

 
     
 


En Marie, les souffrances, nombreuses et intenses, s'enchaînaient avec une telle cohérence et une telle interdépendance qu'elles témoignaient clairement de sa foi inébranlable et contribuaient, de surcroît, à la Rédemption de tous. En réalité, lors de son mystérieux échange avec l'ange, elle entrevit dans sa mission de mère la destinée de partager, d'une manière unique et irrépétible, la même mission que son Fils. Elle en reçut rapidement la confirmation, tant dans les événements qui accompagnèrent la naissance de Jésus à Bethléem que dans l'annonce explicite du vieux Siméon, qui lui parla d'une épée acérée qui transpercerait son âme, et encore dans l'angoisse et les privations de la fuite précipitée en Égypte, motivée par la décision cruelle d'Hérode.

 


Em Maria, os sofrimentos, numerosos e intensos, sucederam-se com tal conexão e encadeamento, que bem demonstram a sua fé inabalável; e foram, além disso, uma contribuição para a Redenção de todos. Na realidade, desde o colóquio misterioso que teve com o anjo, Ela entrevê na sua missão de mãe a
«destinação» de compartilhar, de maneira única e irrepetível, a mesma missão do seu Filho. E teve bem depressa a confirmação disso, quer nos acontecimentos que acompanharam o nascimento de Jesus em Belém, quer no anúncio explícito de velho Simeão, que lhe falou de uma espada bem afiada que haveria de trespassar-lhe a alma, quer, ainda, na ansiedade e nas privações da fuga precipitada para o Egito, motivada pela decisão cruel de Herodes
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De plus, après les vicissitudes de la vie cachée et publique de son Fils, qu'elle a certainement partagées avec une profonde sensibilité... une sensibilité aiguë;  c'est sur le Calvaire que la souffrance de Marie, unie à celle de Jésus, atteignit un point culminant d'une sublimité à peine imaginable pour l'entendement humain ; mais, mystérieuse, assurément d'une fécondité surnaturelle pour le salut universel. Son ascension au Calvaire et sa présence au pied de la Croix avec le disciple bien-aimé furent une participation toute particulière à la mort rédemptrice de son Fils, de même que les paroles qu'elle entendit de la bouche de Jésus furent comme la proclamation solennelle de cet Évangile particulier, destiné à être annoncé à toute la communauté des fidèles.

 

Além disso, após as vicissitudes da vida oculta e pública de seu Filho, que ela sem dúvida compartilhou com profunda sensibilidade — uma sensibilidade aguçada —, foi no Calvário que o sofrimento de Maria, unido ao de Jesus, atingiu um ponto culminante de sublimidade dificilmente imaginável à compreensão humana; contudo, misterioso, foi certamente de uma fecundidade sobrenatural para a salvação universal. Sua ascensão ao Calvário e sua presença aos pés da Cruz com o discípulo amado foram uma participação muito particular na morte redentora de seu Filho, assim como as palavras que ela ouviu dos lábios de Jesus foram como a proclamação solene deste Evangelho particular, destinado a ser proclamado a toda a comunidade dos fiéis.

 
     
 

Témoin de la passion de son Fils par sa présence, y participant par sa compassion, Marie la Très Sainte a apporté une contribution singulière à l'Evangile de la souffrance, et elle a réalisé avant l'heure ce qu'affirmait Saint Paul dans les paroles citées au début de ces pages. Oui, vraiment, à des titres tout à fait spéciaux, elle peut affirmer qu'elle « complète en sa chair — comme elle l'a déjà fait dans son coeur — ce qui manque aux épreuves du Christ ».

A la lumière de l'incomparable (inaccessible) exemple du Christ, qui se reflète avec une évidence singulière dans la vie de sa Mère, l'Evangile de la souffrance, à travers l'expérience et la parole des Apôtres, devient source inépuisable pour les générations toujours nouvelles qui se relaient au long de l'histoire de l'Eglise. L'Evangile de la souffrance, cela veut dire non seulement la présence de la souffrance dans l'Evangile comme l'un des thèmes de la Bonne Nouvelle, mais également la révélation de la force salvifique et du sens salvifique de la souffrance dans la mission messianique du Christ et, ensuite, dans la mission et la vocation de l'Eglise.

