DU
SOUVERAIN PONTIFE JEAN-PAUL II AUX EVEQUES, AUX PRETRES, AUX FAMILLES RELIGIEUSES ET AUX FIDELES DE L'EGLISE CATHOLIQUE SUR LE SENS CHRETIEN DE LA SOUFFRANCE HUMAINE
Vénérables Frères
dans l'épiscopat, Chers Frères et Sœurs,
1. En expliquant la valeur salvifique de la souffrance, l'Apôtre Paul
écrit: « Je complète en ma chair ce qui manque aux épreuves du Christ
pour son Corps, qui est l'Eglise».(1). Ces paroles semblent se trouver
au terme du chemin qui parcourt longuement les détours de la souffrance
inscrite dans l'histoire de l'homme et éclairée par la Parole de Dieu.
Elles ont presque la valeur d'une découverte définitive qui s'accompagne
de la joie; aussi l'Apôtre écrit-il: « Je trouve ma joie dans les
souffrances que j'endure pour vous »(2). La joie vient de la découverte
du sens de la souffrance, et même si Paul de Tarse, qui écrit ces
paroles, y participe d'une manière très personnelle, cette découverte
vaut en même temps pour les autres. L'Apôtre fait part de sa propre
découverte et il s'en réjouit à cause de tous ceux qu'elle peut aider —
comme elle l'a aidé lui-même — à pénétrer le
sens salvifique de la souffrance.
1. Ao explicar o valor
salvífico do sofrimento, o Apóstolo Paulo escreve: «Completo na
minha carne o que falta aos sofrimentos de Cristo
pelo seu Corpo, que é a Igreja» (1).
Estas palavras parecem
encontrar-se no termo do longo caminho que se desenrola através do
sofrimento inserido na história do homem e iluminado pela Palavra de
Deus. Elas têm quase o mesmo valor de uma descoberta definitiva, que é
acompanhada pela alegria: « Alegro-me nos sofrimentos suportados por
vossa causa ». (2) Esta alegria provém da descoberta do sentido do
sofrimento; e muito embora Paulo de Tarso, que escreve estas palavras,
participe de um modo personalíssimo nessa descoberta, ela é válida ao
mesmo tempo para os outros. O Apóstolo comunica a sua própria descoberta
e alegra-se por todos aqueles a quem ela pode servir de ajuda — como o
ajudou a ele — para penetrar no sentido salvífico do sofrimento.
2. Le thème de la souffrance — précisément du point de vue de ce
sens salvifique — semble s'intégrer profondément dans le contexte de
l'Année de la Rédemption, le Jubilé extraordinaire de l'Eglise; et
cette circonstance même paraît inviter directement à y être plus
attentif durant cette période. Indépendamment de cela, c'est un
thème universel qui accompagne l'homme sous toutes les longitudes et
toutes les latitudes: en un sens, il est présent avec lui dans le
monde, et il exige donc d'être constamment repris. Même si Paul,
dans sa lettre aux Romains, a écrit que « toute la création jusqu'à
ce jour gémit en travail d'enfantement »(3), même si les souffrances
du monde animal sont connues de l'homme et lui sont proches, ce que
nous exprimons par le mot « souffrance » semble cependant
particulièrement essentiel à la nature de l'homme. Le sens en est
aussi profond que l'homme lui-même précisément parce qu'il manifeste
à sa manière la profondeur propre à l'homme, et à sa manière la
dépasse. La souffrance semble appartenir à la transcendance de
l'homme; c'est un des points sur lesquels l'homme est en un sens «
destiné » à se dépasser luimême, et il y est appelé d'une façon
mystérieuse.
2. O tema do sofrimento — precisamente sob este ponto de vista do
sentido salvífico — parece estar integrado profundamente no contexto do
Ano da Redenção, o Jubileu extraordinário da Igreja; e também esta
circunstância se apresenta de molde a favorecer diretamente uma maior
atenção a dispensar a tal tema exatamente durante este período. Mas,
prescindindo deste fato, tratasse de um tema universal, que acompanha o
homem em todos os quadrantes da longitude e da latitude terrestre; num
certo sentido, coexiste com ele no mundo; e por isso, exige ser
constantemente retomado. Ainda que São Paulo tenha escrito na Carta aos
Romanos que « toda a criação tem gemido e sofrido as
dores do parto, até ao presente», (3) e ainda que os sofrimentos do
mundo dos animais sejam bem conhecidos e estejam próximos ao homem,
aquilo que nós exprimimos com a palavra «sofrimento» parece entender
particularmente algo essencial à natureza humana. É algo tão profundo
como o homem, precisamente porque manifesta a seu modo aquela
profundidade que é própria do homem e, a seu modo, a supera. O
sofrimento parece pertencer à transcendência do homem; é um daqueles
pontos em que o homem está, em certo sentido, «destinado» a superar-se
a si mesmo; e é chamado de modo misterioso a fazê-lo.
3. Si le thème de la souffrance doit être abordé tout
particulièrement dans le contexte de l'Année de la Rédemption, cela
tient avant tout à ce que la Rédemption s'est accomplie par la Croix
du Christ, c'est-à-dire par sa souffrance. Et justement, au moment de l'Année de la Rédemption, nous repensons
à la vérité exprimée dans l'encyclique Redemptor hominis: dans le
Christ, « tout homme devient la route de l'Eglise »(4). On peut dire
que l'homme devient la route de l'Eglise particulièrement quand la
souffrance entre dans sa vie. Cela arrive, on le sait, à diverses
étapes de la vie, cela se produit de diverses manièrès et prend des
dimensions différentes; mais, que ce soit sous une forme ou sous une
autre, la souffrance semble être, et elle est, quasi inséparable de
l'existence terrestre de l'homme.
3. Se o tema do sofrimento deve ser abordado particularmente no
contexto do Ano da Redenção, é sobretudo porque a Redenção se
realizou pela Cruz de Cristo, isto é, pelo seu sofrimento.
E, de facto, no tempo do Ano da Redenção, refletimos sobre a verdade
expressa na encíclica Redemptor hominis: em Cristo, “cada pessoa se
torna o caminho da Igreja” (4). Podemos dizer que uma pessoa se
torna o caminho da Igreja sobretudo quando o sofrimento entra na sua
vida. Isto acontece, como sabemos, em várias fases da vida, de
várias maneiras e assume diferentes dimensões; mas, seja de uma
forma ou de outra, o sofrimento parece ser, e é, quase inseparável
da existência humana na terra.
La souffrance semble être, et elle est, quasi inséparable de
l'existence terrestre de l'homme.
Puisque donc, au cours de sa vie terrestre, l'homme marche d'une
façon ou de l'autre sur le chemin de la souffrance, l'Eglise devrait
en tout temps — et spécialement peut-être en l'Année de la
Rédemption — rencontrer l'homme précisément sur ce chemin. L'Eglise,
qui naît du mystère de la Rédemption dans la Croix du Christ, a le
devoir de rechercher la rencontre avec l'homme d'une façon
particulière sur le chemin de sa souffrance. C'est dans cette
rencontre que l'homme « devient la route de l'Eglise » et cette
route-là est l'une des plus importantes.
O sofrimento parece ser, e é, quase inseparável da existência humana
na terra.
Uma vez que, durante a sua vida terrena, o homem percorre, de uma
forma ou de outra, o caminho do sofrimento, a Igreja deve, em todos
os momentos – e talvez especialmente no Ano da Redenção –,
encontrar-se com o homem precisamente nesse caminho. A Igreja, que
nasce do mistério da Redenção na Cruz de Cristo, tem o dever de
buscar o encontro com o homem de modo particular no caminho do seu
sofrimento. É nesse encontro que o homem “se torna o caminho da
Igreja”, e esse caminho é um dos mais importantes.
4. De là découle aussi la présente réflexion, entreprise justement
en cette Année de la Rédemption: la réflexion sur la souffrance. La
souffrance humaine inspire la compassion, e lle inspire également le
respect et, à sa manière, elle intimide. Car elle porte en elle la
grandeur d'un mystère spécifique. Ce respect particulier pour toute
souffrance humaine doit être exprimé au début de tout ce qui va être
développé ici et qui provient du besoin le plus profond du coeur
comme aussi de l'impératif profond de la foi.
4. Daí também surge a presente reflexão, empreendida precisamente
neste Ano da Redenção: a reflexão sobre o sofrimento. O sofrimento
humano inspira compaixão, inspira também respeito e, à sua maneira,
intimida. Pois carrega em si a grandeza de um mistério específico.
Este respeito particular por todo o sofrimento humano deve ser
expresso desde o início de tudo o que aqui se desenvolverá, e que
nasce da mais profunda necessidade do coração, bem como do profundo
imperativo da fé.
Ces deux motifs semblent se rapprocher particulièrement l'un de
l'autre et s'unir autour de ce thème de la souffrance: le besoin
du cœur nous ordonne de vaincre la timidité, et l'impératif de
la foi — formulé par exemple dans les paroles de saint Paul
citées au début — indique les motivations au nom et en vertu
desquelles nous osons toucher ce qui semble si inaccessible en
chaque homme; car l'homme, dans sa souffrance, reste un mystère
inaccessible.
Estes
dois motivos parecem aproximar-se particularmente e unir-se em torno
deste tema do sofrimento: a necessidade do coração ordena-nos vencer
a timidez, e o imperativo da fé — formulado, por exemplo, nas
palavras de São Paulo citadas no início — indica as motivações em
nome das quais e em virtude das quais ousamos tocar o que parece tão
inacessível em cada pessoa; pois a humanidade, no seu sofrimento,
permanece um mistério inacessível.
II LE MONDE DE LA SOUFFRANCE HUMAINE
II
O MUNDO DO
SOFRIMENTO HUMANO
5. Même si dans sa dimension subjective, comme fait personnel enfoui
au plus intime de l'homme concret et unique, la souffrance semble
quasi inexprimable et incommunicable, il n'est peut-être rien qui ne
demande en même temps comme elle, dans sa « réalité objective »,
d'être traité, médité, conçu en donnant au problème une forme
explicite; il n'est donc rien qui ne demande autant que l'on pose à
son sujet des questions de fond et que l'on en cherche les réponses.
Il ne s'agit pas seulement ici, on le voit, de donner une
description de la souffrance. Il y a d'autres critères qui dépassent
le domaine de la description et que nous devons introduire si nous
voulons pénétrer le monde de la souffrance humaine.
5. Mesmo que, em sua dimensão subjetiva, como uma experiência
pessoal profundamente enraizada no indivíduo, concreta e única, o
sofrimento pareça quase inexprimível e incomunicável, talvez não
haja nada que, em sua "realidade objetiva", não exija
simultaneamente ser abordado, contemplado e concebido, dando ao
problema uma forma explícita; não há, portanto, nada que não exija
que se formulem questões fundamentais sobre ele e que se busquem
respostas. Não se trata simplesmente, como podemos ver, de fornecer
uma descrição do sofrimento. Há outros critérios que transcendem o
âmbito da descrição e que devemos introduzir se quisermos penetrar
no mundo do sofrimento humano.
La médecine, en tant que science et en même temps comme art de
soigner, découvre sur le vaste terrain des souffrances de l'homme
leur aspect le plus connu, celui qui est identifié avec le plus de
précision et est relativement le mieux combattu par les méthodes de
« réaction » (c'est-à-dire de la thérapeutique). Toutefois, ce n'est
là qu'un aspect. Le terrain de la souffrance humaine est beaucoup
plus vaste, beaucoup plus diversifié, il a de multiples dimensions.
L'homme souffre de diverses manières qui ne sont pas toujours
observées par la médecine, même dans ses branches les plus avancées.
La souffrance est quelque chose d'encore plus ample que la maladie,
de plus complexe et en même temps plus profondément enraciné dans
l'humanité ellemême.
A medicina, como ciência e simultaneamente como arte de curar,
descobre no vasto campo do sofrimento humano seu aspecto mais
familiar, aquele que é mais precisamente identificado e mais
eficazmente combatido por métodos de "reação" (isto é, terapêutica).
No entanto, este é apenas um aspecto. O âmbito do sofrimento humano
é muito mais amplo, muito mais diverso e multifacetado. Os seres
humanos sofrem de várias maneiras que nem sempre são observadas pela
medicina, mesmo em seus ramos mais avançados. O sofrimento é algo
ainda mais abrangente do que a doença, mais complexo e, ao mesmo
tempo, mais profundamente enraizado na própria humanidade.
Une première approche de ce problème nous vient de la distinction
entre la souffrance physique et la souffrance morale. Cette
distinction se fonde sur la double dimension de l'être humain, et
elle désigne l'élément corporel et spirituel comme le sujet immédiat
ou direct de la souffrance. Dans la mesure où l'on peut, jusqu'à un
certain point, employer comme synonymes les mots « souffrance » et «
douleur », il y a souffrance physique lorsque « le corps fait mal »
d'une façon ou d'une autre, tandis que la souffrance morale est une
« douleur de l'âme ». Il s'agit en effet de la douleur de nature
spirituelle, et pas seulement de la dimension «psychique » de la
douleur qui accompagne la souffrance morale comme la souffrance
physique. L'ampleur de la souffrance morale et la multiplicité de
ses formes ne sont pas moindres que celles de la souffrance
physique; mais en même temps, il semble que la thérapeutique ait
plus de mal à l'identifier et à l'atteindre.
Uma primeira abordagem a esse problema parte da distinção entre
sofrimento físico e sofrimento moral. Essa distinção baseia-se na
natureza dual do ser humano e designa os elementos corporal e
espiritual como o sujeito imediato ou direto do sofrimento. Na
medida em que as palavras "sofrimento" e "dor" podem, até certo
ponto, ser usadas como sinônimos, existe sofrimento físico quando "o
corpo dói" de uma forma ou de outra, enquanto o sofrimento moral é
uma "dor da alma". Trata-se, de fato, de uma dor de natureza
espiritual, e não meramente da dimensão "psicológica" da dor que
acompanha tanto o sofrimento moral quanto o físico. A extensão do
sofrimento moral e a multiplicidade de suas formas não são menores
do que as do sofrimento físico; porém, ao mesmo tempo, parece que a
terapia encontra mais dificuldade em identificá-lo e abordá-lo.
6. L'Ecriture Sainte est un grand livre sur la souffrance. Citons
seulement, d'après les Livres de l'Ancien Testament, quelques
exemples de situations qui portent les marques de la souffrance, et
avant tout de la souffrance morale: le danger de mort(5), la mort de
ses propres enfants(6), en particulier la mort du fils premierné et
unique(7); et puis aussi: la privation de descendance(8), la
nostalgie de sa patrie(9), la persécution et l'hostilité du
milieu(10), la raillerie et la dérision à l'égard de celui qui
souffre(11), la solitude et l'abandon(12); et encore: les remords de
conscience(13), la difficulté de comprendre la prospérité des
méchants et la souffrance des justes(14), l'infidélité et
l'ingratitude des amis et des voisins(15); enfin, les malheurs de sa
propre patrie(16). L'Ancien Testament, traitant l'homme comme un « ensemble »
psychophysique, associe souvent les souffrances « morales » à la
douleur ressentie dans telle partie précise de l'organisme: les
os(17), les reins(18), le foie(19), les entrailles(20), le
coeur(21). On ne peut nier en effet que les souffrances morales ont
aussi une composante « physique », ou somatique, et qu'elles
affectent souvent l'état général de l'organisme.
6. As Sagradas Escrituras são um grande livro sobre o sofrimento.
Citemos apenas alguns exemplos dos livros do Antigo Testamento de
situações que trazem as marcas do sofrimento, e sobretudo do
sofrimento moral: o perigo da morte(5), a morte dos próprios
filhos(6), em particular a morte do primogênito e filho único(7); e
também: a privação da descendência(8), a saudade da pátria(9), a
perseguição e a hostilidade do meio social(10), o escárnio e o
desprezo para com aquele que sofre(11), a solidão e o abandono(12);
e ainda: os remorsos de consciência(13), a dificuldade de
compreender a prosperidade dos ímpios e o sofrimento dos justos(14),
a infidelidade e a ingratidão dos amigos e vizinhos(15); finalmente,
as desgraças da própria pátria(16).
O Antigo Testamento, tratando o homem como um "todo" psicofísico,
frequentemente associa o sofrimento "moral" à dor sentida em partes
específicas do corpo: os ossos (17), os rins (18), o fígado (19), os
intestinos (20), o coração (21). De fato, não se pode negar que o
sofrimento moral também tem um componente "físico", ou somático, e
que muitas vezes afeta o estado geral do corpo.
7. On voit par ces exemples que nous trouvons dans l'Ecriture Sainte
une grande variété de situations douloureuses pour l'homme. Cette
liste déjà très diverse n'épuise pourtant pas tout ce qu'en fait de
souffrance a déjà dit, et redit constamment, le livre de l'histoire
de l'homme (il s'agit plutôt d'un « livre non écrit ») et plus
encore le livre de l'histoire de l'humanité lu à travers l'histoire
de chaque homme. On peut dire que l'homme souffre lorsqu'il éprouve
un mal, quel qu'il soit. Dans le vocabulaire de l'Ancien Testament,
le rapport entre souffrance et mal se présente clairement comme une
identité. En effet, ce vocabulaire ne possédait pas de mot
spécifique pour désigner la « souffrance »; aussi définissait-il
comme « mal » tout ce qui était souffrance(22).
7. Estes exemplos mostram que encontramos nas Sagradas Escrituras
uma grande variedade de situações dolorosas para a humanidade. Esta
lista, já bastante diversa, porém, não esgota tudo o que o livro da
história humana (que é antes um “livro não escrito”) já disse, e
reitera constantemente, a respeito do sofrimento, e ainda mais o
livro da história da humanidade lido através da história de cada
indivíduo. Podemos dizer que uma pessoa sofre quando experimenta o
mal, seja qual for a sua natureza. No vocabulário do Antigo
Testamento, a relação entre sofrimento e mal é claramente
apresentada como uma só. De fato, esse vocabulário não possuía uma
palavra específica para designar “sofrimento”; assim, definia como
“mal” tudo o que era sofrimento (22).
Seule la langue grecque — et, avec elle, le Nouveau Testament (et
les traductions grecques de l'Ancien Testament) — se sert du verbe «
pasko = je suis affecté de ..., j'éprouve une sensation, je souffre
», et grâce à ce terme, la souffrance n'est plus directement
identifiable au mal (objectif), mais elle désigne une situation dans
laquelle l'homme éprouve le mal et, en l'éprouvant, devient sujet de
souffrance. Celle-ci, à vrai dire a un caractère à la fois actif et
passif (de « patior »). Même lorsque l'homme s'inflige à luimême une
souffrance, lorsqu'il en est l'auteur, cette souffrance reste
quelque chose de passif dans son essence métaphysique.
Somente a língua grega — e, com ela, o Novo Testamento (e as
traduções gregas do Antigo Testamento) — usa o verbo "pasko" = eu
sou afetado por..., eu experimento uma sensação, eu sofro, e graças
a esse termo, o sofrimento não é mais diretamente identificável com
o mal (objetivo), mas designa uma situação na qual uma pessoa
experimenta o mal e, ao experimentá-lo, torna-se sujeito do
sofrimento. Esse sofrimento, na verdade, tem um caráter tanto ativo
quanto passivo (de "patior"). Mesmo quando uma pessoa inflige
sofrimento a si mesma, quando ela é a autora dele, esse sofrimento
permanece algo passivo em sua essência metafísica.
Cela ne veut pas dire toutefois que la souffrance, au sens
psychologique, soit dépourvue d'un caractère « actif » spécifique.
Il y a là en effet une « activité » multiple, et subjectivement
différenciée, de douleur, de tristesse, de déception, d'abattement
ou même de désespoir, selon l'intensité de la souffrance, selon sa
profondeur, et, indirectement, selon toute la structure du sujet qui
souffre et sa sensibilité spécifique. Au sein de ce qui constitue la
forme psychologique de la souffrance se trouve toujours une
expérience du mal qui entraîne la souffrance de l'homme.
Isso não significa,
porém, que o sofrimento, no sentido psicológico, seja desprovido de
um caráter "ativo" específico. De fato, existe uma "atividade"
multifacetada e subjetivamente diferenciada de dor, tristeza,
decepção, abatimento ou mesmo desespero, dependendo da intensidade e
profundidade do sofrimento e, indiretamente, de toda a estrutura do
indivíduo que sofre e de sua sensibilidade específica. Dentro
daquilo que constitui a forma psicológica do sofrimento, existe
sempre uma experiência do mal que provoca sofrimento humano.
Ainsi donc, la réalité de la souffrance fait surgir la question de
l'essence du mal: qu'est-ce que le mal? Cette question paraît en un sens inséparable du thème de la
souffrance. La réponse chrétienne à ce sujet diffère de celle qui
est donnée par certaines traditions culturelles et religieuses, pour
lesquelles l'existence est un mal dont il faut se libérer.
Assim, a realidade do sofrimento levanta a questão da essência do
mal: o que é o mal?
Esta questão parece, em certo sentido, inseparável do tema do
sofrimento. A resposta cristã a esta questão difere daquela dada por
certas tradições culturais e religiosas, para as quais a existência
é um mal do qual se deve libertar.
Le christianisme proclame que l'existence est fondamentalement un
bien, que ce qui existe est un bien; il professe la bonté du
Créateur et proclame que les créatures sont bonnes. L'homme souffre
à cause du mal qui est un certain manque, une limitation ou une
altération du bien. L'homme souffre, pourrait-on dire, en raison d'un bien auquel il ne
participe pas, dont il est, en un sens, dépossédé ou dont il s'est
privé lui-même. Il souffre en particulier quand il « devrait » avoir
part — dans l'ordre normal des choses — à ce bien, et qu'il n'y a
pas part. Ainsi donc, dans la conception chrétienne, la réalité de
la souffrance s'explique au moyen du mal, qui, d'une certaine façon,
se réfère toujours a un bien.
O cristianismo proclama que a existência é fundamentalmente boa, que
o que existe é bom; professa a bondade do Criador e proclama que as
criaturas são boas. O homem sofre por causa do mal, que é uma certa
falta, limitação ou alteração do bem.
O homem sofre, poderíamos dizer, por causa de um bem do qual não
participa, do qual, em certo sentido, está despossuído ou do qual se
privou. Sofre particularmente quando "deveria" ter uma parte — na
ordem normal das coisas — desse bem, e não a tem. Assim, na
concepção cristã, a realidade do sofrimento é explicada por meio do
mal, que, de certa forma, sempre se refere a um bem.
8. La souffrance humaine constitue en soi comme un « monde »
spécifique qui existe en même temps que l'homme, qui apparaît en lui
et qui passe, et qui parfois au contraire ne passe pas mais
s'établit et s'approfondit en lui. Ce monde de la souffrance, étendu
à de nombreux, de très nombreux sujets, existe pour ainsi dire dans
la dispersion. Tout homme, par sa souffrance personnelle, constitue
une petite partie de ce « monde »; mais aussi ce « monde » est en
lui comme une entité finie et unique. Toutefois, la dimension
inter-humaine et sociale va de pair avec cela. Le monde de la
souffrance possède comme une solidarité qui lui est propre.
8. O sofrimento humano
constitui em si mesmo um “mundo” específico que existe
simultaneamente com a humanidade, que surge dentro de nós e
desaparece, e que, por vezes, ao contrário, não desaparece, mas se
estabelece e se aprofunda em nós. Este mundo de sofrimento, que se
estende a muitos, muitos indivíduos, existe, por assim dizer, em
dispersão. Cada pessoa, através do seu sofrimento pessoal, constitui
uma pequena parte deste “mundo”; mas este “mundo” também existe
dentro dela como uma entidade finita e única. No entanto, a dimensão
interpessoal e social caminha lado a lado com isto. O mundo do
sofrimento possui uma espécie de solidariedade própria.
Les hommes qui souffrent se rendent semblables les uns aux autres à
cause de l'analogie de leur situation, de l'épreuve de leur
destinée, ou à cause du besoin de compréhension et d'attention, et
peut-être surtout à cause du problème persistant du sens de la
souffrance. Bien que le monde de la souffrance existe dans la
dispersion, il est donc aussi par lui-même un singulier appel à la
communion et à la solidarité. Nous essaierons de répondre à cet
appel dans la présente réflexion.
As pessoas que sofrem tornam-se semelhantes umas às outras pela
analogia da sua situação, pela provação do seu destino, ou pela
necessidade de compreensão e atenção, e talvez sobretudo pelo
problema persistente do significado do sofrimento. Embora o mundo do
sofrimento exista em dispersão, é também, em si mesmo, um apelo
único à comunhão e à solidariedade. Tentaremos responder a este
apelo nesta reflexão.
En pensant au monde de la souffrance dans sa signification
personnelle et en même termps collective, on ne peut enfin éviter de
noter aussi que ce monde, à certaines époques et dans certains
espaces de l'existence humaine, prend pour ainsi dire une densité
particulière. Cela se produit, par exemple, dans les cas de
calamités naturelles, d'épidémies, de catastrophes et de
cataclysmes, de divers fléaux sociaux: que l'on pense entre autres
au cas d'une mauvaise récolte et, en lien avec elle — à moins qu'il
ne soit dû à diverses autres causes —, au fléau de la faim.
Ao considerar o mundo do sofrimento em seu significado pessoal e, ao
mesmo tempo, coletivo, não se pode deixar de notar que esse mundo,
em certos momentos e em certas áreas da existência humana, assume
uma intensidade particular. Isso ocorre, por exemplo, em casos de
desastres naturais, epidemias, catástrofes e cataclismos, e vários
flagelos sociais: considere, entre outras coisas, o caso de uma má
colheita e, relacionado a ela — a menos que seja devido a várias
outras causas —, o flagelo da fome.
Pensons enfin à la guerre. J'en parle avec quelque insistance. Je
parle des deux dèrnières guerres mondiales, dont la seconde a fauché
un total beaucoup plus élevé de vies et entraîné une accumulation
plus lourde de souffrances humaines. A son tour, la deuxième moitié
de notre siècle — comme en proportion des erreurs et des
transgressions de notre civilisation contemporaine — porte en soi
une menace si horrible de guerre nucléaire que nous ne pouvons
penser à cette période qu'en termes d'accumulation incomparable de
souffrances jusqu'à l'éventualité d'une auto-destruction de
l'humanité.
Finalmente, consideremos a guerra. Falo dela com certa ênfase.
Refiro-me às duas últimas guerras mundiais, a segunda das quais
ceifou um número muito maior de vidas e resultou em uma acumulação
mais pesada de sofrimento humano. Por sua vez, a segunda metade do
nosso século — como que em proporção aos erros e transgressões da
nossa civilização contemporânea — carrega em si uma ameaça tão
horrível de guerra nuclear que só podemos pensar nesse período em
termos de uma acumulação de sofrimento sem paralelo, chegando mesmo
ao ponto da autodestruição da humanidade.
De cette façon, ce monde de souffrance, qui, en définitive, a son
sujet en chaque homme, semble se transformer à notre époque —
peut-être plus qu'à aucun autre moment — en une particulière «
souffrance du monde »: du monde qui est plus que jamais transformé
par le progrès grâce à l'action de l'homme, et qui, en même temps,
est plus que jamais en danger à cause des erreurs et des fautes de
l'homme.
Dessa forma, este mundo de sofrimento, que em última análise tem seu
sujeito em cada ser humano, parece estar se transformando em nosso
tempo — talvez mais do que em qualquer outro — em um "sofrimento do
mundo" particular: um mundo que está sendo transformado mais do que
nunca pelo progresso através da ação humana e que, ao mesmo tempo,
está mais ameaçado do que nunca por causa dos erros e falhas
humanas.
III
RECHERCHE DE LA RÉPONSE À LA QUESTION SUR LE SENS
DE LA SOUFFRANCE
III
BUSCANDO A RESPOSTA PARA A PERGUNTA SOBRE O SIGNIFICADO DO
SOFRIMENTO
9. Au
coeur de toute souffrance éprouvée par l'homme, et aussi à la base
du monde entier des souffrances, apparaît inévitablement la question:pourquoi?
C'est une question sur la cause, la raison; c'est en même temps une
question sur le but (pour quoi?) et, en définitive, sur le sens.
Non seulement elle accompagne la souffrance humaine, mais elle
semble aller jusqu'à en déterminer le contenu humain, ce pour quoi
la souffrance est à proprement parler une souffrance humaine.
9. No fundo de cada sofrimento experimentado pelo homem, como também
na base de todo o mundo dos sofrimentos, aparece inevitavelmente a
pergunta: porquê? É uma pergunta acerca da causa, da razão e também
acerca da finalidade (para quê?); trata-se sempre, afinal, de uma
pergunta acerca do sentido. Esta não só acompanha o sofrimento
humano, mas parece até determinar o seu conteúdo humano, o que faz
com que o sofrimento seja propriamente sofrimento humano.
Evidemment, la douleur, spécialement la douleur physique, est
largement répandue dans le monde des animaux. Mais seul l'homme, en
souffrant, sait qu'il souffre et se demande pour quelle raison; et
il souffre d'une manière humainement plus profonde encore s'il ne
trouve pas de réponse satisfaisante. C'est là une question difficile,
comme l'est cette autre question, très proche, qui porte sur le mal.
Pourquoi le mal? Pourquoi le mal dans le monde? Quand nous posons le
problème de cette façon, nous posons toujours aussi, du moins dans
une certaine mesure, une question sur la souffrance.
A dor, como é óbvio, em especial a dor física, encontra-se
amplamente difundida no mundo dos animais. Mas só o homem, ao
sofrer, sabe que sofre e se pergunta o porquê; e sofre de um modo
humanamente ainda mais profundo se não encontra uma resposta
satisfatória. Trata-se de uma pergunta difícil, como é também
difícil uma outra muito afim, ou seja, a que diz respeito ao mal.
Porquê o mal? Porquê o mal no mundo? Quando fazemos a pergunta desta
maneira fazemos sempre também, ao menos em certa medida, uma
pergunta sobre o sofrimento.
Ces
questions sont l'une et l'autre difficiles, quand l'homme les pose à
l'homme, les hommes aux hommes, et aussi quand l'homme les pose à
Dieu. L'homme, en effet, ne pose pas cette question au monde, bien
que la souffrance lui vienne souvent de lui, mais il la pose à Dieu
comme Créateur et Seigneur du monde. Et l'on sait bien que, sur ce
terrain, non seulement on arrive à de multiples frustrations et
conflits dans les rapports de l'homme avec Dieu, mais il peut se
faire aussi que l'on arrive à la négation même de Dieu.
Ambas as perguntas são difíceis, quando o homem as faz ao homem, os
homens aos homens, como também quando o homem as apresenta a Deus.
Com efeito, o homem não põe esta questão ao mundo, ainda que muitas
vezes o sofrimento lhe provenha do mundo; mas põe-na a Deus, como
Criador e Senhor do mundo. E sabemos que, nessa área, não apenas nos
deparamos com múltiplas frustrações e conflitos na relação entre o
homem e Deus, mas também podemos chegar à própria negação de Deus.
Si, en effet, l'existence du monde ouvre pour ainsi dire le regard
de l'âme humaine à l'existence de Dieu, à sa sagesse, sa puissance
et sa magnificence, le mal et la souffrance semblent obscurcir cette
image, parfois de façon radicale, et plus encore lorsqu'on voit le
drame quotidien de tant de souffrances sans qu'il y ait eu faute, et
de tant de fautes sans peines adéquates en retour. Aussi cette
situation — plus qu'aucune autre peut-être — montre-t-elle combien
importe la question du sens de la souffrance et avec quelle acuité
il faut examiner la question elle-même et toute réponse possible.
Se, efectivamente, a existência do mundo como que abre o olhar da
alma à existência de Deus, à sua sapiência, poder e magnificência,
então o mal e o sofrimento parecem ofuscar esta imagem, às vezes de
modo radical; e isto mais ainda olhando ao quotidiano com a
dramaticidade de tantos sofrimentos sem culpa e de tantas culpas sem
pena adequada. Esta circunstância, portanto — mais do que qualquer
outra, talvez — indica quanto é importante a pergunta sobre o
sentido do sofrimento e com que acuidade se devam tratar, quer a
mesma pergunta, quer as possíveis respostas a dar-lhe.
10.
Cette question, l'homme peut l'adresser à Dieu avec toute l'émotion
de son coeur, l'esprit saisi d'étonnement et d'inquiétude; et Dieu
attend la demande et l'écoute, comme nous le voyons dans la
Révélation de l'Ancien Testament. Dans le Livre de Job, la question
a trouvé son expression la plus vive. On connaît l'histoire de cet
homme juste, qui, sans aucune faute de sa part, est éprouvé par de
multiples souffrances. Il perd ses biens, ses fils et ses filles, et
finalement il est lui-même atteint d'une grave maladie. Dans cette
horrible situation, il voit arriver chez lui trois vieux amis qui —
chacun avec des mots différents — cherchent à le convaincre que,
puisqu'il a été frappé par des souffrances aussi variées et aussi
terribles, il doit avoir commis quelque faute grave.
10. O
homem pode dirigir tal pergunta a Deus, com toda a comoção do seu
coração e com a mente cheia de assombro e de inquietude; e Deus
espera por essa pergunta e escuta-a, como vemos na Revelação do
Antigo Testamento. A pergunta encontrou a sua expressão mais viva no
Livro de Job. É conhecida a história deste homem justo que, sem
culpa nenhuma da sua parte, é provado com inúmeros sofrimentos.
Perde os seus bens, os filhos e filhas e, por fim, ele próprio é
atingido por uma doença grave. Nesta situação horrível,
apresentam-se em sua casa três velhos amigos que procuram — cada um
com palavras diferentes — convencê-lo de que, para ter sido atingido
por tão variados e tão terríveis sofrimentos, deve ter cometido
alguma falta grave.
Car
la souffrance — disent-ils — atteint toujours l'homme comme peine
pour un délit. Elle est envoyée par Dieu, qui est absolument juste,
et elle trouve sa motivation dans l'ordre de la justice. On dirait
que non seulement les vieux amis de Job veulent le convaincre de la
justesse morale du mal, mais qu'en un certain sens ils tentent de
défendre à leurs propres yeux le sens moral de la souffrance. Pour
eux, celle-ci ne peut avoir de sens que comme peine pour le péché,
en se plaçant donc exclusivement sur le terrain dè la justice de
Dieu, qui récompense le bien par lé bien et punit le mal par le mal.
Le point de référence, dans ce cas, est la doctrine exprimée en d'autres
écrits de l'Ancien Testament qui nous montrent la souffrance comme
une peine infligée par Dieu pour les péchés des hommes. Le Dieu de
la Révélation est Législateur et Juge à un degré qu'aucune autorité
temporelle ne peut atteindre.
.
Com
efeito, dizem-lhe eles, o sofrimento atinge o homem sempre como pena
por uma culpa; é mandado por Deus, que é absolutamente justo e age
com motivações que são da ordem da justiça. Dir-se-ia que os velhos
amigos de Job querem não só convencê-lo da justeza moral do mal,
mas, de algum modo, procuram defender, aos seus próprios olhos, o
sentido moral do sofrimento. Este, a seu ver, pode ter sentido
somente como pena pelo pecado; e portanto, exclusivamente no plano
da justiça de Deus, que paga o bem com o bem e o mal com o mal. O
ponto de referência, neste caso, é a doutrina expressa noutros
escritos do Antigo Testamento, que nos apresentam o sofrimento como
castigo infligido por Deus pelos pecados dos homens. O Deus da
Revelação é Legislador e Juiz em plano tão elevado, que nenhuma
autoridade temporal o pode alcançar.
En
effet, le Dieu de la Révélation est avant tout le Créateur de qui
vient, en même temps que l'existence, le bien qui est qualité
essentielle de la création. En conséquence,
la violation consciente et libre de ce bien de la part de l'homme
est non seulement une transgression de la loi mais en même temps une
offense au Créateur, qui est le Premier Législateur. Cette
transgression a le caractère de péché, au sens exact, c'est-à-dire
biblique et théologique, de ce terme. Au mal moral du péché
correspond la punition qui garantit l'ordre moral au sens
transcendant où cet ordre est établi par la volonté du Créateur et
Législateur suprême. De là découle aussi l'une des vérités
fondamentales de la foi religieuse, fondée également sur la
Révélation: Dieu est un juge juste qui récompense le bien et punit
le mal: «Tu es juste, Seigneur, en toutes les choses que tu as
faites pour nous, toutes tes œuvres sont vérité, toutes tes voies
droites, tous tes jugements vérité. Tu as porté une sentence de
vérité en toutes les choses que tu as fait venir sur nous...
O
Deus da Revelação, efetivamente, primeiro que tudo é o Criador, do
qual provém, juntamente com a existência, o bem que é essencial à
criação. Por conseguinte, a violação consciente e livre deste bem,
por parte do homem, é não só transgressão da lei, mas também ofensa
ao Criador, que é o Primeiro Legislador. Tal transgressão tem
caráter de pecado no sentido próprio, isto é, no sentido bíblico e
teológico desta palavra. Ao mal moral do pecado corresponde o
castigo, que garante a ordem moral no mesmo sentido transcendente em
que esta ordem foi estabelecida pela vontade do Criador e Supremo
Legislador. Daqui se segue também uma das verdades fundamentais da
fé religiosa, baseada igualmente na Revelação; ou seja, que Deus é
juiz justo, que premeia o bem e castiga o mal: « Tu és justo,
Senhor, em tudo o que tens feito por nós; todas as tuas obras são
verdadeiras, todos os teus caminhos são retos, todos os teus juízos
são verdadeiros. Tu pronunciaste uma sentença verdadeira em tudo o
que nos fizeste passar e à cidade santa dos nossos pais,
Jerusalém. …
Car
c'est dans la vérité et dans le droit que tu nous a traités à cause
de nos péchés »(23). Dans l'opinion exprimée par les amis de Job se
manifeste une conviction que l'on trouve aussi dans la conscience
morale de l'humanité: l'ordre moral objectif requiert une peine pour
la transgression, pour le péché et pour le délit. A ce point de vue,
la souffrance apparaît comme un « mal justifié ». La conviction de
ceux qui expliquent la souffrance comme punition du péché s'appuie
sur l'ordre de la justice, et cela correspond à l'opinion exprimée
par un ami de Job: « Je parle d'expérience, ceux qui labourent
l'iniquité et sèment le malheur, les moissonnent ». (24)
Sim,
em verdade e justiça nos infligistes todos estes castigos por causa
de nossos pecados ». (23) Na opinião manifestada pelos amigos de Job
exprime-se uma convicção que também se encontra na consciência moral
da humanidade: a ordem moral objetiva exige uma pena para a
transgressão, para o pecado e para o crime. Sob este ponto de vista,
o sofrimento aparece como um « mal justificado ». A convicção
daqueles que explicam o sofrimento como castigo pelo pecado apóia-se
na ordem da justiça, e isso corresponde à opinião expressa por um
dos amigos de Job: « Pelo que vi, aqueles que cultivam a iniqüidade
e os que semeiam a maldade também as colhem ». (24)
11.
Toutefois, Job conteste la vérité du principe qui identifie la
souffrance avec la punition du péché. Et il le fait en se fondant
sur sa propre réflexion. Il est en effet conscient de ne pas avoir
mérité une telle punition; il montre au contraire le bien qu'il a
fait dans sa vie. A la fin, Dieu lui-même reproche aux amis de Job
leurs accusations et reconnaît que Job n'est pas coupable. Sa
souffrance est celle d'un innocent; elle doit être acceptée comme un
mystère que l'intelligence de l'homme n'est pas en mesure de
pénétrer à fond. Le Livrè de Job n'attaque pas les bases de l'ordre
moral transcendant fondé sur la justice, telles qu'elles sont
proposées dans toute la Révélation, dans l'ancienne comme dans la
nouvelle Alliance.
11.
Job, no entanto, contesta a verdade do princípio que identifica o
sofrimento com o castigo do pecado; e faz isso baseando-se na
própria situação pessoal. Ele, efectivamente, tem consciência de não
ter merecido semelhante castigo; e, por outro lado, vai expondo o
bem que praticou durante a sua vida. Por fim, o próprio Deus
desaprova os amigos de Job pelas suas acusações e reconhece que Job
não é culpado. O seu sofrimento é o de um inocente: deve ser aceite
como um mistério, que o homem não está em condições de entender
totalmente com a sua inteligência. O
Livro de Job não abala as bases da ordem moral transcendente,
fundada sobre a justiça, como são propostas em toda a Revelação, na
Antiga e na Nova Aliança.
Mais
simultanément ce Livre montre avec la plus grande fermeté que les
principes de cet ordre ne peuvent pas s'appliquer de façon exclusive
et superficielle. S'il est vrai que la souffrance a un sens comme
punition lorsqu'elle est liée à la faute, il n'est pas vrai au
contraire que toute souffrance soit une conséquence de la faute et
ait un caractère de punition. La figure de Job le juste en est une
preuve spéciale dans l'Ancien Testament. La Révélation, parole de
Dieu même, pose en toute franchise le problème de la souffrance de
l'homme innocent: la souffrance sans faute. Job n'a pas été puni, il
n'y avait pas de fondement pour lui infliger une peine, même s'il a
été soumis à une très dure épreuve. De l'introduction du Livre, il
ressort que Dieu a permis cette épreuve en raison de la provocation
de Satan. Celui-ci avait en effet contesté devant le Seigneur la
justice de Job: « Est-ce pour rien que Job craint Dieu? ... Tu as
béni toutes ses entreprises, ses troupeaux pullulent dans le pays.
Mais étends la main et touche à ses biens; je te jure qu'il te
maudira en face! »(25).
Contudo este Livro demonstra ao mesmo
tempo, com toda a firmeza, que os princípios desta ordem não podem
ser aplicados de maneira exclusiva e superficial. Se é verdade que o
sofrimento tem um sentido como castigo, quando ligado à culpa, já
não é verdade que todo o sofrimento seja conseqüência da culpa e
tenha caráter de castigo. A figura do justo Job é disso prova
convincente no Antigo Testamento. A revelação, palavra do próprio
Deus, põe o problema do sofrimento do homem inocente com toda a
clareza: o sofrimento sem culpa. Job não foi castigado; não havia
razão para lhe ser infligida uma pena, não obstante ter sido
submetido a uma duríssima prova. Da introdução do Livro deduz-se que
Deus condescendeu com esta provação, em seguida à provocação de
Satanás. Este, de facto, impugnou diante do Senhor a justiça de Job:
« Acaso teme Job a Deus em vão? ... Abençoastes os seus
empreendimentos e os seus rebanhos expandem-se sobre a terra. Mas
estendei a vossa mão e tocai nos seus bens; juro que vos amaldiçoará
na vossa face ». (25)
Et si le Seigneur consent à éprouver Job par la souffrance, il le
fait pour montrer la justice de ce dernier. La souffrance a un
caractère d'épreuve. Le Livre de Job ne représente pas le dernier
mot de la Révélation sur ce thème. Il est en un sens uné annonce de
la passion du Christ. Mais il est déjà par luimême un argument
suffisant pour que la réponse à la question sur le sens de la
souffrance ne soit pas liée sans réserve à l'ordre moral fondé sur
la seule justice. Si une telle réponse a en elle-même une raison
d'être et une valeur fondamentales et transcendantes, en même temps
non seulement elle paraît insatisfaisante dans des cas analogues à
la souffrance de Job le juste mais, en plus, elle semble vraiment
réduire et appauvrir le concept de justice que nous rencontrons dans
la Révélation.