 

Testemunha da paixão pela sua presença, nela participante com a sua compaixão, Maria Santíssima ofereceu uma contribuição singular ao Evangelho do sofrimento, realizando antecipadamente aquilo que afirmaria São Paulo com as palavras citadas no início desta reflexão. Sim, Ela tem títulos especialíssimos para poder afirmar que « completa na sua carne — como igualmente no seu coração — aquilo que falta aos sofrimentos de Cristo ».


À luz do incomparável (inacessível) exemplo de Cristo que se reflecte com uma evidência singular na vida da sua Mãe, o Evangelho do sofrimento, através da experiência e da palavra dos Apóstolos, torna-se fonte inexaurível para as gerações sempre novas, que se sucedem na história da Igreja. O Evangelho do sofrimento significa não apenas a presença do sofrimento no Evangelho, como um dos temas da Boa Nova, mas também a revelação da força salvífica e do significado salvífico do sofrimento na missão messiânica de Cristo e, em seguida, na missão e na vocação da Igreja.

 

 
     
 

Le Christ n’a pas caché à ses auditeurs la nécessité de la souffrance. Au contraire, il leur a dit très clairement : « Si quelqu’un veut me suivre… qu’il se charge chaque jour de sa croix » (81) ; et il a fixé à ses disciples certaines exigences morales, dont l’accomplissement n’est possible que si chacun « renonce à lui-même » (82). Le chemin qui mène au royaume des cieux est « étroit et difficile » ; et le Christ l’oppose au chemin « large et spacieux » qui, lui, « mène à la perdition » (83). À plusieurs reprises, le Christ a également affirmé que ses disciples et confesseurs rencontreraient de nombreuses persécutions ; ce qui, comme on le sait, s’est produit non seulement aux premiers siècles de l’Église, sous l’Empire Romain, mais aussi à diverses autres époques et en divers lieux de la terre, jusqu’à nos jours.

 

Cristo não escondeu dos seus ouvintes a necessidade do sofrimento. Pelo contrário, disse-lhes muito claramente: “Se alguém quiser seguir-me… tome cada dia a sua cruz” (81); e estabeleceu certas exigências morais para os seus discípulos, cujo cumprimento só é possível se cada um “renunciar a si mesmo” (82). O caminho que conduz ao reino dos céus é “estreito e difícil”; e Cristo opõe-o ao caminho “amplo e espaçoso” que “conduz à perdição” (83). Em diversas ocasiões, Cristo afirmou também que os seus discípulos e confessores encontrariam muitas perseguições; o que, como sabemos, aconteceu não só nos primeiros séculos da Igreja, sob o Império Romano, mas também em vários outros tempos e em vários lugares da terra, até aos dias de hoje.

 
     
 

Voici quelques phrases du Christ à ce sujet: « On portera la main sur vous, on vous persécutera, on vous livrera aux synagogues et aux prisons, on vous traduira devant des rois et des gouverneurs à cause de mon nom, et cela aboutira pour vous au témoignage. Mettez-vous donc bien dans l'esprit que vous n'avez pas à préparer d'avance votre défense: car moi je vous donnerai un langage et une sagesse, à quoi nul de vos adversaires ne pourra résister ni contredire. Vous serez livrés (Vous serez trahis) même par vos père et mère, vos frères, vos proches et vos amis; on fera mourir plusieurs d'entre vous, et vous serez haïs de tous à cause de mon nom. Mais pas un cheveu de votre tête ne se perdra. C'est par votre constance que vous sauverez vos vies!...

(vos âmes!)»(84).

 

Eis algumas das palavras de Cristo sobre este assunto: “Eles lançarão mão de vocês, os perseguirão, os entregarão às sinagogas e às prisões e os levarão à presença de reis e governadores por causa do meu nome. Isso resultará em testemunho para vocês. Portanto, estejam preparados para não se preocuparem com a defesa, pois eu lhes darei palavras e sabedoria a que nenhum dos seus adversários poderá resistir ou contradizer. Vocês serão traídos (Vocês serão traídos) até por seu pai e sua mãe, seus irmãos, seus parentes e seus amigos. Alguns de vocês serão mortos e serão odiados por todos por causa do meu nome. Mas nenhum fio de cabelo da cabeça de vocês se perderá. Pela sua perseverança, vocês ganharão a vida!”

(vossas almas!) ». (84)

 
     
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