Se o Senhor permite que Job seja provado com sofrimento, fá-lo para demonstrar a sua
justiça. O sofrimento tem carácter de prova. O Livro de Job não é a
última palavra da Revelação sobre este tema. É um anúncio, de certo
modo, da Paixão de Cristo. Entretanto, só por si, já é argumento
suficiente para que a resposta à pergunta sobre o sentido do
sofrimento não fique ligada, sem reservas, à ordem moral baseada
somente na justiça. Se tal resposta tem uma fundamental e
transcendente razão e validade, ao mesmo tempo apresenta-se não só
insuficiente em casos análogos ao do sofrimento do justo Job, mas
parece, mais ainda, reduzir e empobrecer o conceito de justiça que
encontramos na Revelação.
12. Le Livre de Job soulève de manière aiguë le « pourquoi » dè la
souffrance, il montre également que celle-ci frappe l'innocent, mais
il ne donne pas encore la solution du problème. Déjà dans l'Ancien
Testament, nous remarquons une tendance qui cherche à dépasser
l'idée selon laquelle la souffrance n'a de sens que comme punition
du péché, car on souligne en même temps là valeur éducative de cette
peine qu'est la souffrance. Ainsi donc, dans les souffrances
infligées par Dieu au Peuple élu est contenue une invitation de sa
miséricorde, qui châtie pour amener à la conversion:
12. O Livro de Job põe
de modo perspicaz, a pergunta sobre o « porquê » do sofrimento; e
mostra também que ele atinge o inocente, mas ainda não dá a solução
ao problema. No Antigo Testamento notamos uma orientação que tende a
superar o conceito segundo o qual o sofrimento teria sentido
unicamente como castigo pelo pecado, ao mesmo tempo que se acentua o
valor educativo da pena-sofrimento. Deste modo, nos sofrimentos
infligidos por Deus ao povo eleito está contido um convite da sua
misericórdia, que corrige para levar à conversão:
« Ces
persécutions ont eu lieu non pour la ruine mais pour la correction
de notre peuple »(26). Ainsi est affirmée la dimension personnelle
de la peine. Selon cette dimension, la peine a un sens non seulement
parce qu'elle sert à répondre au mal objectif de la transgression
par un autre mal, mais avant tout parce qu'elle crée la possibilité
de reconstruire le bien dans le sujet même qui souffre. C'ést là un
aspect extrêmement important de la souffrance. Il est profondément
enraciné dans toute la Révélation de l'ancienne et surtout de la
nouvelle Alliance.
“Essas perseguições não aconteceram para a destruição do
nosso povo, mas para a correção do nosso povo” (26). Isso afirma a
dimensão pessoal do castigo. Segundo essa dimensão, o castigo tem
sentido não apenas porque serve para responder ao mal objetivo da
transgressão com outro mal, mas sobretudo porque cria a
possibilidade de reconstruir a bondade na própria pessoa que sofre.
Este é um aspecto extremamente importante do sofrimento. Está
profundamente enraizado em toda a Revelação da Antiga e,
especialmente, da Nova Aliança.
La
souffrance doit servir à la conversion, c'est-à-dire à la
reconstruction du bien dans le sujet, qui peut reconnaître la
miséricorde divine dans cet appel à la pénitence. La pénitence a
pour but de triompher du mal, qui existe à l'état latent dans
l'homme sous diverses formes, et de consolider le bien tant dans le
sujet lui-même que dans ses rapports avec les autres et surtout avec
Dieu.
O
sofrimento deve servir à conversão, isto é, à reconstrução da
bondade no indivíduo, que pode reconhecer a misericórdia divina
nesse chamado ao arrependimento. O objetivo do arrependimento é
vencer o mal, que existe em estado latente na humanidade sob
diversas formas, e consolidar a bondade tanto no indivíduo quanto em
seus relacionamentos com os outros e, sobretudo, com Deus.
13.
Mais pour être en mesure de percevoir la vraie réponse au « pourquoi
» de la souffrance, nous devons tourner nos regards vers la
révélation de l'amour divin, source ultime du sens de tout ce qui
existe. L'amour est également la source la plus riche du sens de la
souffrance, qui demeure toujours un mystère: nous sommes conscients
de l'insuffisance et du caractère inadéquat de nos explications. Le
Christ nous fait entrer dans le mystère et nous fait découvrir le «pourquoi»
de la souffrance, dans la mesure où nous sommes capables de
comprendre la sublimité de l'amour divin.
13.
Mas, para sermos capazes de perceber a verdadeira resposta ao
“porquê” do sofrimento, devemos voltar o nosso olhar para a
revelação do amor divino, a fonte última de sentido de tudo o que
existe. O amor é também a fonte mais rica do sentido do sofrimento,
que permanece sempre um mistério: temos consciência da inadequação e
insuficiência das nossas explicações. Cristo conduz-nos ao mistério
e revela-nos o “porquê” do sofrimento, na medida em que somos
capazes de compreender a sublimidade do amor divino.
Pour découvrir le sens profond de la souffrance, en suivant la
Parole révélée de Dieu, il faut s'ouvrir largement au sujet humain
dans sa potentialité multiple. Il faut surtout accueillir la lumière
de la Révélation, non seulement parce qu'elle exprime l'ordre
transcendant de la justice mais parce qu'elle éclaire cet ordre par
l'amour, source définitive de tout ce qui existe. L'amour est aussi
la source la plus complète de la réponse à la question sur le sens
de la souffrance. Cette réponse a été donnée par Dieu à l'homme dans
la Croix de Jésus-Christ.
Para descobrirmos o profundo sentido do sofrimento, seguindo a
Palavra revelada de Deus, devemos abrir-nos plenamente ao sujeito
humano no seu potencial multifacetado. Acima de tudo, devemos
acolher a luz da Revelação, não só porque expressa a ordem
transcendente da justiça, mas porque ilumina essa ordem com amor, a
fonte última de tudo o que existe. O amor é também a fonte mais
completa da resposta à questão do sentido do sofrimento. Esta
resposta foi dada por Deus ao homem na Cruz de Jesus Cristo.
IV
JÉSUS-CHRIST: LA SOUFFRANCE VAINCUE PAR L'AMOUR
IV
JESUS CRISTO: O SOFRIMENTO SUPERADO PELO AMOR
14. «Dieu, en effet, a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils
unique pour que tout homme qui croit en lui ne périsse pas mais ait
la vie éternelle » (27). Ces paroles, prononcées par le Christ au
cours de son entretien avec Nicodème, nous introduisent au cœur même
de l'actionsalvifique de Dieu. Elles expriment aussi l'essence de la
« sotériologie » chrétienne, c'est-à-dire de la théologie du salut.
Sauver signifie libérer du mal; le salut est donc par là même lié
étroitement au problème de la souffrance. Selon les paroles
adressées à Nicodème, Dieu donne son Fils au « monde » pour libérer
l'homme du mal, qui comporte en lui-même la perspective définitive
et absolue de la souffrance. En même temps, le mot «donne » (« il a
donné ») signifie que cette libération doit être accomplie par le
Fils unique à travers sa propre souffrance. En cela se manifeste
l'amour, l'amour infini tant de ce Fils unique que du Père qui «
donne » pour cela son Fils. Tel est l'amour envers l'homme, l'amour
envers le « monde »: c'est l'amour sauveur.
14. “Porque Deus amou o mundo de tal maneira que deu o seu Filho
unigênito, para que todo aquele que nele crê não pereça, mas tenha a
vida eterna” (27). Estas palavras, proferidas por Cristo durante a
sua conversa com Nicodemos, conduzem-nos ao âmago da ação salvadora
de Deus. Expressam também a essência da “soteriologia” cristã, isto
é, a teologia da salvação. Salvar significa libertar do mal; a
salvação está, portanto, intimamente ligada ao problema do
sofrimento. Segundo as palavras dirigidas a Nicodemos, Deus dá o seu
Filho ao “mundo” para libertar a humanidade do mal, que contém
inerentemente a perspetiva última e absoluta do sofrimento. Ao mesmo
tempo, a palavra “dá” (“deu”) significa que esta libertação deve ser
realizada pelo Filho unigênito através do seu próprio sofrimento.
Nisto se manifesta o amor, o amor infinito tanto deste Filho
unigênito como do Pai que “dá” o seu Filho para este fim. Tal é o
amor pelo homem, o amor pelo “mundo”: é o amor salvador.
Nous nous trouvons ici — il faut s'en rendre compte clairement dans
notre réflexion commune sur ce problème — dans une dimension
complètement nouvelle de notre thème. C'est une dimension différente
de celle qui déterminait la recherche de la signification de la
souffrance et, en un sens, l'enfermait dans les limites de la
justice. C'est là la dimension de la Rédemption que semblaient déjà
annoncer dans l'Ancien Testament, du moins selon le texte de la
Vulgate, les paroles de Job le juste: « Je sais, moi, que mon
rédempteur est vivant, et qu'au dernier jour... je verrai mon
Dieu... »(28).
Encontramo-nos aqui — e isto deve ser claramente compreendido na
nossa reflexão conjunta sobre este problema — numa dimensão
completamente nova do nosso tema. Esta é uma dimensão diferente
daquela que determinou a busca pelo significado do sofrimento e, em
certo sentido, a confinou aos limites da justiça. Esta é a dimensão
da Redenção que as palavras de Jó, o justo, pareciam anunciar no
Antigo Testamento, pelo menos segundo o texto da Vulgata: “Eu sei
que o meu Redentor vive, e que no último dia… verei o meu Deus…”
(28)
Si, jusqu'ici, nos considérations se sont concentrées avant tout et,
en un sens, exclusivement sur la souffrance dans sa forme temporelle
multiple (comme aussi les souffrances de Job le juste), les paroles
de l'entretien de Jésus avec Nicodème rappelées ci-dessus concernent
au contraire la souffrance dans son sens fondamental et définitif.
Dieu donne son Fils unique afin que l'homme « ne périsse pas », et
la signification de ce « ne périsse pas » est soigneusement précisée
par les mots qui suivent: « mais ait la vie éternelle ».
. Se, até agora, as nossas considerações se concentraram
primordialmente e, em certo sentido, exclusivamente no sofrimento
nas suas múltiplas formas temporais (como os sofrimentos de Jó, o
justo), as palavras da conversa de Jesus com Nicodemos, mencionadas
acima, dizem respeito, ao contrário, ao sofrimento no seu sentido
fundamental e definitivo. Deus dá o seu Filho unigênito para que o
homem “não pereça”, e o significado deste “não pereça” é
cuidadosamente esclarecido pelas palavras que se seguem: “mas tenha
a vida eterna”.
L'homme « périt » quand il perd « la vie éternelle ». Le contraire
du salut n'est donc pas seulement la souffrance temporelle, une
souffrance quelconque, mais la souffrance définitive: la perte de la
vie éternelle, le fait d'être rejeté par Dieu, la damnation. Le Fils
unique a été donné à l'humanité pour protéger l'homme avant tout
contre ce mal définitif et contre lasouffrance définitive.
O homem "perece" quando perde a "vida eterna". O oposto da salvação,
portanto, não é meramente o sofrimento temporal, qualquer tipo de
sofrimento, mas o sofrimento definitivo: a perda da vida eterna, a
rejeição por Deus, a condenação. O Filho unigênito foi dado à
humanidade para proteger o homem, acima de tudo, desse mal
definitivo e desse sofrimento definitivo.
Dans sa mission salvifique, il doit donc atteindre le mal jusqu'en
ses racines transcendantes à partir desquelles ce mal se développe
dans l'histoire de l'homme. Ces racines transcendantes du mal sont
ancrées dans le péché et dans la mort; elles se trouvent en effet à
la base de la perte de la vie éternelle. La mission du Fils unique
consiste à vaincre le péché et la mort. Il triomphe du péché par son
obéissance jusqu'à la mort, et il triomphe de la mort par sa
résurrection.
Em
sua missão salvífica, Ele deve, portanto, alcançar o mal em suas
raízes transcendentes, de onde esse mal se desenvolve na história
humana. Essas raízes transcendentes do mal estão ancoradas no pecado
e na morte; elas são, de fato, a raiz da perda da vida eterna. A
missão do Filho unigênito é vencer o pecado e a morte. Ele triunfa
sobre o pecado por meio de sua obediência até a morte e triunfa
sobre a morte por meio de sua ressurreição.
15. Quand on dit que le Christ, par sa mission, atteint le
mal jusqu'en ses racines, nous pensons non seulement au mal et à
la souffrance définitifs, eschatologiques (pour que l'homme « ne
périsse pas mais ait la vie éternelle »), mais aussi — au moins
indirectement — au mal et à la souffrance dans leur dimension
temporelle et historique. Le mal reste en effet lié au péché et
à la mort.
15. Quando dizemos que Cristo, por meio de sua missão, atinge o mal
em suas raízes, não estamos pensando apenas no mal e no sofrimento
definitivos e escatológicos (para que a humanidade “não pereça, mas
tenha a vida eterna”), mas também — ao menos indiretamente — no mal
e no sofrimento em sua dimensão temporal e histórica. O mal
permanece, de fato, ligado ao pecado e à morte.
Et même si c'est avec une grande prudence que l'on doit
juger la souffrance de l'homme comme une conséquence de péchés
concrets (comme le montre précisément l'exemple de Job le
juste), on ne peut cependant pas la séparer du péché des
origines, de ce qui, chez saint Jean, est appelé « le péché du
monde »(29), de l'arrière-plan pécheur des actions personnelles
et des processus sociaux dans l'histoire de l'homme. S'il n'est
pas permis d'appliquer ici le critère restreint de la dépendance
directe (comme le faisaient les trois amis de Job), on ne peut
non plus renoncer au critère selon lequel, à la base des
souffrances humaines, il y a des compromissions de toutes sortes
avec le péché.
E mesmo que devamos
julgar o sofrimento humano como consequência de pecados concretos
com muita cautela (como demonstra claramente o exemplo de Jó, o
justo), não podemos, contudo, separá-lo do pecado original, daquilo
que, em São João, é chamado de “pecado do mundo” (29), do pano de
fundo pecaminoso das ações pessoais e dos processos sociais na
história humana. Embora não seja permitido aplicar aqui o critério
restrito da dependência direta (como fizeram os três amigos de Jó),
não se pode renunciar ao critério segundo o qual, na base do
sofrimento humano, existem compromissos de toda espécie com o pecado.
Il en est de même quand il s'agit de la mort. On va jusqu'à
l'attendre, bien souvent, comme une libération des souffrances de
cette vie. Et en même temps, il ne saurait nous échapper qu'elle
constitue comme une synthèse définitive de leur oeuvre destructrice,
tant dans l'organisme corporel que dans la vie psychique. Mais la
mort comporte avant tout la désagrégation de toute la personnalité
psychophysique de l'homme. L'âme survit et subsiste séparée du corps
tandis que le corps est soumis à une décomposition progressive
conformément aux paroles prononcées par le Seigneur Dieu, après le
péché commis par l'homme au début de son histoire terrestre: « Tu es
poussière et tu retourneras en poussière »(30).
O mesmo se aplica à morte. Muitas vezes, até a aguardamos como uma
libertação dos sofrimentos desta vida. E, ao mesmo tempo, não
podemos deixar de reconhecer que ela constitui uma espécie de
síntese definitiva da sua ação destrutiva, tanto no organismo físico
como na vida psíquica. Mas a morte implica, sobretudo, a
desintegração de toda a personalidade psicofísica do homem. A alma
sobrevive e subsiste separadamente do corpo, enquanto o corpo está
sujeito à decomposição progressiva, de acordo com as palavras
proferidas pelo Senhor Deus após o pecado cometido pelo homem no
início da sua história terrena: “Tu és pó e ao pó voltarás” (30).
Ainsi donc, même si la mort n'est pas une souffrance au sens
temporel du mot, même si, d'une certaine façon, elle se trouve au-delà
de toutes les souffrances, le mal que l'être humain expérimente en
elle a un caractère définitif et totalisant. Par son oeuvre
salvifique, le Fils unique libère l'homme du péché et de la mort. Il
commence par effacer de l'histoire de l'homme la domination du péché
qui s'est enraciné sous l'influence de l'Esprit du mal dès le péché
originel, puis il donne à l'homme la possibilité de vivre dans la
Grâce sanctifiante.
Assim, mesmo que a morte não seja sofrimento no sentido temporal da
palavra, mesmo que, de certo modo, esteja para além de todo o
sofrimento, o mal que os seres humanos experimentam nela tem um
caráter definitivo e abrangente. Através da sua obra salvífica, o
Filho Unigênito liberta o homem do pecado e da morte. Ele começa por
apagar da história da humanidade o domínio do pecado, que se
enraizou sob a influência do Espírito do mal desde o pecado
original, e então dá à humanidade a possibilidade de viver na Graça
santificadora.
Dans le sillage de la victoire sur le péché, il
enlève aussi à la mort son pouvoir, ouvrant la porte, par sa
Résurrection, à la future résurrection des corps. L'une et l'autre
sont des conditions essentielles de la « vie éternelle », c'est-à-dire
du bonheur définitif de l'homme en union avec Dieu; cela signifie,
pour les sauvés, que dans la perspective eschatologique, la
souffrance est totalement effacée.
Na sequência da vitória sobre o pecado, Ele também
remove o poder da morte, abrindo a porta, por meio de sua
Ressurreição, para a futura ressurreição do corpo. Ambas são
condições essenciais para a "vida eterna", isto é, para a felicidade
suprema da humanidade em união com Deus; isso significa, para os
salvos, que, de uma perspectiva escatológica, o sofrimento é
completamente eliminado.
En conséquence de l'oeuvre salvifique du Christ, l'homme, au long de
son existence sur terre, a l'espérance de la vie et de la sainteté
éternelles. Et même si la victoire sur le péché et sur la mort,
remportée par le Christ grâce à sa Croix et à sa Résurrection, ne
supprime pas les souffrances temporelles de la vie humaine, et ne
libère pas de la souffrance l'existence humaine dans la totalité de
sa dimension historique, elle jette cependant une lumière nouvelle —
la lumière du salut — sur toute cette dimension historique et sur
toute souffrance. Et cette lumière est celle de l'Evangile, c'est-à-dire
de la Bonne Nouvelle. Au centre de cette lumière se trouve la vérité
énoncée lors de l'entretien avec Nicodème: « Dieu, en effet, a tant
aimé le monde qu'il a donné son Fils unique »(31).
Como consequência da obra salvadora de Cristo, a humanidade, ao
longo de sua existência na terra, tem a esperança da vida eterna e
da santidade. E mesmo que a vitória sobre o pecado e a morte,
conquistada por Cristo por meio de sua Cruz e Ressurreição, não
elimine os sofrimentos temporais da vida humana, nem liberte a
existência humana do sofrimento em sua totalidade ou dimensão
histórica, ela lança, no entanto, uma nova luz — a luz da salvação —
sobre toda essa dimensão histórica e sobre todo o sofrimento. E essa
luz é a do Evangelho, isto é, a Boa Nova. No âmago dessa luz reside
a verdade expressa na conversa com Nicodemos: “Porque Deus amou o
mundo de tal maneira que deu o seu Filho unigênito” (31).
Cettevérité bouleverse jusqu'en ses fondements le cadre de
l'histoire de l'homme et de sa situation terrestre: malgré le péché
qui s'est enraciné dans cette histoire, et comme héritage originel
et comme « péché du monde » et comme somme des péchés personnels,
Dieu le Père a aimé son Fils unique, c'est-à-dire qu'il l'aime
toujours; puis dans le temps, en raison précisément de cet amour qui
surpasse tout, il « donne » ce Fils afin qu'il atteigne les racines
mêmes du mal humain et qu'ainsi, porteur du salut, il se rende
proche du monde de la souffrance tout entier auquel l'homme
participe.
Essa verdade abala os próprios alicerces da estrutura da história
humana e de sua condição terrena: apesar do pecado que se enraizou
nessa história, tanto como herança original quanto como “pecado do
mundo” e como soma dos pecados pessoais, Deus Pai amou seu Filho
unigênito, isto é, ainda o ama; Então, com o tempo, precisamente por
causa desse amor que supera tudo, ele "dá" esse Filho para que ele
alcance as raízes do mal humano e, assim, como portador da salvação,
se aproxime de todo o mundo de sofrimento do qual a humanidade
participa.
16. Dans son activité messianique au sein d'Israël, le Christ s'est
sans cesse fait proche du monde de la souffrance humaine. « Il est
passé en faisant le bien »(32), et son action le portait en premier
lieu vers ceux qui souffraient et ceux qui attendaient de l'aide. Il
guérissait les malades, consolait les affligés, donnait à manger aux
affamés, délivrait les hommes de la surdité, de la cécité, de la
lèpre, du démon, de divers handicaps physiques, trois fois il a
rendu la vie à un mort.
16. Em sua atividade messiânica em Israel, Cristo constantemente se
aproximava do mundo do sofrimento humano. “Ele andava por toda parte
fazendo o bem” (32), e suas ações o conduziam, antes de tudo,
àqueles que sofriam e àqueles que aguardavam ajuda. Curava os
enfermos, consolava os aflitos, alimentava os famintos, libertava
pessoas da surdez, cegueira, lepra, possessão demoníaca e diversas
enfermidades físicas; três vezes ressuscitou um morto.
Il était sensible à toute souffrance humaine,
tant du corps que de l'âme. En même temps, il enseignait; et au
centre de son enseignement se trouvent les huit béatitudes, qui sont
adressées aux hommes éprouvés par différentes souffrances dans la
vie temporelle. Ce sont ceux qui ont « une âme de pauvre » et « les
affligés », « les affamés et assoiffés de la justice » et « les
persécutés pour la justice », ceux que l'on insulte, que l'on
persécute, contre lesquels on dit faussement toute sorte de mal à
cause du Christ(33)... Ceci selon saint Matthieu; Luc mentionne
encore explicitement ceux qui ont « faim maintenant »(34)st.
Era sensível
a todo o sofrimento humano, tanto do corpo quanto da alma. Ao mesmo
tempo, ensinava; e no cerne de seus ensinamentos estão as oito
Bem-aventuranças, dirigidas àqueles afligidos por diversos
sofrimentos na vida terrena. São aqueles que têm “uma alma pobre” e
“os aflitos”, “os que têm fome e sede de justiça” e “os que são
perseguidos por causa da justiça”, aqueles que são insultados,
perseguidos, contra os quais todo tipo de mal é falsamente dito por
causa de Cristo (33)... Isso é segundo São Mateus; Lucas também
menciona explicitamente aqueles que estão “com fome agora”(34).
De toute façon, le Christ s'est fait proche du monde de la
souffrance humaine surtout en prenant sur lui-même cette souffrance.
Durant son activité publique, non seulement il a éprouvé la fatigue,
l'absence de maison, l'incompréhension, même de ses plus proches,
mais, par-dessus tout, il a été de plus en plus hermétiquement
enfermé dans un cercle d'hostilité, et les préparatifs pour le faire
disparaître du monde des vivants sont devenus de plus en plus
manifestes. Le Christ en est conscient et bien souvent il parle à
ses disciples des souffrances et de la mort qui l'attendent: « Voici
que nous montons à Jérusalem, et le Fils de l'homme sera livré aux
grands prêtres et aux scribes; ils le condamneront à mort et le
livreront aux païens, ils le bafoueront, cracheront sur lui, le
flagelleront et le tueront, et après trois jours il ressuscitera
»(35).
Em todo caso, Cristo aproximou-se do mundo do sofrimento humano,
sobretudo ao assumir esse sofrimento sobre si. Durante seu
ministério público, ele não apenas experimentou fadiga, desamparo e
incompreensão, até mesmo por parte daqueles mais próximos a ele, mas,
acima de tudo, viu-se cada vez mais cercado por um círculo de
hostilidade, e os preparativos para fazê-lo desaparecer do mundo dos
vivos tornaram-se cada vez mais evidentes. Cristo estava ciente
disso e frequentemente falava aos seus discípulos sobre o sofrimento
e a morte que o aguardavam: “Estamos subindo para Jerusalém, e o
Filho do Homem será entregue aos principais sacerdotes e aos mestres
da lei. Eles o condenarão à morte e o entregarão aos gentios. Ali,
zombarão dele, cuspirão nele, açoitarão-no e o matarão. Depois de
três dias, ele ressuscitará” (35).
Le Christ va audevant de sa passion et de sa mort en pleine
conscience de la mission qu'il doit accomplir précisément de cette
manière. C'est précisément par cette souffrance qu'il doit faire en
sorte « que l'homme ne périsse pas mais ait la vie éternelle ».
C'est précisément par sa Croix qu'il doit atteindre les racines du
mal enfoncées dans l'histoire de l'homme et dans l'âme humaine.
C'est précisément par sa Croix qu'il doit accomplir l'oeuvre du
salut . Cette oeuvre, dans le dessein de l'Amour éternel, a un
caractère rédempteur.
Cristo enfrenta sua
paixão e morte plenamente consciente da missão que deve cumprir,
precisamente dessa maneira. É precisamente por meio desse sofrimento
que ele deve garantir “que o homem não pereça, mas tenha a vida
eterna”. É precisamente através da sua Cruz que Ele deve alcançar as
raízes do mal enraizadas na história da humanidade e na alma humana.
É precisamente através da sua Cruz que Ele deve realizar a obra da
salvação. Esta obra, no plano do Amor eterno, tem um caráter
redentor.
Et c'est pourquoi il reprend sévèrement Pierre lorsque celui-ci veut
lui faire abandonner ses pensées sur la souffrance et sur la mort en
croix(36). Et quand le même Pierre, au moment de l'arrestation à
Gethsémani, tente de le défendre par l'épée, le Christ lui dit: «
Rentre ton épée... Comment alors s'accompliraient les Ecritures
d'après lesquelles il doit en être ainsi? »(37). Et il dit aussi: «
La coupe que m'a donnée le Père, ne la boirai-je pas? »(38). Cette
réponse — comme d'autres qui reviennent en divers points de
l'Evangile—montre combien le Christ était profondément pénétré de la
pensée qu'il avait déjà exprimée lors de son entretien avec Nicodème:
E é por isso que ele repreende severamente Pedro quando este tenta
dissuadi-lo de seus pensamentos sobre o sofrimento e a morte na cruz
(36). E quando o mesmo Pedro, no momento da prisão no Getsêmani,
tenta defendê-lo com a espada, Cristo lhe diz: “Guarda a tua espada...
Como então se cumpririam as Escrituras, segundo as quais deve ser
assim?” (37). E ele também diz: “Não beberei eu o cálice que o Pai
me deu?” (38). Esta resposta — como outras que se repetem em vários
pontos do Evangelho — mostra quão profundamente Cristo estava
imbuído do pensamento que já havia expressado durante sua conversa
com Nicodemos:
« Dieu, en effet, a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique
pour que tout homme qui croit en lui ne périsse pas mais ait la vie
éternelle »(39). Le Christ s'achemine vers sa propre souffrance,
conscient de sa force salvifique; il va, obéissant à son Père, mais
surtout il est uni à son Père dans l'amour meme dont le Père a aimé
le monde et l'homme dans le monde. Et c'est pourquoi saint Paul
écrira du Christ: il « m'a aimé et s'est livré pour moi »(40).
“Porque Deus amou o mundo de tal maneira que deu o
seu Filho unigênito, para que todo aquele que nele crê não pereça,
mas tenha a vida eterna” (39). Cristo caminha em direção ao seu
próprio sofrimento, consciente de seu poder salvador; caminha,
obediente ao Pai, mas acima de tudo está unido ao Pai no próprio
amor com que o Pai amou o mundo e o homem no mundo. E é por isso que
São Paulo escreverá sobre Cristo: ele “me amou e se entregou por mim”
(40).
17. Les Ecritures devaient s'accomplir. Nombreux étaient les
textes messianiques de l'Ancien Testament qui annonçaient les
souffrances du futur Oint de Dieu. L'un d'entre eux est
particulièrement touchant, celui que l'on appelle habituellement le
quatrième chant du Serviteur de Yahvé, contenu dans le Livre d'Isaie.
Le prophète, appelé à juste titre « le cinquième évangéliste »,
présente dans ce chant l'image des souffrances du Serviteur avec un
réalisme aigu, comme s'il les voyait de ses propres yeux, les yeux
du corps et ceux de l'esprit. A la lumière des versets d'Isaïe, la
passion du Christ devient presque plus expressive et émouvante
encore que dans les descriptions des évangélistes eux-mêmes. Voici
comment se présente devant nous le vrai Homme de douleur:
17. As Escrituras tinham que se cumprir. Muitos dos textos
messiânicos do Antigo Testamento predisseram os sofrimentos do
futuro Ungido de Deus. Um deles é particularmente comovente, aquele
geralmente chamado de quarto Cântico do Servo de Javé, contido no Livro de Isaías. O
profeta, corretamente chamado de “o quinto evangelista”, apresenta
neste cântico a imagem dos sofrimentos do Servo com um realismo
impressionante, como se os estivesse vendo com seus próprios olhos,
tanto físicos quanto espirituais. À luz dos versículos de Isaías, a
Paixão de Cristo torna-se quase mais expressiva e comovente do que
nas próprias descrições dos evangelistas. É assim que o verdadeiro
Homem de Dores aparece diante de nós:
« Il n'avait ni beauté ni éclat pour attirer nos regards... Objet de mépris, abandonné des hommes, homme de douleur, familier de la souffrance, comme quelqu'un devant qui on se voile la face, méprisé, nous n'en faisions aucun cas. Or ce sont nos souffrances qu'il portait et nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous le considérions comme puni, frappé par Dieu et humilié. Mais lui, il a été transpercé à cause de nos crimes, écrasé à cause de nos fautes. Le châtiment qui nous rend la paix est sur lui, et dans ses blessures nous trouvons la guérison. Tous, comme des moutons, nous étions errants, chacun suivant son propre chemin, et le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à tous »(41).
Ele não possuía beleza nem esplendor para atrair nosso olhar... Objeto de desprezo, abandonado pelos homens, homem de sofrimento e familiarizado com a dor. Como alguém de quem as pessoas escondem o rosto, era desprezado, e nós o tínhamos em baixa estima. Certamente ele tomou sobre si as nossas dores e carregou os nossos
sofrimentos, e nós o consideramos castigado por Deus, atingido por ele e afligido. Mas ele foi traspassado por causa das nossas transgressões, foi
esmagado por causa das nossas iniquidades. O castigo que nos trouxe paz estava sobre ele, e pelas suas feridas fomos curados. Todos nós, como ovelhas, nos desviamos, cada um de nós se voltou para o seu próprio caminho, e o Senhor fez cair sobre ele as iniquidades de todos nós” (41).
Le chant du Serviteur souffrant contient une description dans
laquelle on peut, en un sens, identifier les étapes de la passion du
Christ dans tous leurs détails: l'arrestation, l'humiliation, les
soufflets, les crachats, le mépris de la dignité même du prisonnier,
le jugement inique, puis la flagellation, le couronnement d'épines
et la dérision, le chemin de croix, la crucifixion, l'agonie. Ce qui
nous touche dans les paroles du prophète, plus encore que cette
description de la passion, c'est la profondeur du sacrifice du
Christ. Bien qu'innocent, voici qu'il se charge des souffrances de
tous les hommes parce qu'il se charge des péchés de tous. « Le
Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à tous »: tout le péché
de l'homme dans son étendue et sa profondeur devient la véritable
cause de la souffrance du Rédempteur.
O Cântico do Servo
Sofredor contém uma descrição na qual podemos, em certo sentido,
identificar as etapas da Paixão de Cristo em todos os seus detalhes:
a prisão, a humilhação, os açoites, os cuspes, o desprezo pela
própria dignidade do prisioneiro, o julgamento injusto, depois a
flagelação, a coroação de espinhos e o escárnio, o Caminho da Cruz,
a crucificação, a agonia. O que nos comove nas palavras do profeta,
ainda mais do que essa descrição da Paixão, é a profundidade do
sacrifício de Cristo. Embora inocente, Ele assume sobre si os
sofrimentos de toda a humanidade porque assume sobre si os pecados
de todos. "O Senhor fez cair sobre si a iniquidade de todos nós":
todo o pecado da humanidade, em sua amplitude e profundidade, torna-se
a verdadeira causa do sofrimento do Redentor.
Si la souffrance se « mesure » en fonction du mal enduré, les
paroles du prophète nous permettent de comprendre la mesure du mal
et de la souffrance dont le Christ s'est chargé. On peut dire que
c'est une souffrance de « substitution »; mais elle est surtout une
souffrance de « rédemption ». L'Homme de douleur de cette prophétie
est vraiment « l'agneau de Dieu qui enlève le péché du monde »(42).
Dans sa souffrance, les péchés sont effacés précisément parce que
lui seul, comme Fils unique, a pu les prendre sur lui, les assumer
avec un amour envers le Père qui surpasse le mal de tout péché; en
un certain sens, il anéantit ce mal dans l'espace spirituel des
rapports entre Dieu et l'humanité, et il remplit cet espace avec le
bien.
Se o sofrimento é "medido" de acordo com o mal suportado, as
palavras do profeta nos permitem compreender a dimensão do mal e do
sofrimento que Cristo assumiu. Pode-se dizer que é um sofrimento de
“substituição”; mas, acima de tudo, é um sofrimento de “redenção”. O
Homem das Dores, nesta profecia, é verdadeiramente “o Cordeiro de
Deus que tira o pecado do mundo” (42). Em seu sofrimento, os pecados
são apagados precisamente porque somente ele, como Filho unigênito,
foi capaz de tomá-los sobre si, de assumi-los com um amor pelo Pai
que supera o mal de todo pecado; em certo sentido, ele aniquila esse
mal no espaço espiritual da relação entre Deus e a humanidade, e
preenche esse espaço com o bem.
Nous touchons ici la dualité de nature d'un unique sujet personnel
de la souffrance rédemptrice. Celui qui, par sa passion et sa mort
sur la Croix, opère la Rédemption est le Fils unique que Dieu « a
donné ». Et en même temps, ce Fils de même nature que le Père
souffre en tant qu'homme. Sa souffrance a des dimensions humaines,
elle a aussi — à un degré unique dans l'histoire de l'humanité — une
profondeur et une intensité qui, bien qu'humaines, peuvent être
également une profondeur et une intensité incomparables de
souffrance du fait que l'Homme qui souffre est en personne le Fils
unique: « Dieu de Dieu ». Lui seul par conséquent — lui, le Fils
unique — est capable d'étreindre l'étendue du mal contenu dans le
péché de l'homme: dans tout péché et dans le péché «total », selon
les dimensions de l'existence historique de l'humanité sur la terre.
Aqui nos deparamos com a natureza dual do sujeito pessoal único do
sofrimento redentor. Aquele que, por meio de sua paixão e morte na
Cruz, efetua a Redenção é o Filho unigênito que Deus "deu". E, ao
mesmo tempo, este Filho, da mesma natureza do Pai, sofre como homem.
Seu sofrimento tem dimensões humanas; tem também — em um grau único
na história da humanidade — uma profundidade e intensidade que,
embora humanas, podem ser também uma profundidade e intensidade de
sofrimento incomparáveis, porque o Homem que sofre é, em pessoa, o
Filho unigênito: "Deus de Deus". Somente Ele, portanto — Ele, o
Filho unigênito — é capaz de abarcar toda a extensão do mal contido
no pecado humano: em todo pecado e no pecado "total", segundo as
dimensões da existência histórica da humanidade na Terra.
18. On peut dire qu'à présent les considérations ci-dessus nous
mènent directement à Gethsémani et sur le Golgotha, où s'est réalisé
le chant du Serviteur souffrant contenu dans le Livre d'Isaïe. Mais
avant d'y aller, lisons les versets suivants du chant, qui donnent
une anticipation prophétique de la passion de Gethsémani et du
Golgotha. Le Serviteur souffrant — et cela est à son tour essentiel
pour une analyse de la passion du Christ — se charge d'une manière
totalement volontaire des souffrances dont on a parlé:
18. Poderíamos dizer que as considerações acima nos levam
diretamente ao Getsêmani e ao Gólgota, onde se cumpriu o cântico do
Servo Sofredor contido no Livro de Isaías. Mas antes de
prosseguirmos, leiamos os seguintes versículos do cântico, que
antecipam profeticamente a paixão do Getsêmani e do Gólgota. O Servo
Sofredor — e isso é essencial para a análise da Paixão de Cristo —
assume voluntariamente os sofrimentos mencionados:
« Maltraité, il s'humiliait, il n'ouvrait pas la bouche, comme l'agneau qui se laisse mener à l'abattoir, comme devant les tondeurs une brebis muette, il n'ouvrait pas la bouche. Par contrainte et jugement il a été saisi. Parmi ses contemporains, qui s'est inquiété qu'il ait été retranché de la terre des vivants, qu'il ait été frappé pour le crime de son peuple? On lui a donné un sépulcre avec les impies et sa tombe est avec le riche, bien qu'il n'ait pas commis de violence et qu'il n'y ait pas eu de tromperie dans sa bouche »(43)
“Ele foi oprimido e afligido, mas não abriu a sua boca; como um cordeiro levado ao matadouro, e como a ovelha muda perante os seus tosquiadores, ele não abriu a sua boca. Pela opressão e pelo juízo foi preso.” Entre os seus contemporâneos, quem se importava com o fato de ele ter sido cortado da terra dos viventes, com o fato de ter sido fulminado pelo pecado do seu povo? Deram-lhe uma sepultura com os ímpios e o seu túmulo está com os ricos, embora não tenha cometido violência e não se tenha achado engano na sua boca”(43)or.or.
Le Christ souffre volontairement et c'est innocent qu'il souffre. Il
accueille par sa souffrance la question — posée nombre de fois par
les hommes — qui a été exprimée en un sens d'une manière radicale
par le Livre de Job. Toutefois, non seulement le Christ porte en lui
l'interrogation elle-même (et cela d'une façon encore plus radicale
puisque, s'il est homme comme Job, il est aussi le Fils unique de
Dieu), mais il apporte également la plus complète des réponses
possibles à cette question. La réponse vient, peut-on dire, de la
matière même dont est faite la demande. La réponse à l'interrogation
sur la souffrance et sur le sens de la souffrance, le Christ la
donne non seulement par son enseignement, c'est-à-dire par la Bonne
Nouvelle, mais avant tout par sa propre souffrance qui est complétée
d'une manière organique et indissoluble par cet enseignement de la
Bonne Nouvelle. Et c'est là le mot ultime, la synthèse, de cet
enseignement: «le langage de la Croix », comme le dira un jour saint
Paul(44).
Cristo sofre voluntariamente, e é inocentemente que Ele sofre.
Através do seu sofrimento, Ele abraça a questão — muitas vezes
colocada pela humanidade — que foi expressa de forma radical no
Livro de Jó. Contudo, Cristo não só carrega em si a própria questão
(e isto de uma forma ainda mais radical, visto que, embora seja
humano como Jó, é também o Filho unigênito de Deus), como também
oferece a resposta mais completa possível a essa questão. A resposta,
poderíamos dizer, provém da própria essência da questão. Cristo dá a
resposta à questão sobre o sofrimento e o significado do sofrimento
não só através do seu ensinamento, isto é, através da Boa Nova, mas
sobretudo através do seu próprio sofrimento, que é orgânica e
indissoluvelmente completado por este ensinamento da Boa Nova. E
esta é a palavra final, a síntese, deste ensinamento: “a linguagem
da Cruz”, como diria São Paulo um dia (44).
Ce « langage de la Croix » charge d'une réalité définitive l'image
de la prophétie antique. Bien des textes, bien des discours, dans
l'enseignement public du Christ, témoignent que celui-ci accepte
d'emblée cette souffrance, qui est la volonté du Père pour le salut
du monde. Mais ici, le point décisif est la prière à Gethsémani. «
Mon Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de moi!
Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux »(45), et un
peu plus loin: « Mon Père, si cette coupe ne peut passer sans que je
la boive, que ta volonté soit faite! » (46): ces paroles sont
expressives à plus d'un titre. Elles prouvent la vérité de l'amour
que le Fils unique donne à son Père par son obéissance. En même
temps, elles attestent la vérité de sa souffrance. Les paroles de la
prière du Christ à Gethsémani prouvent la vérité de l'amour par la
vérité de la souffrance. Les paroles du Christ confirment en toute
simplicité cette vérité humaine de la souffrance, jusqu'au fond: la
souffrance, c'est subir le mal, devant lequel l'homme frémit. Il dit:
« Qu'elle passe loin de moi! », précisément comme le Christ l'a dit
à Gethsémani.
Essa “linguagem da Cruz” imbuí a imagem da antiga profecia de
realidade definitiva. Muitos textos e discursos do ensinamento
público de Cristo testemunham que ele aceita prontamente esse
sofrimento, que é a vontade do Pai para a salvação do mundo. Mas
aqui, o ponto decisivo é a oração no Getsêmani. “Meu Pai, se for
possível, afasta de mim este cálice; contudo, não seja feita a minha
vontade, mas a tua” (45), e um pouco mais adiante: “Meu Pai, se este
cálice não puder ser afastado de mim sem que eu o beba, faça-se a
tua vontade” (46): essas palavras são expressivas em mais de um
sentido. Elas comprovam a verdade do amor que o Filho Unigênito
demonstra ao Pai por meio de sua obediência. Ao mesmo tempo, atestam
a verdade de seu sofrimento. As palavras da oração de Cristo no
Getsêmani comprovam a verdade do amor por meio da verdade do
sofrimento. As palavras de Cristo simplesmente confirmam esta
verdade humana fundamental do sofrimento: sofrer é suportar o mal,
diante do qual a humanidade treme. Ele diz: "Passe isso de mim!" —
exatamente como Cristo disse no Getsêmani.
Ses paroles attestent en même temps la profondeur et l'intensité
uniques et incomparables de la souffrance que seul l'Homme qui est
le Fils unique a pu expérimenter; elles attestent cette profondeur
et cette intensité que les termes prophétiques cités ci-dessus
aident, à leur manière, à comprendre: pas à fond, certes (il
faudrait pour cela pénétrer le mystère divin et humain de celui qui
en est le sujet), mais au moins à comprendre la différence (et en
même temps la ressemblance) qui se vérifie entre toute souffrance
possible de l'homme et celle du Dieu-Homme. Gethsémani est le lieu
où précisément cette souffrance, dans toute la vérité exprimée par
le prophète sur le mal qu'elle fait ressentir, s'est révélée quasi
définitivement à l'âme du Christ.
Suas palavras atestam simultaneamente a profundidade e a intensidade
únicas e incomparáveis do sofrimento que somente o Homem, Filho
Unigênito, poderia experimentar; atestam essa profundidade e
intensidade que os termos proféticos citados acima nos ajudam, à sua
maneira, a compreender: não plenamente, certamente (pois isso
exigiria penetrar o mistério divino e humano daquele que é o seu
sujeito), mas ao menos a compreender a diferença (e ao mesmo tempo a
semelhança) que é evidente entre todo o sofrimento humano possível e
o do Deus-Homem. Getsêmani é o lugar onde precisamente esse
sofrimento, em toda a verdade expressa pelo profeta sobre o mal que
ele causa, foi revelado quase definitivamente à alma de Cristo.
Après les paroles de Gethsémani viennent les paroles prononcées sur
le Golgotha: elles témoignent de la profondeur — unique dans
l'histoire du monde — du mal que représente l'épreuve de la
souffrance. Lorsque le Christ dit « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi
m'as-tu abandonné? », ses paroles ne sont pas seulement l'expression
de l'abandon qui s'exprimait souvent dans l'Ancien Testament,
spécialement dans les Psaumes, et en particulier dans ce Psaume 22
[21] d'où vient la phrase citée(47). On péut dire que ces paroles
d'abandon naissent au plan de l'union indissoluble du Fils à son
Père, et qu'elles naissent parce que le Père « a fait retomber sur
lui nos fautes à tous »(48), dans la ligne de ce que dira saint
Paul: « Celui qui n'avait pas connu le péché, Dieu l'a pour nous identifié au péché »(49). En même temps que ce poids horrible,
mesurant «tout » le mal — contenu dans le péché — qui consiste à
tourner le dos à Dieu, le Christ, par la profondeur divine de
l'union filiale à son Père, perçoit d'une façon humainement
inexprimable la souffrance qu'est la séparation, le rejet du Père,
la rupture avec Dieu. Mais c'est justement par cette souffrance qu'il
opère la Rédemption et qu'il peut dire en expirant: « Tout est
accompli »(50)
Após as palavras do Getsêmani, vêm as palavras proferidas no Gólgota:
elas testemunham a profundidade — única na história do mundo — do
mal representado pela provação do sofrimento. Quando Cristo diz:
“Meu Deus, meu Deus, por que me abandonaste?”, suas palavras não são
meramente uma expressão do abandono frequentemente encontrado no
Antigo Testamento, especialmente nos Salmos, e particularmente no
Salmo 22 [21], de onde provém a frase citada (47). Pode-se dizer que
essas palavras de abandono brotam da união indissolúvel do Filho com
o Pai, e que brotam porque o Pai “fez cair sobre ele as iniquidades
de todos nós” (48), em consonância com o que São Paulo dirá: “Aquele
que não tinha pecado, Deus o fez pecado por nós” (49). Ao mesmo
tempo que pesa este peso horrível, que mede “todo” o mal — contido
no pecado — que consiste em dar as costas a Deus, Cristo, através da
profundidade divina da união filial com o Pai, percebe de um modo
humanamente inexprimível o sofrimento que é a separação, a rejeição
do Pai, a ruptura com Deus. Mas é precisamente através deste
sofrimento que Ele realiza a Redenção e que pode dizer, ao expirar:
“Está consumado”. (50)
On peut dire aussi que l'Ecriture s'est accomplie, que se sont
définitivement réalisées les paroles du chant du Serviteur souffrant:
« Le Seigneur a voulu l'écraser par la souffrance »(51). La
souffrance humaine a atteint son sommet dans la passion du Christ.
Et, simultanément, elle a revêtu une dimensioncomplètement nouvelle
et est entrée dans un ordre nouveau: elle a été liée à l'amour, à
l'amour dont le Christ parlait à Nicodème, à l'amour qui crée le
bien, en le tirant même du mal, en le tirant au moyen de la
souffrance, de même que le bien suprême de la Rédemption du monde a
été tiré de la Croix du Christ ettrouve continuellement en elle son
point de départ. La Croix du Christ est devenue une source d'où
coulent des fleuves d'eau vive(52). C'est en elle aussi que nous
devons reposer la question du sens de la souffrance et trouver
jusqu'au bout la réponse à cette question.
Podemos também dizer que as Escrituras se cumpriram, que as palavras
do cântico do Servo Sofredor se realizaram definitivamente: “O
Senhor quis esmagá-lo com sofrimento” (51). O sofrimento humano
atingiu o seu ápice na Paixão de Cristo. E, simultaneamente, assumiu
uma dimensão completamente nova e entrou numa nova ordem: ligou-se
ao amor, ao amor de que Cristo falou a Nicodemos, ao amor que cria o
bem, extraindo-o até do mal, extraindo-o através do sofrimento, tal
como o bem supremo da Redenção do mundo foi extraído da Cruz de
Cristo e nela encontra continuamente o seu ponto de partida. A Cruz
de Cristo tornou-se uma fonte da qual jorram rios de água viva (52).
É nela, também, que devemos revisitar a questão do significado do
sofrimento e encontrar a resposta a esta questão até ao seu fim.
V
PARTICIPANTS DES SOUFFRANCES DU CHRIST
V
PARTICIPANTES NOS
SOFRIMENTOS DE CRISTO
19. Le même chant du Serviteur souffrant, dans le Livre d'Isaïe,
nous conduit justement, par les versets qui suivent, dans la
direction de cette question et de cette réponse:
« S'il offre sa vie en sacrifice expiatoire, il verra une postérité, il prolongera ses jours, par lui s'accomplira la volonté du Seigneur. A la suite de l'épreuve endurée par son âme, il verra la lumière et sera comblé Par sa connaissance, le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes en s'accablant lui-même de leurs fautes. C'est pourquoi il aura sa part parmi les multitudes, et avec les puissants il partagera le butin, parce qu'il s'est livré lui-même à la mort et qu'il a été compté parmi les criminels et qu'il portait le péché des multitudes et qu'il intercédait pour les criminels »(53).
19. O mesmo cântico do Servo Sofredor, no Livro de Isaías, nos
conduz precisamente, através dos versículos que se seguem, na
direção desta pergunta e desta resposta:
“Se ele oferecer a sua vida como sacrifício expiatório, verá a sua posteridade, prolongará os seus dias, e nele se cumprirá a vontade do Senhor. Depois do sofrimento da sua alma, verá a luz e será saciado. Pelo seu conhecimento, o meu servo justo justificará a muitos, tomando sobre si as iniquidades deles. Portanto, terá uma porção entre muitos, e repartirá os despojos com os poderosos, porque derramou a sua vida até à morte, e foi contado com os transgressores, e levou sobre si o pecado de muitos, e intercedeu pelos transgressores” (53).
On
peut dire qu'avec la passion du Christ, toute souffrance humaine
s'est trouvée dans une situation nouvelle. Cette situation, il
semble que Job l'ait pressentie quand il disait: « Je sais, moi, que
mon rédempteur est vivant... »(54), et qu'il ait orienté vers elle
sa propre souffrance qui, sans la Rédemption, n'aurait pu lui
révéler la plénitude de sa signification. Dans la Croix du Christ,
non seulement la Rédemption s'est accomplie par la souffrance, mais
de plus la souffrance humaine elle-même a été rachetée. Le Christ —
sans qu'il ait commis aucune faute — s'est chargé du « mal total du
péché ». L'expérience de ce mal a déterminé la mesure incomparable
de la souffrance du Christ, qui est devenue le prix de la Rédemption.
Pode-se
dizer que, com a Paixão de Cristo, todo o sofrimento humano se viu
em uma nova situação. Parece que Jó pressentiu essa situação quando
disse: “Eu sei que o meu Redentor vive…” (54), e direcionou seu
próprio sofrimento para ela, sofrimento que, sem a Redenção, não
poderia ter lhe revelado a plenitude de seu significado. Na Cruz de
Cristo, não apenas a Redenção foi realizada por meio do sofrimento,
mas o próprio sofrimento humano também foi redimido. Cristo — sem
ter cometido nenhum pecado — assumiu sobre si o “mal total do pecado”.
A experiência desse mal determinou a medida incomparável do
sofrimento de Cristo, que se tornou o preço da Redenção.
C'est ce que dit le chant du Serviteur souffrant dans Isaïe. En leur
temps, les témoins de la Nouvelle Alliance, conclue dans le Sang du
Christ, le diront aussi. Voici comment s'exprime l'Apôtre Pierre
dans sa première lettre: « Sachez que ce n'est par rien de
corruptible, argent ou or, que vous avez été affranchis de la vaine
conduite héritée de vos pères, mais par un sang précieux, comme d'un
agneau sans défaut et sans tache, celui du Christ »(55). Et l'Apôtre
Paul, dans sa lettre aux Galates, dira: « Il s'est livré pour nos
péchés afin de nous arracher à ce monde actuel et mauvais »(56), et
dans la première lettre aux Corinthiens: « Car le Seigneur vous a
achetés très cher. Rendez gloire à Dieu dans votre corps! »(57).
É isso que expressa o cântico do Servo Sofredor em Isaías. Em seu
tempo, as testemunhas da Nova Aliança, selada no Sangue de Cristo,
também o proclamarão. Eis como o apóstolo Pedro o expressa em sua
primeira carta: “Pois vocês sabem que não foi com coisas perecíveis
como prata ou ouro que vocês foram resgatados da sua maneira vazia
de viver, transmitida por seus antepassados, mas com o precioso
sangue de Cristo, cordeiro sem mácula e sem defeito” (55). E o
apóstolo Paulo, em sua carta aos Gálatas, dirá: “Ele se entregou por
nossos pecados para nos resgatar desta era perversa” (56), e na
primeira carta aos Coríntios: “Pois o Senhor os comprou por um preço.
Agora glorifiquem a Deus no corpo de vocês!” (57).
C'est ainsi, ou par des «pressions semblables, que les témoins de la
Nouvelle Alliance parlent de la grandeur de la Rédemption qui s'est
accomplie par la souffrance du Christ. Le Rédempteur a souffert à la
place de l'homme et pour l'homme. Tout homme participe d'une manière
ou d'une autre à la Rédemption. Chacun est appelé,lui aussi, à
participer à la souffrance par laquelle la Rédemption s'est
accomplie. Il est appelé à participer à la souffrance par laquelle
toute souffrance humaine a aussi été rachetée. En opérant la
Rédemption par la souffrance, le Christ a élevé en même temps la
souffrance humaine jusqu'à lui donner valeur de Rédemption. Tout
homme peut donc, dans sa souffrance, participer à la souffrance
rédemptrice du Christ.
É dessa forma, ou por
meio de apelos semelhantes, que as testemunhas da Nova Aliança falam
da grandeza da Redenção realizada por meio do sofrimento de Cristo.
O Redentor sofreu em lugar da humanidade e pela humanidade. Cada
pessoa participa da Redenção de uma forma ou de outra. Cada pessoa
também é chamada a participar do sofrimento por meio do qual a
Redenção foi realizada. Elas são chamadas a participar do sofrimento
por meio do qual todo o sofrimento humano também foi redimido. Ao
efetuar a Redenção por meio do sofrimento, Cristo elevou
simultaneamente o sofrimento humano ao nível da própria redenção.
Portanto, cada pessoa pode, em seu sofrimento, participar do
sofrimento redentor de Cristo.
20. Les textes du Nouveau Testament expriment cette idée en bien des
endroits. Dans la deuxième lettre aux Corinthiens, l'Apôtre écrit: «
Pressés de toute part, mais non pas écrasés; ne sachant qu'espérer,
mais non désespérés; persécutés, mais non abandonnés; terrassés,
mais non annihilés. Nous portons partout et toujours en notre corps
les souffrances de mort de Jésus, pour que la vie de Jésus soit,
elle aussi, manifestée dans notre corps. Quoique vivants, en effet,
nous sommes continuellement livrés à la mort à cause de Jésus, pour
que la vie de Jésus soit, elle aussi, manifestée dans notre chair
mortelle..., sachant que Celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus
nous ressuscitera, nous aussi, avec Jésus »(58).
20. Os textos do Novo
Testamento expressam essa ideia em muitos lugares. Na segunda carta
aos Coríntios, o Apóstolo escreve: “Sendo perseguidos por todos os
lados, mas não esmagados; perplexos, mas não desesperados;
perseguidos, mas não abandonados; abatidos, mas não destruídos.
Trazemos sempre em nosso corpo o morrer de Jesus, para que a vida de
Jesus também se manifeste em nosso corpo. Pois, embora vivamos,
estamos sempre entregues à morte por amor de Jesus, para que a vida
de Jesus também se manifeste em nossa carne mortal… sabendo que
aquele que ressuscitou o Senhor Jesus também nos ressuscitará com
Jesus” (58).
Saint Paul parle des diverses souffrances et en particulier de
celles que subissaient les premiers chrétiens « à cause de Jésus ».
Ces souffrances permettent aux destinataires de cette lettre de
prendre part à l'oeuvre de la Rédemption accomplie moyennant les
souffrances et la mort du Rédempteur. L'éloquence de la Croix et de
la mort est complétée, toutefois, par l'éloquence de la Résurrection.
L'homme trouve dans la Résurrection une lumière complètement
nouvelle qui l'aide à se frayer un chemin à travers les ténèbres
épaisses des humiliations, des doutes, du désespoir et de la
persécution. C'est pourquoi l'Apôtre écrira aussi dans la seconde
lettre aux Corinthiens: « De même en effet que les souffrances du
Christ abondent pour nous, ainsi, par le Christ, abonde aussi notre
consolation »(59). Ailleurs, il adresse à ses destinataires des
paroles d'encouragement: « Que le Seigneur dirige vos cœurs vers
l'amour de Dieu et la constance du Christ »(60). Et dans la lettre
aux Romains, il écrit: « Je vous exhorte, frères, par la miséricorde
de Dieu, à offrir vos personnes en hostie vivante, sainte, agréable
à Dieu: c'est là le culte spirituel que vous avez à rendre »(61)
São Paulo fala de vários
sofrimentos, em particular daqueles suportados pelos primeiros
cristãos "por amor a Jesus". Esses sofrimentos permitem aos
destinatários desta carta participar da obra da Redenção realizada
por meio dos sofrimentos e da morte do Redentor. A eloquência da
Cruz e da morte é complementada, porém, pela eloquência da
Ressurreição. Na Ressurreição, a humanidade encontra uma luz
completamente nova que a ajuda a encontrar o caminho através da
densa escuridão da humilhação, da dúvida, do desespero e da
perseguição. É por isso que o Apóstolo também escreve na Segunda
Carta aos Coríntios: "Pois, assim como participamos abundantemente
dos sofrimentos de Cristo, também por meio de Cristo transborda a
nossa consolação" (59). Em outro lugar, ele se dirige aos seus
destinatários com palavras de encorajamento: "Que o Senhor dirija os
vossos corações para o amor de Deus e para a perseverança de Cristo"
(60). E na carta aos Romanos, ele escreve: “Rogo-vos, irmãos, pela
misericórdia de Deus, que apresenteis os vossos corpos em sacrifício
vivo, santo e agradável a Deus; este é o vosso culto racional” (61)
La participation même à la souffrance du Christ trouve en ces
expressions apostoliques comme une double dimension. Si un homme en
vient à participer aux souffrances du Christ, c'est parce que le
Christ a ouvert sa souffrance à l'homme, parce que Lui-même, dans sa
souffrance rédemptrice, a participé en un sens à toutes les
souffrances humaines. En découvrant grâce à la foi la souffrance
rédemptrice du Christ, l'homme découvre en même temps en elle ses
propres souffrances, il les retrouve, grâce à la foi, enrichies d'un
contenu nouveau et d'une signification nouvelle.
A participação no
sofrimento de Cristo assume uma dupla dimensão nessas expressões
apostólicas. Se uma pessoa passa a participar dos sofrimentos de
Cristo, é porque Cristo abriu seu sofrimento à humanidade, porque
ele próprio, em seu sofrimento redentor, participou, em certo
sentido, de todo o sofrimento humano. Ao descobrir, pela fé, o
sofrimento redentor de Cristo, a humanidade descobre simultaneamente
seus próprios sofrimentos internos; redescobre-os, pela fé,
enriquecidos com novo conteúdo e novo significado.
Cette découverte a inspiré à saint Paul des paroles particulièrement
fortes dans sa lettre aux Galates: « Je suis crucifié avec le
Christ; et ce n'est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi.
Ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu
qui m'a aimé et s'est livré pour moi »(62). La foi permet à l'auteur
de ces paroles de connaître l'amour même qui a conduit le Christ sur
la Croix. Et s'il a aimé ainsi, jusqu'à souffrir et mourir, c'est
avec cette souffrance et cette mort qu'il vit en celui qu'il a aimé
ainsi, qu'il vit en l'homme: en Paul. Et en vivant en lui — à mesure
que Paul, conscient de cela grâce à la foi, répond par l'amour à son
amour —, le Christ devient aussi d'une manière particulière uni à
l'homme, à Paul, par la croix. Cette union a dicté à Paul, dans la
même lettre aux Galates, d'autres expressions non moins fortes: «
Pour moi, que jamais je ne me glorifie sinon dans la Croix de notre
Seigneur Jésus-Christ, qui a fait du monde un crucifié pour moi et
de moi un crucifié pour le monde »(63).
Essa descoberta inspirou
São Paulo a escrever palavras particularmente poderosas em sua carta
aos Gálatas: “Fui crucificado com Cristo. Assim, já não sou eu quem
vive, mas Cristo vive em mim. A vida que agora vivo na carne, vivo-a
pela fé no Filho de Deus, que me amou e se entregou por mim” (62). A
fé permite ao autor dessas palavras conhecer o próprio amor que
levou Cristo à Cruz. E se ele amou dessa maneira, até o ponto de
sofrer e morrer, é com esse sofrimento e morte que ele vive naquele
a quem amou dessa maneira, que ele vive no homem: em Paulo. E
vivendo nele — como Paulo, consciente disso pela fé, responde com
amor ao seu amor — Cristo também se une de modo especial ao homem, a
Paulo, por meio da cruz. Essa união levou Paulo, na mesma carta aos
Gálatas, a usar outras expressões, não menos poderosas: “Quanto a
mim, que eu jamais me glorie…” exceto na Cruz de nosso Senhor Jesus
Cristo, que fez o mundo crucificado por mim e eu crucificado pelo
mundo” (63).
21.
La Croix du Christ jette la lumière salvifique d'une manière aussi
pénétrante sur la vie de l'homme, et en particulier sur sa
souffrance, parce que grâce à la foi elle le rejoint en même temps
que la Résurrection: le mystère de la passion est contenu dans le
mystère pascal. Les témoins de la passion du Christ sont tout à la fois témoins de sa Résurrection. Paul écrit: « Il s'agit de le
connaître, lui, avec la puissance de sa Résurrection et la communion
à ses souffrances, lui devenir conforme dans sa mort, afin de
parvenir si possible à ressusciter d'entre les morts »(64).
L'Apôtre a vraiment expérimenté d'abord « la puissance de la
Résurrection » du Christ, sur le chemin de Damas, et c'est seulement
ensuite, dans cette lumière pascale, qu'il est arrivé à la «
communion à ses souffrances » dont il parle, par exemple, dans la
lettre aux Galates. Le chemin de Paul est clairement pascal: la
participation à la Croix du Christ se réalise à travers l'expérience
du Ressuscité, donc grâce à une participation spéciale à la
Résurrection. C'est pourquoi dans les expressions de l'Apôtre sur le
thème de la souffrance apparaît si souvent le motif de la gloire à
laquelle la Croix du Christ donne naissance.
21. A
Cruz de Cristo lança uma luz tão penetrante sobre a vida humana, e
especialmente sobre o sofrimento, porque, pela fé, ela nos alcança
ao mesmo tempo que a Ressurreição: o mistério da Paixão está contido
no Mistério Pascal. As testemunhas da Paixão de Cristo são também
testemunhas da sua Ressurreição. Paulo escreve: “Queremos conhecê-lo,
e conhecê-lo no poder da sua Ressurreição e na participação nos seus
sofrimentos, para nos tornarmos semelhantes a ele na sua morte, para
que, por todos os meios possíveis, alcancemos a ressurreição dentre
os mortos” (64).
O Apóstolo experimentou verdadeiramente primeiro “o poder da
Ressurreição” de Cristo no caminho de Damasco, e foi somente depois,
nesta luz pascal, que chegou à “participação nos seus sofrimentos”
da qual fala, por exemplo, na Carta aos Gálatas. O caminho de Paulo
é claramente pascal: a participação na Cruz de Cristo se realiza por
meio da experiência do Ressuscitado e, portanto, por meio de uma
participação especial na Ressurreição. É por isso que o tema da
glória que a Cruz de Cristo gera aparece com tanta frequência nas
expressões do Apóstolo sobre o tema do sofrimento.
Les témoins de la Croix et de la Résurrection étaient convaincus que
« il nous faut passer par bien des tribulations pour entrer dans le
Royaume de Dieu »(65). Et Paul, écrivant aux Thessaloniciens,
s'exprime ainsi: « Nous-mêmes sommes fiers de vous..., de votre
constance et de votre foi dans toutes les persécutions et tribulations que vous supportez. Par là se manifeste le juste
jugement de Dieu, où vous serez trouvés dignes du Royaume de Dieu
pour lequel vous souffrez vous aussi »(66). Ainsi donc, la communion
aux souffrances du Christ est en même temps souffrance pour le
Royaume de Dieu.
As testemunhas da Cruz e
da Ressurreição estavam convencidas de que “é necessário passar por
muitas tribulações para entrar no Reino de Deus” (65). E Paulo,
escrevendo aos tessalonicenses, expressa-se assim: “Nós mesmos nos
gloriamos de vocês... por causa da perseverança e da fé que vocês
demonstram em todas as perseguições e aflições que estão suportando.
Isso é para demonstrar o justo julgamento de Deus, para que vocês
sejam considerados dignos do Reino de Deus, pelo qual também estão
sofrendo” (66). Assim, a comunhão nos sofrimentos de Cristo é, ao
mesmo tempo, sofrer pelo Reino de Deus.
Aux yeux du Dieu juste, selon son jugement, tous ceux qui communient
aux souffrances du Christ deviennent dignes de ce Royaume. Par leurs
souffrances, ils restituent en un sens le prix infini de la passion
et de la mort du Christ, qui est devenu le prix de notre Rédemption:
à ce prix, le Royaume de Dieu a été à nouveau consolidé dans
l'histoire de l'homme, en devenant la perspective définitive de son
existence terrestre. Le Christ nous a introduits dans ce Royaume par
sa souffrance. Et c'est aussi par la souffrance que deviennent mûrs
pour lui les hommes plongés dans le mystère de la Rédemption du
Christ.
Aos olhos do Deus justo, segundo o Seu juízo, todos os que
participam dos sofrimentos de Cristo tornam-se dignos deste Reino.
Por meio de seus sofrimentos, eles pagam, em certo sentido, o preço
infinito da paixão e morte de Cristo, que se tornou o preço de nossa
Redenção: a esse preço, o Reino de Deus foi restabelecido na
história da humanidade, tornando-se a perspectiva final de nossa
existência terrena. Cristo nos conduziu a esse Reino por meio de seu
sofrimento. E é também por meio do sofrimento que aqueles que estão
imersos no mistério da Redenção de Cristo se tornam maduros para Ele.
22. A la perspective du Royaume de Dieu est liée l'espérance de la
gloire dont l'origine se trouve dans la Croix du Christ. La
Résurrection a révélé cette gloire — la gloire eschatologique — qui,
dans la Croix du Christ, était complètement obscurcie par
l'immensité de la souffrance. Ceux qui communient aux souffrances du
Christ sont aussi appelés, moyennant leurs propres souffrances, à
prendre part à la gloire. C'est ce que Paul exprime en divers
endroits. Il écrit aux Romains: «Nous sommes... cohéritiers du
Christ, puisque nous souffrons avec lui pour être aussi glorifiés
avec lui. J'estime en effet que les souffrances du temps présent ne
sont pas à comparer à la gloire qui doit se révéler en nous »(67).
Dans la deuxième lettre aux Corinthiens, nous lisons: «Car la légère
tribulation d'un instant nous prépare, jusqu'à l'excès, une masse
éternelle de gloire, à nous qui ne regardons pas aux choses visibles,
mais aux invisibles »(68). L'Apôtre Pierre exprimera cette vérité
dans les paroles suivantes de sa première lettre: « Dans la mesure
où vous participez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin
que, lors de la révélation de sa gloire, vous soyez aussi dans la
joie et l'allégresse »(69)
22. A perspectiva do Reino de Deus está ligada à esperança da glória,
cuja origem reside na Cruz de Cristo. A Ressurreição revelou essa
glória — a glória escatológica — que, na Cruz de Cristo, estava
completamente obscurecida pela imensidão do sofrimento. Aqueles que
participam dos sofrimentos de Cristo são também chamados, por meio
de seus próprios sofrimentos, a participar da glória. É isso que
Paulo expressa em diversas passagens. Ele escreve aos Romanos:
“Somos, pois, coerdeiros com Cristo, visto que sofremos com ele para
que também sejamos glorificados com ele. Porque considero que os
nossos sofrimentos atuais não podem ser comparados com a glória que
em nós será revelada” (67). Na Segunda Carta aos Coríntios, lemos:
“Porque os nossos sofrimentos leves e momentâneos produzem para nós
muito mais do que estes uma riqueza eterna, para nós que não
atentamos no que se vê, mas no que não se vê” (68). O apóstolo Pedro
expressou esta verdade nas seguintes palavras da sua primeira carta:
«Na medida em que participais dos sofrimentos de Cristo, alegrai-vos,
para que também na revelação da sua glória vos alegreis e exulteis»
(69).
Le motif de la souffrance et de la gloire a un caractère strictement
évangélique qui s'éclaire par la référence à la Croix et à la
Résurrection. La Résurrection est devenue avant tout la
manifestation de la gloire qui répond à l'élévation du Christ par la
Croix. Si en effet la Croix a représenté aux yeux des hommes le
dépouillement du Christ, elle a représenté en même temps aux yeux de
Dieu son élévation. Sur la Croix, le Christ a atteint et réalisé sa
mission en toute plénitude: en accomplissant la volonté de son Père,
il s'est réalisé en même temps luimême. Dans la faiblesse, il a
manifesté sa puissance, et dans l'humiliation, toute sa grandeur
messianique.
O tema do sofrimento e
da glória tem um caráter estritamente evangélico, iluminado pela
referência à Cruz e à Ressurreição. A Ressurreição tornou-se,
sobretudo, a manifestação da glória que corresponde à exaltação de
Cristo pela Cruz. De fato, se a Cruz representou o esvaziamento de
si mesmo aos olhos dos homens, representou ao mesmo tempo a sua
exaltação aos olhos de Deus. Na Cruz, Cristo alcançou e cumpriu a
sua missão em plenitude: cumprindo a vontade do Pai, realizou-se a
si mesmo. Na fraqueza, manifestou o seu poder e, na humilhação, toda
a sua grandeza messiânica.
Ne trouve-t-on pas une preuve de cette grandeur dans toutes les
paroles prononcées durant l'agonie sur le Golgotha, et spécialement
celles qui concernent les auteurs de la crucifixion: « Père,
pardonne-leur: ils ne savent ce qu'ils font »(70)? Ces paroles
s'imposent comme un exemple suprême à ceux qui communient aux
souffrances du Christ. La souffrance est aussi un appel à manifester
la grandeur morale de l'homme, sa maturité spirituelle. Les martyrs
et les confesseurs du Christ des diverses générations en ont donné
la preuve par leur fidélité à ces paroles: :« Ne craignez rien de
ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer l'âme »(71)
Não há prova dessa grandeza em todas as palavras proferidas durante
a agonia no Gólgota, e especialmente naquelas referentes aos
perpetradores da crucificação: “Pai, perdoa-lhes, porque não sabem o
que fazem” (70)? Essas palavras constituem um exemplo supremo para
aqueles que participam dos sofrimentos de Cristo. O sofrimento é
também um apelo para manifestar a grandeza moral da humanidade, a
sua maturidade espiritual. Os mártires e confessores de Cristo ao
longo das gerações deram prova disso pela sua fidelidade a estas
palavras: «Não temais os que matam o corpo, mas não podem matar a
alma» (71).
La Résurrection du Christ a révélé « la gloire du siècle à venir »
et en même temps elle a confirmé « l'exaltation de la Croix »: cette
gloire qui est comprise dans la souffrance même du Christ, telle
qu'elle s'est bien souvent reflétée et qu'elle se reflète encore
dans la souffrance de l'homme comme expression de sa grandeur
spirituelle. Il faut rendre témoignage de cette gloire non seulement
aux martyrs de la foi mais aussi aux nombreux autres hommes qui
parfois, sans avoir la foi au Christ, souffrent et donnent leur vie
pour la vérité ou pour une juste cause. Dans leurs souffrances à
tous est confirmée d'une manière particulière la haute dignité de
l'homme.
A Ressurreição de Cristo
revelou “a glória do século vindouro” e, ao mesmo tempo, confirmou
“a exaltação da Cruz”: aquela glória que está contida no próprio
sofrimento de Cristo, como tantas vezes se refletiu e ainda se
reflete no sofrimento da humanidade como expressão de sua grandeza
espiritual. Devemos testemunhar essa glória não apenas nos mártires
da fé, mas também em muitas outras pessoas que, por vezes, sem terem
fé em Cristo, sofrem e dão a vida pela verdade ou por uma causa
justa. Em seu sofrimento, a elevada dignidade da humanidade se
confirma de modo singular.
23. La souffrance, en effet, est toujours une épreuve — parfois une
épreuve assez dure — à laquelle l'humanité est soumise. Dans les
pages des lettres de saint Paul, nous sommes souvent frappés par le
paradoxe évangélique de la faiblesse et de la force, expérimenté
d'une manière particulière par l'Apôtre et qu'éprouvent avec lui
tous ceux qui communient aux souffrances du Christ. Il écrit dans la
deuxième lettre aux Corinthiens: « Je me glorifierai surtout de mes
faiblesses, afin que repose sur moi la puissance du Christ »(72).
Dans la deuxième lettre à Timothée, nous lisons: « C'est à cause de
cela que je connais cette nouvelle épreuve, mais je n'en rougis pas,
car je sais en qui j'ai mis ma foi »(73). Et dans la lettre aux
Philippiens, il dira même: « Je puis tout en Celui qui me rend fort
»(74).
23. O sofrimento, de fato, é sempre uma provação — às vezes bastante
dura — à qual a humanidade está sujeita. Nas páginas das cartas de
São Paulo, somos frequentemente surpreendidos pelo paradoxo
evangélico da fraqueza e da força, vivenciado de maneira particular
pelo Apóstolo e vivenciado com ele por todos aqueles que participam
dos sofrimentos de Cristo. Ele escreve na Segunda Carta aos
Coríntios: “Acima de tudo, porém, me gloriarei nas minhas fraquezas,
para que o poder de Cristo repouse em mim” (72). Na Segunda Carta a
Timóteo, lemos: “Por essa razão, enfrento esta nova provação;
contudo, não me envergonho, porque sei em quem tenho crido” (73). E
na Carta aos Filipenses, ele dirá ainda: “Tudo posso naquele que me
fortalece” (74).
Ceux qui communient aux souffrances du Christ ont devant les yeux le
mystère pascal de la Croix et de la Résurrection, dans lequel le
Christ descend, dans une première phase, jusqu'aux extrêmes limites
de la faiblesse et de l'impuissance humaines: il meurt cloué sur la
Croix. Mais si en même temps dans cette faiblesse s'accomplit son
élévation, confirmée par la force de la Résurrection, cela signifie
que les faiblesses de toutes les souffrances humaines peuvent être
pénétrées de la puissance de Dieu qui s'est manifestée dans la Croix
du Christ.
Aqueles que participam
dos sofrimentos de Cristo têm diante dos olhos o Mistério Pascal da
Cruz e da Ressurreição, no qual Cristo desce, numa primeira fase,
até os limites da fraqueza e impotência humanas: Ele morre pregado
na Cruz. Mas se, ao mesmo tempo, nessa fraqueza se realiza a sua
exaltação, confirmada pelo poder da Ressurreição, isso significa que
as fraquezas de todo o sofrimento humano podem ser penetradas pelo
poder de Deus manifestado na Cruz de Cristo.
Selon cette conception, souffrir signifie devenir particulièrement
réceptif, particulièrement ouvert à l'action des forces salvifiques
de Dieu offertes à l'humanité dans le Christ. En lui, Dieu a
confirmé qu'il veut agir spécialement au moyen de cette souffrance
que sont en eux-mêmes la faiblesse et le dépouillement de l'homme,
et que c'est précisément dans cette faiblesse et dans ce
dépouillement qu'il veut manifester sa puissance. Ainsi peut
s'expliquer également la recommandation de la première lettre de
Pierre: « Si c'est comme chrétien (que l'un de vous souffre), qu'il
n'ait pas honte, qu'il glorifie Dieu de porter ce nom »(75).
Segundo essa compreensão,
sofrer significa tornar-se particularmente receptivo,
particularmente aberto à ação das forças salvíficas de Deus
oferecidas à humanidade em Cristo. Nele, Deus confirmou que deseja
agir especialmente por meio desse sofrimento, que é em si mesmo a
fraqueza e a destituição da humanidade, e que é precisamente nessa
fraqueza e destituição que Ele deseja manifestar o seu poder. Isso
explica também a recomendação da Primeira Carta de Pedro: “Se algum
de vocês sofre como cristão, não se envergonhe; antes, glorifique a
Deus por levar esse nome” (75).
Dans la lettre aux Romains, l'Apôtre Paul se prononce de façon
encore plus ample sur le thème de cette « naissance de la force dans
la faiblesse », de ce renouvellement d'énergie spirituelle de
l'homme au milieu des épreuves et des tribulations qui est la
vocation spéciale de ceux qui communient aux souffrances du Christ:
« Nous nous glorifions encore des tribulations, sachant bien que la
tribulation produit la constance, la constance une vertu éprouvée,
la vertu éprouvée l'espérance. Et l'espérance ne déçoit point, parce
que l'amour de Dieu a été répandu dans nos coeurs par le
Saint-Esprit qui nous fut donné »(76). Dans la souffrance est comme
contenu un appel particulier à la vertu que l'homme doit exercer
pour sa part.
Na Carta aos Romanos, o
Apóstolo Paulo aborda ainda mais detalhadamente o tema deste
“nascimento da força na fraqueza”, esta renovação da energia
espiritual humana em meio às provações e tribulações, que é a
vocação especial daqueles que participam dos sofrimentos de Cristo:
“Também nos gloriamos nas tribulações, porque sabemos que a
tribulação produz perseverança; a perseverança, um caráter aprovado;
e o caráter aprovado, esperança. E a esperança não nos decepciona,
porque o amor de Deus foi derramado em nossos corações pelo Espírito
Santo que nos foi dado” (76). No sofrimento reside um chamado
particular à virtude, que cada pessoa deve exercer à sua maneira.
Et cette vertu est celle de la persévérance dans l'acceptation de ce
qui dérange et fait mal. En agissant ainsi, l'homme libère
l'espérance, qui maintient en lui la conviction que la souffrance ne
l'emportera pas sur lui, ne le privera pas de la dignité propre à
l'homme unie à la conscience du sens de sa vie. Et ce sens de la
vie, il se manifeste en même temps que l'oeuvre de l'amour de Dieu,
qui est le don suprême de l'Esprit Saint. A mesure qu'il participe à
cet amour, l'homme se retrouve alors qu'il est au fond même de la
souffrance: il retrouve « l'âme » qu'il croyait avoir « perdue » à
cause de la souffrance.
E essa virtude é a da perseverança em aceitar o que perturba e fere.
Agindo assim, o homem liberta a esperança, que sustenta nele a
convicção de que o sofrimento não o vencerá, não o privará da
dignidade própria do homem, unida à consciência do sentido da sua
vida. E esse sentido da vida manifesta-se, ao mesmo tempo, como obra
do amor de Deus, que é o dom supremo do Espírito Santo. Ao
participar desse amor, o homem se encontra mesmo nas profundezas do
sofrimento: ele redescobre a "alma" que pensava ter "perdido" por
causa do sofrimento.
24. Toutefois, les expériences de l'Apôtre, participant aux
souffrances du Christ, vont encore plus loin. Dans la lettre aux
Colossiens, nous pouvons lire une phrase qui constitue comme
l'ultime étape de l'itinéraire spirituel lié à la souffrance. Saint
Paul écrit: « Je trouve ma joie dans les souffrances que j'endure
pour vous, et je complète en ma chair ce qui manque aux épreuves du Christ pour son Corps, qui est l'Eglise »(78). Et il interroge les
destinataires d'une autre lettre: « Ne savez-vous pas que vos corps
sont des membres du Christ? »(79).
24. Contudo, as
experiências do Apóstolo, participando dos sofrimentos de Cristo,
vão ainda mais longe. Na Carta aos Colossenses, podemos ler uma
frase que constitui o último estágio da caminhada espiritual ligada
ao sofrimento. São Paulo escreve: “Alegro-me nos meus sofrimentos
por vós e completo no meu corpo o que falta às aflições de Cristo,
em favor do seu corpo, que é a Igreja” (78). E pergunta aos
destinatários de outra carta: “Não sabeis que os vossos corpos são
membros de Cristo?” (79).
Dans le mystère pascal, le Christ a inauguré son union avec l'homme
dans la communauté de l'Eglise. Le mystère de l'Eglise s'exprime
dans le fait que dès le baptême, qui configure au Christ, puis par
son Sacrifice — sacramentellement, par l'Eucharistie —, l'Eglise ne
cesse de se construire spirituellement comme corps du Christ. Dans
ce corps, le Christ veut être uni à tous les hommes, et il est uni
d'une façon particulière à ceux qui souffrent. Les paroles de la
lettre aux Colossiens citées plus haut attestent le caractère
exceptionnel de cette union. Voici en effet que celui qui souffre en
union avec le Christ — comme l'Apôtre Paul endure ses «
tribulations» en union avec le Christ — non seulement puise dans le
Christ la force dont nous avons parlé précédemment mais aussi «
complète » par sa souffrance « ce qui manque aux épreuves du Christ
».
No Mistério Pascal, Cristo inaugurou a sua união com a humanidade na
comunidade da Igreja. O mistério da Igreja expressa-se no facto de
que, desde o batismo, que nos configura a Cristo, e depois através
do seu Sacrifício — sacramentalmente, através da Eucaristia — a
Igreja continua a edificar-se espiritualmente como corpo de Cristo.
Neste corpo, Cristo deseja unir-se a todos os homens e une-se de
modo particular àqueles que sofrem. As palavras da Carta aos
Colossenses citadas acima atestam a natureza excepcional dessa união.
De fato, quem sofre em união com Cristo — como o apóstolo Paulo, que
suportou suas “tribulações” em união com Cristo — não apenas extrai
de Cristo a força da qual falamos anteriormente, mas também “completa”,
por meio de seu sofrimento, “o que falta nas aflições de Cristo”.
Dans ce contexte évangélique est mise en relief, de façon
particulière, la vérité sur le caractère créateur de la souffrance.
La souffrance du Christ a créé le bien de la Rédemption du monde. Ce
bien en lui-même est inépuisable et infini. Aucun homme ne peut lui
ajouter quoi que ce soit. Mais en même temps, dans le mystère de
l'Eglise qui est son corps, le Christ, en un sens, a ouvert sa
souffrance rédemptrice à toute souffrance de l'homme. Dans la mesure
où l'homme devient participant des souffrances du Christ — en
quelque lieu du monde et à quelque moment de l'histoire que ce soit
—, il complète à sa façon la souffrance par laquelle le Christ a
opéré la Rédemption du monde.
Nesse contexto
evangélico, a verdade sobre a natureza criativa do sofrimento é
destacada de maneira especial. O sofrimento de Cristo criou o bem da
redenção do mundo. Esse bem é, em si mesmo, inesgotável e infinito.
Ninguém pode acrescentar nada a ele. Mas, ao mesmo tempo, no
mistério da Igreja, que é o seu corpo, Cristo, em certo sentido,
abriu seu sofrimento redentor a todo o sofrimento humano. Na medida
em que o homem se torna participante dos sofrimentos de Cristo — em
qualquer lugar do mundo e em qualquer época da história — ele
completa, à sua maneira, o sofrimento pelo qual Cristo realizou a
Redenção do mundo.
Cela veut-il dire que la Rédemption accomplie par le Christ n'est
pas complète? Non. Cela signifie seulement que la Rédemption, opérée
par la force de l'amour réparateur, reste constamment ouverte à tout
amour qui s'exprime dans la souffrance humaine. Dans cette dimension
— dans la dimension de l'amour —, la Rédemption déjà accomplie
totalement s'accomplit, en un sens, constamment. Le Christ a opéré
la Rédemption entièrement et jusqu'à la fin; mais en même temps il
n'y a pas mis un terme: dans la souffrance rédemptrice par laquelle
s'est opérée la Rédemption du monde, le Christ s'est ouvert des le
début, et il s'ouvre constamment, à toute souffrance humaine. Oui,
cela semble faire partie de l'essence même de la souffrance
rédemptrice du Christ que de tendre à être sans cesse complétée.
Isso significa que a Redenção realizada por Cristo não está completa?
Não. Significa apenas que a Redenção, operada pelo poder do amor
restaurador, permanece constantemente aberta a todo amor expresso no
sofrimento humano. Nessa dimensão — na dimensão do amor — a Redenção,
já plenamente realizada, está, em certo sentido, sendo
constantemente continuada. Cristo realizou a Redenção inteiramente e
até o fim; mas, ao mesmo tempo, não a encerrou: no sofrimento
redentor pelo qual a Redenção do mundo foi realizada, Cristo se
abriu desde o princípio, e permanece constantemente aberto, a todo
sofrimento humano. Sim, parece ser parte da própria essência do
sofrimento redentor de Cristo buscar a sua contínua completude.
C'est donc en ayant une telle ouverture à toute souffrance humaine
que le Christ a opéré par sa propre souffrance la Rédemption du
monde. En effet, cette Rédemption, bien qu'accomplie en toute
plénitude par la souffrance du Christ, vit et se développe en même
temps à sa manière dans l'histoire de l'homme. Elle vit et se
développe comme le corps du Christ — l'Eglise —, et dans cette
dimension toute souffrance humaine, en vertu de l'union dans l'amour
avec le Christ, complète la souffrance du Christ. Elle la complète
comme l'Eglise complète l'œuvre rédemptrice du Christ.
É, portanto, por ter essa abertura a todo sofrimento humano que
Cristo, por meio de seu próprio sofrimento, realizou a Redenção do
mundo. De fato, essa Redenção, embora plenamente realizada pelo
sofrimento de Cristo, vive e se desenvolve simultaneamente, à sua
maneira, dentro da história humana. Ela vive e se desenvolve como o
corpo de Cristo — a Igreja — e, nessa dimensão, todo o sofrimento
humano, em virtude da união no amor com Cristo, completa o
sofrimento de Cristo. Completa-o assim como a Igreja completa a obra
redentora de Cristo.
Le mystère de
l'Eglise — de ce corps qui complète aussi en lui-même le corps
crucifié et ressuscité du Christ — indique l'espace dans lequel les
souffrances humaines complètent les souffrances du Christ. C'est
seulement dans ce domaine, dans cette dimension de l'Eglise-corps du
Christ se développant continuellement dans l'espace et dans le
temps, que l'on peut penser à « ce qui manque » aux épreuves du
Christ et que l'on peut en parler. L'Apôtre, du reste, le met
clairement en relief quand il parle de compléter « ce qui manque aux
épreuves du Christ pour son corps, qui est l'Eglise ».
O mistério da Igreja — desse corpo que também
completa em si mesmo o corpo crucificado e ressuscitado de Cristo —
indica o espaço em que o sofrimento humano complementa o sofrimento
de Cristo. É somente neste âmbito, nesta dimensão da Igreja — o
corpo de Cristo — em constante desenvolvimento no espaço e no tempo,
que se pode pensar e falar sobre "o que falta" nas provações de
Cristo. O Apóstolo, além disso, enfatiza claramente isso quando fala
em completar "o que falta nas provações de Cristo para o seu corpo,
que é a Igreja".
L'Eglise,qui puise sans cesse aux sources infinies de la Rédemption,
en introduisant cette Rédemption dans la vie de l'humanité, est
précisément la dimension dans laquelle la souffrance rédemptrice du
Christ peut être constamment complétée par la souffrance de l'homme.
Cela met en relief la nature à la fois divine et humaine de l'Eglise.
La souffrance semble relever en quelque sorte des caractéristiques
de cette nature. Et c'est pourquoi aussi elle a une valeur spéciale
aux yeux de l'Eglise. Elle est un bien, devant lequel l'Eglise
s'incline avec vénération, dans toute la profondeur de sa foi en la
Rédemption. Elle s'incline aussi devant lui dans toute la profondeur
de la foi avec laquelle elle accueille en elle-même l'inexprimable
mystère du corps du Christ.
A Igreja, que
constantemente bebe das infinitas fontes da Redenção, ao introduzir
essa Redenção na vida da humanidade, é precisamente a dimensão na
qual o sofrimento redentor de Cristo pode ser continuamente
complementado pelo sofrimento humano. Isso destaca a dupla natureza
divina e humana da Igreja. O sofrimento parece, de certa forma,
fazer parte dessa natureza. E é por isso que ele também tem um valor
especial aos olhos da Igreja. É um bem diante do qual a Igreja se
curva com reverência, na profundidade de sua fé na Redenção. Ela
também se curva diante dele na profundidade da fé com que acolhe em
si o mistério inexprimível do Corpo de Cristo.
VI
L'EVANGILE DE LA SOUFFRANCE
VI
O EVANGELHO DO SOFRIMENTO
25. Les témoins de la Croix et de la Résurrection du Christ ont
transmis à l'Eglise et à l'humanité un Evangile spécifique de la
souffrance. Le Rédempteur lui-même a écrit cet Evangile avant tout
par sa propre souffrance assumée par amour, afin que l'homme « ne
périsse pas mais ait la vie éternelle »(80). Sa souffrance, avec la
parole vivante de son enseignement, est devenue une source abondante
pour tous les hommes qui ont pris part aux souffrances de Jésus dans
la première génération de ceux qui ont été ses disciples et qui ont
proclamé leur foi en lui, puis dans les générations qui se sont
succédé au cours des siècles. Il est réconfortant tout d'abord — et
cela correspond à la vérité évangélique et historique — de noter
qu'auprès du Christ, à la toute première place à côté de lui et bien
en évidence, se trouve toujours sa très sainte Mère, car par toute
sa vie elle rend un témoignage exemplaire à cet Evangile particulier
de la souffrance.
25. As testemunhas da Cruz e da Ressurreição de Cristo transmitiram
à Igreja e à humanidade um Evangelho específico do sofrimento. O
próprio Redentor escreveu este Evangelho; em primeiro lugar, com o
seu sofrimento assumido por amor, a fim de que o homem « não pereça,
mas tenha a vida eterna ».(80) Este sofrimento, juntamente com a
palavra viva do seu ensino, tornou-se uma fonte abundante para
aqueles que participaram nos sofrimentos de Jesus na primeira
geração dos seus discípulos e confessores. E é consolador — como é
também evangélica e historicamente exacto — notar que ao lado de
Cristo, em primeiríssimo lugar e bem em evidência junto dele, se
encontra sempre a sua Mãe santíssima, porque com toda a sua vida ela
dá um testemunho exemplar deste particular Evangelho do sofrimento.
En Marie, les souffrances, nombreuses et intenses, s'enchaînaient
avec une telle cohérence et une telle interdépendance qu'elles
témoignaient clairement de sa foi inébranlable et contribuaient, de
surcroît, à la Rédemption de tous. En réalité, lors de son
mystérieux échange avec l'ange, elle entrevit dans sa mission de
mère la destinée de partager, d'une manière unique et irrépétible,
la même mission que son Fils. Elle en reçut rapidement la
confirmation, tant dans les événements qui accompagnèrent la
naissance de Jésus à Bethléem que dans l'annonce explicite du vieux
Siméon, qui lui parla d'une épée acérée qui transpercerait son âme,
et encore dans l'angoisse et les privations de la fuite précipitée
en Égypte, motivée par la décision cruelle d'Hérode.
Em Maria, os sofrimentos, numerosos e intensos, sucederam-se com tal
conexão e encadeamento, que bem demonstram a sua fé inabalável; e
foram, além disso, uma contribuição para a Redenção de todos. Na
realidade, desde o colóquio misterioso que teve com o anjo, Ela
entrevê na sua missão de mãe a
«destinação» de
compartilhar,
de maneira única e irrepetível, a mesma missão do seu Filho. E teve
bem depressa a confirmação disso, quer nos acontecimentos que
acompanharam o nascimento de Jesus em Belém, quer no anúncio
explícito de velho Simeão, que lhe falou de uma espada bem afiada
que haveria de trespassar-lhe a alma, quer, ainda, na ansiedade e
nas privações da fuga precipitada para o Egito, motivada pela
decisão cruel de Herodes.
De plus, après les vicissitudes de la vie cachée et publique de son
Fils, qu'elle a certainement partagées avec une profonde
sensibilité... une sensibilité aiguë;
c'est sur le Calvaire que la souffrance de Marie, unie à celle de
Jésus, atteignit un point culminant d'une sublimité à peine
imaginable pour l'entendement humain ; mais, mystérieuse, assurément
d'une fécondité surnaturelle pour le salut universel. Son ascension
au Calvaire et sa présence au pied de la Croix avec le disciple
bien-aimé furent une participation toute particulière à la mort
rédemptrice de son Fils, de même que les paroles qu'elle entendit de
la bouche de Jésus furent comme la proclamation solennelle de cet
Évangile particulier, destiné à être annoncé à toute la communauté
des fidèles.
Além disso, após as
vicissitudes da vida oculta e pública de seu Filho, que ela sem
dúvida compartilhou com profunda sensibilidade — uma sensibilidade
aguçada —, foi no Calvário que o sofrimento de Maria, unido ao de
Jesus, atingiu um ponto culminante de sublimidade dificilmente
imaginável à compreensão humana; contudo, misterioso, foi certamente
de uma fecundidade sobrenatural para a salvação universal. Sua
ascensão ao Calvário e sua presença aos pés da Cruz com o discípulo
amado foram uma participação muito particular na morte redentora de
seu Filho, assim como as palavras que ela ouviu dos lábios de Jesus
foram como a proclamação solene deste Evangelho particular,
destinado a ser proclamado a toda a comunidade dos fiéis.
Témoin de la passion de son Fils par sa présence, y participant par
sa compassion, Marie la Très Sainte a apporté une contribution
singulière à l'Evangile de la souffrance, et elle a réalisé avant
l'heure ce qu'affirmait Saint Paul dans les paroles citées au début
de ces pages. Oui, vraiment, à des titres tout à fait spéciaux, elle
peut affirmer qu'elle « complète en sa chair — comme elle l'a déjà
fait dans son coeur — ce qui manque aux épreuves du Christ ».
A la lumière de l'incomparable (inaccessible) exemple du Christ, qui se reflète
avec une évidence singulière dans la vie de sa Mère, l'Evangile de
la souffrance, à travers l'expérience et la parole des Apôtres,
devient source inépuisable pour les générations toujours nouvelles
qui se relaient au long de l'histoire de l'Eglise. L'Evangile de la
souffrance, cela veut dire non seulement la présence de la
souffrance dans l'Evangile comme l'un des thèmes de la Bonne
Nouvelle, mais également la révélation de la force salvifique et du
sens salvifique de la souffrance dans la mission messianique du
Christ et, ensuite, dans la mission et la vocation de l'Eglise.
Testemunha da paixão
pela sua presença, nela participante com a sua compaixão, Maria
Santíssima ofereceu uma contribuição singular ao Evangelho do
sofrimento, realizando antecipadamente aquilo que afirmaria São
Paulo com as palavras citadas no início desta reflexão. Sim, Ela tem
títulos especialíssimos para poder afirmar que « completa na sua
carne — como igualmente no seu coração — aquilo que falta aos
sofrimentos de Cristo ».
À luz do incomparável (inacessível) exemplo de Cristo que se reflecte com uma
evidência singular na vida da sua Mãe, o Evangelho do sofrimento,
através da experiência e da palavra dos Apóstolos, torna-se fonte
inexaurível para as gerações sempre novas, que se sucedem na
história da Igreja. O Evangelho do sofrimento significa não apenas a
presença do sofrimento no Evangelho, como um dos temas da Boa Nova,
mas também a revelação da força salvífica e do significado salvífico
do sofrimento na missão messiânica de Cristo e, em seguida, na
missão e na vocação da Igreja.
Le Christ n’a pas caché à ses auditeurs la nécessité de la
souffrance. Au contraire, il leur a dit très clairement : « Si
quelqu’un veut me suivre… qu’il se charge chaque jour de sa croix »
(81) ; et il a fixé à ses disciples certaines exigences morales,
dont l’accomplissement n’est possible que si chacun « renonce à
lui-même » (82). Le chemin qui mène au royaume des cieux est «
étroit et difficile » ; et le Christ l’oppose au chemin « large et
spacieux » qui, lui, « mène à la perdition » (83). À plusieurs
reprises, le Christ a également affirmé que ses disciples et
confesseurs rencontreraient de nombreuses persécutions ; ce qui,
comme on le sait, s’est produit non seulement aux premiers siècles
de l’Église, sous l’Empire Romain, mais aussi à diverses autres
époques et en divers lieux de la terre, jusqu’à nos jours.
Cristo não escondeu dos
seus ouvintes a necessidade do sofrimento. Pelo contrário,
disse-lhes muito claramente: “Se alguém quiser seguir-me… tome cada
dia a sua cruz” (81); e estabeleceu certas exigências morais para os
seus discípulos, cujo cumprimento só é possível se cada um
“renunciar a si mesmo” (82). O caminho que conduz ao reino dos céus
é “estreito e difícil”; e Cristo opõe-o ao caminho “amplo e
espaçoso” que “conduz à perdição” (83). Em diversas ocasiões, Cristo
afirmou também que os seus discípulos e confessores encontrariam
muitas perseguições; o que, como sabemos, aconteceu não só nos
primeiros séculos da Igreja, sob o Império Romano, mas também em
vários outros tempos e em vários lugares da terra, até aos dias de
hoje.
Voici quelques phrases du Christ à ce sujet: « On portera la main
sur vous, on vous persécutera, on vous livrera aux synagogues et aux
prisons, on vous traduira devant des rois et des gouverneurs à cause
de mon nom, et cela aboutira pour vous au témoignage. Mettez-vous
donc bien dans l'esprit que vous n'avez pas à préparer d'avance
votre défense: car moi je vous donnerai un langage et une sagesse, à
quoi nul de vos adversaires ne pourra résister ni contredire. Vous
serez livrés (Vous
serez trahis)
même par vos père et mère, vos frères, vos proches et vos amis; on
fera mourir plusieurs d'entre vous, et vous serez haïs de tous à
cause de mon nom. Mais pas un cheveu de votre tête ne se perdra.
C'est par votre constance que vous sauverez vos vies!...(sauverez vos âmes!)»(84).
Eis algumas das palavras
de Cristo sobre este assunto: “Eles lançarão mão de vocês, os
perseguirão, os entregarão às sinagogas e às prisões e os levarão à
presença de reis e governadores por causa do meu nome. Isso
resultará em testemunho para vocês. Portanto, estejam preparados
para não se preocuparem com a defesa, pois eu lhes darei palavras e
sabedoria a que nenhum dos seus adversários poderá resistir ou
contradizer. Vocês serão traídos (Vocês serão traídos) até por seu
pai e sua mãe, seus irmãos, seus parentes e seus amigos. Alguns de
vocês serão mortos e serão odiados por todos por causa do meu nome.
Mas nenhum fio de cabelo da cabeça de vocês se perderá. Pela sua
perseverança, vocês ganharão a vida!”(ganharão vossas almas!) ». (84)
L'Evangile de la souffrance parle d'abord en différents endroits de
la souffrance « pour le Christ », « à cause du Christ », et cela à
travers les paroles mêmes de Jésus ou de ses Apôtres. Le Maître ne
cache pas à ses disciples et à ceux qui le suivent la perspective
d'une telle souffrance. Au contraire, il la révèle très franchement
tout en annonçant les forces surnaturelles qui les ccompagneront au
milieu des persécutions et des tribulations subies « à cause de son
nom ». Celles-ci seront en même temps comme un test particulier de
ressemblance au Christ et d'union avec lui. « Si le monde vous hait,
sachez que moi, il m'a pris en haine avant vous...; mais parce que
vous n'êtes pas du monde, puisque mon choix vous a tirés du monde,
pour cette raison, le monde vous hait... Le serviteur n'est pas plus
grand que son maître. S'ils m'ont persécuté, vous aussi, ils vous
persécuteront... Mais tout cela, ils le feront contre vous à cause
de mon nom, parce qu'ils ne connaissent pas celui qui m'a envoyé
»(85).
O Evangelho do Sofrimento fala, antes de mais nada, em vários
trechos, do sofrimento "por Cristo", "por causa de Cristo", e isso
através das próprias palavras de Jesus ou de seus Apóstolos. O
Mestre não esconde de seus discípulos e daqueles que o seguem a
perspectiva de tal sofrimento. Pelo contrário, ele o revela com
muita franqueza, ao mesmo tempo que anuncia as forças sobrenaturais
que os acompanharão em meio às perseguições e tribulações sofridas "por
amor ao seu nome". Estas servirão, simultaneamente, como uma prova
particular de sua semelhança com Cristo e de sua união com ele. "Se
o mundo vos odeia, sabei que primeiro me odiou a mim...; mas, porque
não sois do mundo, visto que dele vos escolhi, é por isso que o
mundo vos odeia... O servo não é maior do que o seu senhor." Se me
perseguiram, também vos perseguirão... Mas tudo isso farão contra
vós por causa do meu nome, porque não conhecem aquele que me enviou"
(85).
Je vous ai dit ces choses, pour que vous ayez la paix en moi. Dans
le monde vous aurez à souffrir. Mais gardez courage! J'ai vaincu le
monde »(86). Ce premier chapitre de l'Evangile de la souffrance, qui
parle des persécutions, c'est-à-dire des tribulations à cause du
Christ, contient en lui-même un appel particulier au courage et à la
force, soutenu par le fait éloquent de la Résurrection. Le Christ a
vaincu définitivement le monde par sa Résurrection; toutefois, parce
que sa Résurrection est liée à sa passion et à sa mort, il a vaincu
en même temps ce monde par sa souffrance.
“Eu lhes disse essas
coisas para que em mim vocês tenham paz. Neste mundo vocês terão
aflições; contudo, tenham ânimo! Eu venci o mundo” (86). Este
primeiro capítulo do Evangelho do sofrimento, que fala de
perseguições, isto é, tribulações por amor a Cristo, contém em si um
apelo particular à coragem e à força, sustentado pelo fato eloquente
da Ressurreição. Cristo venceu definitivamente o mundo por meio de
sua Ressurreição; porém, como sua Ressurreição está ligada à sua
paixão e morte, ele também venceu este mundo por meio de seu
sofrimento.
Oui, la souffrance a été
insérée de façon particulière dans cette victoire sur le monde,
manifestée dans la Résurrection. Le Christ garde dans son corps
ressuscité les traces des blessures causées par le supplice de la
croix, sur ses mains, sur ses pieds et dans son côté. Par la
Résurrection, il manifeste la force victorieuse de la souffrance, il
veut enraciner dans le coeur de ceux qu'il a choisis comme Apôtres,
et de ceux qu'il continue de choisir et d'envoyer, la conviction que
cette force existe. L'Apôtre Paul dira: « Tous ceux qui veulent
vivre dans le Christ avec piété seront persécutés »(87).
Sim, o sofrimento foi inserido de modo especial nesta
vitória sobre o mundo, manifestada na Ressurreição. Cristo traz em
seu corpo ressuscitado as marcas das chagas infligidas pela agonia
da cruz, em suas mãos, em seus pés e em seu lado. Por meio da
Ressurreição, ele manifesta o poder vitorioso do sofrimento; Ele
quer plantar nos corações daqueles que escolheu como Apóstolos, e
daqueles que continua a escolher e enviar, a convicção de que esse
poder existe. O Apóstolo Paulo dirá: “Todos os que desejam viver uma
vida piedosa em Cristo serão perseguidos” (87).
26. Si le premier grand chapitre de l'Evangile de la souffrance est
écrit au cours des générations par ceux qui souffrent des
persécutions pour le Christ, en même temps que lui un autre grand
chapitre de cet Evangile se déploie tout au long de l'histoire. Il
est écrit par tous ceux qui souffrent avec le Christ, en unissant
leurs souffrances humaines à sa souffrance salvifique. En eux
s'accomplit ce que les premiers témoins de la passion et de la
Résurrection ont dit et ont écrit à propos de la participation aux
souffrances du Christ. En eux, par conséquent, se réalisees.
l'Evangile de la souffrance, et en même temps, d'une certaine façon,
chacun d'eux continue à l'écrire; chacun l'écrit et le proclame au
monde, l'annonce à son propre milieu de vie et à ses contemporains.
26. Se o primeiro grande capítulo do Evangelho do sofrimento é
escrito ao longo das gerações por aqueles que sofrem perseguição por
Cristo, ao mesmo tempo outro grande capítulo deste Evangelho se
desdobra ao longo da história. É escrito por todos aqueles que
sofrem com Cristo, unindo seus sofrimentos humanos ao seu sofrimento
salvífico. Neles se cumpre o que as primeiras testemunhas da Paixão
e Ressurreição disseram e escreveram sobre participar dos
sofrimentos de Cristo. Neles, portanto, se realiza o
Evangelho do sofrimento, e ao mesmo tempo, de certa forma, cada um
deles continua a escrevê-lo; cada um o escreve e o proclama ao mundo,
anunciando-o à sua própria comunidade e contemporâneos.
A travers les siècles et les générations humaines, on a constaté que
dans la souffrance se cache une force particulière qui rapproche
intérieurement l'homme du Christ, une grâce spéciale. C'est à elle
que bien des saints doivent leur profonde conversion, tels saint
François d'Assise, saint Ignace de Loyola, etc. Le fruit de cette
conversion, c'est non seulement le fait que l'homme découvre le sens
salvifique de la souffrance, mais surtout que, dans la souffrance,
il devient un homme totalement nouveau. Il y trouve comme une
nouvelle dimension detoute sa vie et de sa vocation personnelle.
Cette découverte confirme particulièrement la grandeur spirituelle
qui, dans l'homme, dépasse le corps d'une manière absolument
incomparable. Lorsque le corps est profondément atteint par la
maladie, réduit à l'incapacité, lorsque la personne humaine se
trouve presque dans l'impossibilité de vivre et d'agir, la maturité
intérieure et la grandeur spirituelle deviennent d'autant plus
évidentes, et elles constituent une leçon émouvante pour les
personnes qui jouissent d'une santé normale.
Ao longo dos séculos e
gerações, observou-se que o sofrimento esconde uma força particular
que aproxima a humanidade interiormente de Cristo, uma graça
especial. É a essa graça que muitos santos devem sua profunda
conversão, como São Francisco de Assis, Santo Inácio de Loyola e
outros. O fruto dessa conversão não é apenas a descoberta, pela
humanidade, do significado salvífico do sofrimento, mas sobretudo o
fato de que, no sofrimento, ela se torna uma pessoa completamente
nova. É como se ali se encontrasse uma nova dimensão de toda a sua
vida e vocação pessoal. Essa descoberta confirma, em particular, a
grandeza espiritual que, na humanidade, transcende o corpo de uma
maneira absolutamente incomparável. Quando o corpo é profundamente
afetado pela doença, reduzido à incapacidade, quando a pessoa humana
se vê quase incapaz de viver e agir, a maturidade interior e a
grandeza espiritual tornam-se ainda mais evidentes, constituindo uma
lição comovente para as pessoas que gozam de saúde normal.
Cette maturité intérieure et cette grandeur spirituelle dans la
souffrance sont certainement le fruit d'une conversion remarquable
et d'une coopération particulière à la grâce du Rédempteur crucifié.
C'est lui-même qui agit au vif des souffrances humaines par son
Esprit de vérité, son Esprit consolateur. C'est lui qui transforme,
en un sens, la substance même de la vie spirituelle, en donnant à la
personne qui souffre une place à côté de lui. C'est lui — comme
Maître et Guide intérieur — qui enseigne à ses frères et à ses
soeurs qui souffrent cet admirable échange, situé au coeur même du
mystère de la Rédemption. La souffrance, en soi, c'est éprouver le
mal. Mais le Christ en a fait le fondement le plus solide du bien
définitif, c'est-à-dire du bien du salut éternel.
Essa maturidade interior
e grandeza espiritual no sofrimento são certamente fruto de uma
notável conversão e de uma cooperação especial com a graça do
Redentor crucificado. É Ele mesmo quem age em meio ao sofrimento
humano por meio do Seu Espírito de verdade, o Seu Espírito
consolador. É Ele quem, em certo sentido, transforma a própria
essência da vida espiritual, dando à pessoa que sofre um lugar ao
Seu lado. É Ele — como Mestre e Guia interior — quem ensina aos seus
irmãos e irmãs que sofrem essa admirável troca, situada no próprio
âmago do mistério da Redenção. O sofrimento, em si, é experimentar o
mal. Mas Cristo fez dele o fundamento mais sólido do bem supremo,
isto é, o bem da salvação eterna.
Par ses souffrances sur la croix, le Christ a atteint les racines
mêmes du mal, c'est-à-dire celles du péché et de la mort. Il a
vaincu l'auteur du mal qu'est Satan, et sa révolte permanente contre
le Créateur. A ses frères et sœurs souffrants, le Christ entrouvre
et déploie progressivement les horizons du Royaume de Dieu: un monde
converti à son Créateur, un monde libéré du péché et qui se
construit sur la puissance salvifique de l'amour. Et, lentement mais
sûrement, le Christ introduit l'homme qui souffre dans ce monde
qu'est le Royaume du Père, en un sens à travers le cœur même de sa
souffrance. La souffrance, en effet, ne peut être transformée par
une grâce venant du dehors, mais par une grâce intérieure. Le
Christ, de par sa propre souffrance salvifique, se trouve au plus
profond de toute souffrance humaine et peut agir de l'intérieur par
la puissance de son Esprit de vérité, de son Esprit consolateur.
Por meio do Seu
sofrimento na cruz, Cristo alcançou as próprias raízes do mal, isto
é, as do pecado e da morte. Ele venceu o autor do mal, Satanás, e a
sua perpétua rebelião contra o Criador. Aos seus irmãos e irmãs que
sofrem, Cristo gradualmente abre e desdobra os horizontes do Reino
de Deus: um mundo convertido ao seu Criador, um mundo liberto do
pecado e edificado sobre o poder salvador do amor. E, lenta mas
seguramente, Cristo conduz a humanidade sofredora a este mundo, que
é o Reino do Pai, em certo sentido, através do próprio âmago do seu
sofrimento. O sofrimento, de fato, não pode ser transformado pela
graça externa, mas sim pela graça interna. Cristo, através do seu
próprio sofrimento salvador, está no âmago de todo o sofrimento
humano e pode agir internamente pelo poder do seu Espírito da
verdade, o seu Espírito consolador.
Et ce n'est pas tout: le divin Rédempteur veut pénétrer dans l'âme
de toute personne qui souffre par l'intermédiaire du coeur de sa
très sainte Mère, prémices et sommet de tous les rachetés. Comme
pour prolonger cette maternité dont il avait reçu la vie par
l'oeuvre du Saint-Esprit, le Christ, au moment de mourir, a conféré
à Marie toujours Vierge une maternité nouvelle — spirituelle et
universelle — à l'égard de tous les hommes, afin que chacun, dans le
cheminement de la foi, Lui reste, avec elle, étroitement uni jusqu'à
la Croix et que toute souffrance, régénérée par la force de cette
Croix, de faiblesse de l'homme qu'elle était, devienne puissance de
Dieu.
E não é só isso: o divino Redentor deseja entrar na alma de cada
pessoa que sofre através do coração de sua Santíssima Mãe, primícias
e ápice de todos os redimidos. Como que para prolongar essa
maternidade, da qual recebeu a vida pela ação do Espírito Santo,
Cristo, no momento de sua morte, conferiu a Maria, sempre Virgem,
uma nova maternidade — espiritual e universal — em relação a toda a
humanidade, para que cada pessoa, no caminho da fé, permaneça
intimamente unida a Ele, até a Cruz, e para que todo sofrimento,
regenerado pelo poder dessa Cruz, se torne poder de Deus,
transformado de fraqueza humana em força humana.
Mais un tel processus intérieur ne se développe pas toujours de la
même manière. Bien souvent il commence et il s'établit avec
difficulté. Déjà le point de départ est différent: c'est avec des
dispositions différentes que les hommes abordent leur souffrance. On
peut cependant affirmer d'emblée que chaque personne entre presque
toujours dans la souffrance avec une protestation tout à fait humaine et en se posant la question: « pourquoi? ». Chacun se
demande quel est le sens de la souffrance et cherche une réponse à
cette question au plan humain. Il adresse certainement maintes fois
cette interrogation à Dieu, et il l'adresse aussi au Christ. En
outre, la personne qui souffre ne peut pas ne point remarquer que
celui auquel elle demande une explication souffre Lui-même et qu'Il
veut lui répondre de la Croix, du plus profond de sa propre
souffrance. Pourtant, il faut parfois du temps, et même beaucoup de
temps, pour que cette réponse commence à être perçue intérieurement.
Le Christ, en effet, ne répond ni directement ni de manière
abstraite à cette interrogation humaine sur le sens de la souffrance.
L'homme entend sa réponse salvifique au fur et à mesure qu'il
devient participant des souffrances du Christ.
Mas esse processo
interior nem sempre se desenvolve da mesma maneira. Muitas vezes,
começa e se consolida com dificuldade. Até mesmo o ponto de partida
é diferente: as pessoas abordam o sofrimento com disposições
diferentes. No entanto, pode-se afirmar desde já que quase todas as
pessoas entram no sofrimento com um protesto profundamente humano e
se perguntando: "Por quê?". Todos se questionam sobre o significado
do sofrimento e buscam uma resposta para essa pergunta em um nível
humano. Certamente, dirigem essa pergunta a Deus muitas vezes, e
também a Cristo. Além disso, a pessoa que sofre não pode deixar de
notar que Aquele a quem busca uma explicação também está sofrendo e
que deseja respondê-la da Cruz, das profundezas do Seu próprio
sofrimento. Contudo, às vezes leva tempo, até mesmo muito tempo,
para que essa resposta comece a ser percebida interiormente. Cristo,
de fato, não responde a essa pergunta humana sobre o significado do
sofrimento de forma direta ou abstrata. O homem ouve a Sua resposta
salvadora ao se tornar participante dos sofrimentos de Cristo.
La réponse qui vient ainsi dans cette participation, tout au long de
la rencontre intérieure avec le Maître, est à son tour quelque chose
de plus que la simple réponse abstraite à la question sur le sens de
la souffrance. Elle est en effet, pardessus tout, un appel. Elle est
une vocation. Le Christ n'explique pas abstraitement les raisons de
la souffrance, mais avant tout il dit: « Suis-moi »! Viens! Prends
part avec ta souffrance à cette oeuvre de salut du monde qui
s'accomplit par ma propre souffrance! Par ma Croix! Au fur et à
mesure que l'homme prend sa croix, en s'unissant spirituellement à
la Croix du Christ, le sens salvifique de la souffrance se manifeste
davantage à lui. L'homme ne découvre pas cette signification au
niveau humain, mais au niveau de la souffrance du Christ. Mais, en
même temps, de ce plan où le Christ se situe, ce sens salvifique de
la souffrance descend au niveau de l'homme et devient en quelque
sorte sa réponse personnelle. C'est alors que l'homme trouve dans sa
souffrance la paix intérieure et même la joie spirituelle.
A resposta que surge
nessa participação, ao longo do encontro interior com o Mestre, é,
por sua vez, algo mais do que uma simples resposta abstrata à
questão do significado do sofrimento. É, acima de tudo, um chamado.
É uma vocação. Cristo não explica as razões do sofrimento de forma
abstrata, mas, antes de tudo, diz: “Sigam-me!” Venham! Participem,
com o seu sofrimento, desta obra de salvação do mundo, que se
realiza através do meu próprio sofrimento! Através da minha Cruz! Ao
tomar a sua cruz, unindo-se espiritualmente à Cruz de Cristo, o
significado salvífico do sofrimento torna-se mais evidente. Esse
significado não é descoberto no plano humano, mas no plano do
sofrimento de Cristo. Mas, ao mesmo tempo, a partir desse plano onde
Cristo está situado, esse significado salvífico do sofrimento desce
ao plano humano e torna-se, de certa forma, a sua resposta pessoal.
É então que a pessoa encontra paz interior e até mesmo alegria
espiritual no seu sofrimento.
27. C'est bien de cette joie que l'Apôtre parle dans sa lettre aux
Colossiens: « Je trouve ma joie dans les souffrances que j'endure
pour vous »(88). Surmonter le sentiment de l'inutilité de la
souffrance, impression qui est parfois profondément enracinée dans
la souffrance humaine, devient une source de joie. Non seulement la
souffrance ronge intérieurement la personne, mais elle semble faire
d'elle un poids pour autrui. Cette personne se sent condamnée à
recevoir l'aide et l'assistance des autres et, en même temps, il lui
apparaît à elle-même qu'elle est inutile. La découverte du sens
salvifique de la souffrance en union avec le Christ transforme ce
sentiment déprimant. La foi dans la participation aux souffrances du
Christ porte en elle-même la certitude intérieure que l'homme qui
souffre « complète ce qui manque aux épreuves du Christ » et que,
dans la perspective spirituelle de l'oeuvre de la Rédemption, il est
utile, comme le Christ, au salut de ses frères et soeurs. Non
seulement il est utile aux autres, mais, en outre, il accomplit un
service irremplaçable.
27. É precisamente desta
alegria que o Apóstolo fala em sua carta aos Colossenses: “Alegro-me
nos meus sofrimentos por vós” (88). Superar o sentimento de
futilidade do sofrimento, impressão que por vezes está profundamente
enraizada no sofrimento humano, torna-se uma fonte de alegria. O
sofrimento não só corrói a pessoa interiormente, como também a faz
sentir-se um fardo para os outros. Essa pessoa sente-se condenada a
receber ajuda e a ajuda de outros, e ao mesmo tempo, parece-lhe
inútil. A descoberta do significado salvífico do sofrimento em união
com Cristo transforma esse sentimento deprimente. A fé na
participação nos sofrimentos de Cristo traz consigo a certeza
interior de que a pessoa que sofre "completa o que falta nas
provações de Cristo" e que, na perspectiva espiritual da obra da
Redenção, é útil, como Cristo, para a salvação de seus irmãos e
irmãs. Não apenas é útil aos outros, mas, além disso, presta um
serviço insubstituível.
Dans le Corps du Christ, qui grandit sans cesse à partir de la Croix
du Rédempteur, la souffrance, imprégnée de l'esprit de sacrifice du
Christ, est précisément, d'une manière irremplaçable, la médiation
et la source des bienfaits indispensables au salut du monde. Cette
souffrance, plus que tout autre chose, ouvre le chemin à la grâce
qui transforme les âmes. C'est elle, plus que tout autre chose, qui
rend présentes dans l'histoire de l'humanité les forces de la
Rédemption. Dans ce combat « cosmique » entre les forces
spirituelles du bien et celles du mal, dont parle la lettre aux
Ephésiens(89), les souffrances humaines, unies à la souffrance
rédemptrice du Christ, constituent un soutien particulier pour les
forces du bien, en ouvrant la route au triomphe de ces forces
salvifiques.
No Corpo de
Cristo, que cresce incessantemente da Cruz do Redentor, o sofrimento,
imbuído do espírito do sacrifício de Cristo, é precisamente, de modo
insubstituível, a mediação e a fonte das bênçãos indispensáveis à
salvação do mundo. Esse sofrimento, mais do que qualquer outra coisa,
abre o caminho para a graça que transforma as almas. É ele, mais do
que qualquer outra coisa, que torna presentes as forças da Redenção
na história da humanidade. Nesta batalha “cósmica” entre as forças
espirituais do bem e as do mal, mencionada na carta aos Efésios
(89), o sofrimento humano, unido ao sofrimento redentor de Cristo,
constitui um apoio particular para as forças do bem, abrindo o
caminho para o triunfo dessas forças salvíficas.
C'est pourquoi l'Eglise voit dans tous les frères et les soeurs
souffrants du Christ comme un sujet mu ltiple de sa force
surnaturelle. Que de fois les pasteurs de l'Eglise ont recours à eux,
précisément parce qu'ils cherchent près d'eux aide et soutien!
L'Evangile de la souffrance est écrit sans cesse, et il s'exprime
sans cesse dans cet étrange paradoxe: les sources de la force divine
jaillissent vraiment au coeur de la faiblesse humaine. Ceux qui
participent aux souffrances du Christ conservent dans leurs propres
souffrances une parcelle tout à fait particulière du trésor infini
de la Rédemption du monde, et ils peuvent partager ce trésor avec
les autres. Plus l'homme est menacé par le péché, plus sont lourdes
les structures du péché que le monde actuel porte en lui-même, et
plus est éloquente la souffrance humaine en elle-même. Et plus aussi
l'Eglise éprouve le besoin de recourir à la valeur des souffrances
humaines pour le salut du monde.
É por isso que a Igreja
vê em todos os irmãos e irmãs sofredores de Cristo uma fonte
multifacetada de sua força sobrenatural. Quantas vezes os pastores
da Igreja recorrem a eles precisamente porque buscam neles ajuda e
apoio! O Evangelho do sofrimento está sendo constantemente escrito e
se expressa constantemente neste estranho paradoxo: as fontes da
força divina brotam verdadeiramente do âmago da fraqueza humana.
Aqueles que participam dos sofrimentos de Cristo retêm em seus
próprios sofrimentos uma porção muito especial do tesouro infinito
da Redenção do mundo, e podem compartilhar esse tesouro com os
outros. Quanto mais a humanidade é ameaçada pelo pecado, mais
pesadas se tornam as estruturas do pecado que o mundo carrega em si,
e mais eloquente se torna o sofrimento humano em si mesmo. E mais a
Igreja sente a necessidade de se valer do valor do sofrimento humano
para a salvação do mundo.
VII
LE BON SAMARITAIN
VII
O BOM SAMARITANO
28. A l'Evangile de la souffrance appartient aussi — et d'une
manière organique — la parabole du bon Samaritain. Dans cette
parabole, le Christ a voulu répondre à la question: « Qui est mon
prochain? »(90). En effet, des trois passants sur la route de
Jérusalem à Jéricho, au bord de laquelle un homme dévalisé et blessé
par des brigands gisait à terre à moitié mort, c'est précisément le
Samaritain qui se montra en vérité être le «prochain » de ce
malheureux: le « prochain » veut dire également celui qui a accompli
le commandement de l'amour du prochain. Deux autres voyageurs
parcoururent la même route; l'un était prêtre et l'autre lévite;
mais chacun d'eux, « le vit et passa outre ». Par contre, le
Samaritain « le vit et fut pris de pitié. I1 s'approcha, banda ses
plaies », puis « le mena à l'hôtellerie et prit soin de lui »(91).
Et, au moment de son départ, il recommanda soigneusement à
l'hôtelier l'homme qui souffrait et s'engagea à solder les dépenses
nécessaires.
28. A parábola do Bom
Samaritano também pertence — organicamente — ao Evangelho do
sofrimento. Nessa parábola, Cristo quis responder à pergunta: “Quem
é o meu próximo?” (90). De fato, dos três viajantes na estrada de
Jerusalém para Jericó, onde um homem, roubado e ferido por ladrões,
jazia quase morto no chão, foi precisamente o samaritano quem
realmente se mostrou o “próximo” desse homem infeliz: “próximo”
significa também aquele que cumpriu o mandamento de amar o próximo.
Outros dois viajantes percorriam a mesma estrada; um era sacerdote e
o outro Levita; mas cada um deles “o viu e passou por ele”. Contudo,
o samaritano “o viu e teve compaixão. Aproximou-se dele,
enfaixou-lhe as feridas”, depois “levou-o para uma hospedaria e
cuidou dele” (91). E, ao partir, recomendou cuidadosamente o homem
que sofria ao hospedeiro e prometeu pagar-lhe a estadia.
La parabole du bon Samaritain appartient à l'Evangile de la
souffrance. Elle indique, en effet, quelle doit être la relation de
chacun d'entre nous avec le prochain en état de souffrance. Il nous
est interdit de « passer outre », avec indifférence, mais nous
devons « nous arrêter » auprès de lui. Le bon Samaritain, c'est
toute personne qui s'arrête auprès de la souffrance d'un autre homme,
quelle qu'elle soit. S'arrêter ainsi, cela n'est pas faire preuve de
curiosité mais de disponibilité. Celle-ci est comme une certaine
disposition intérieure du coeur qui s'ouvre et qui est capable
d'émotion. Le bon Samaritain est toute personne sensible à la
souffrance d'autrui, la personne qui « s'émeut » du malheur de son
prochain. Si le Christ, sachant ce qu'il y a dans l'homme, souligne
cette capacité émotive, c'est qu'il veut en montrer l'importance
dans nos comportements face à la souffrance des autres. Il importe
donc de développer en soi cette sensibilité du coeur, qui témoigne
de notre compassion pour un être souffrant. Parfois, cette
compassion est la seule ou la principale expression possible de
notre amour et de notre solidarité avec ceux qui souffrent.
A parábola do Bom
Samaritano pertence ao Evangelho do sofrimento. Indica, de fato,
qual deve ser a relação de cada um de nós com o nosso próximo em
estado de sofrimento. É-nos proibido “passar por ele” com
indiferença, mas sim “parar” ao seu lado. O Bom Samaritano é
qualquer pessoa que para para testemunhar o sofrimento de outra
pessoa, seja ele qual for. Parar desta forma não é demonstrar
curiosidade, mas estar disponível. É como uma certa disposição
interior do coração que se abre e é capaz de emoção. O Bom
Samaritano é qualquer pessoa sensível ao sofrimento alheio, a pessoa
que se “comove” com a desgraça do seu próximo. Se Cristo, conhecendo
o que há na humanidade, enfatiza essa capacidade emocional, é porque
deseja mostrar sua importância em nosso comportamento diante do
sofrimento alheio. É, portanto, importante cultivar em nós essa
sensibilidade do coração, que testemunha nossa compaixão por um ser
que sofre. Às vezes, essa compaixão é a única ou a principal
expressão possível do nosso amor e solidariedade com aqueles que
sofrem.
Mais le bon Samaritain de la parabole du Christ ne se contente pas
seulement d'émotion et de compassion. Ces mouvements affectifs
deviennent pour lui un stimulant qui l'amène à agir concrètement et
à porter secours à l'homme blessé. Tout homme qui porte secours à
des souffrances, de quelque nature qu'elles soient, est donc un bon
Samaritain. Secours efficace, si possible. Ce faisant, il y met tout
son coeur, mais il n'épargne pas non plus les moyens d'ordre
matériel. On peut même dire qu'il se donne lui-même, qu'il donne son
propre « moi » en ouvrant ce « moi » à un autre. Nous touchons ici
un des points clés de toute l'anthropologie chrétienne. La personne
humaine ne peut « pleinement se reconnaître que par le don
désintéressé d'elle-même »(92). Un bon Samaritain, c'est justement
l'homme capable d'un tel don de soi.
Mas o Bom Samaritano na
parábola de Cristo não se contenta com mera emoção e compaixão.
Esses sentimentos se tornam uma força motriz para ele, levando-o a
agir concretamente e a socorrer o homem ferido. Portanto, qualquer pessoa que socorra o sofrimento, seja ele qual
for, é um Bom Samaritano. Um auxílio eficaz, se possível. Ao fazê-lo,
ele se dedica de corpo e alma, mas também não poupa esforços.
Poderíamos até dizer que ele se doa, que ele entrega o seu próprio "eu"
ao abrir esse "eu" para o outro. Aqui tocamos em um dos pontos-chave
de toda a antropologia cristã. A pessoa humana só pode "reconhecer-se
plenamente através da doação desinteressada de si mesma" (92). Um
Bom Samaritano é precisamente a pessoa capaz de tal doação de si.
29. En suivant la parabole évangélique, on pourrait dire que la
souffrance, présentant des visages si divers à travers le monde
humain, s'y trouve également pour libérer dans 1'homme ses capacités
d'aimer, très précisément ce don désintéressé du propre « moi » au
profit d'autrui, de ceux qui souffrent. Le monde de la souffrance
humaine ne cesse d'appeler, pour ainsi dire, un monde autre: celui
de l'amour humain; et cet amour désintéressé, qui s'éveille dans le
cœur de l'homme et se manifeste dans ses actions, il le doit en un
certain sens à la souffrance. L'homme qui est le « prochain » ne
peut passer avec indifférence devant la souffrance des autres, au
nom de la loi fondamentale de la solidarité humaine; il le peut
encore moins au nom de la loi d'amour du prochain. Il doit « s'arrêter », « avoir pitié », comme le fit le Samaritain de la
parabole évangélique.
29. Seguindo a parábola do Evangelho, poderíamos dizer que o
sofrimento, apresentando faces tão diversas em todo o mundo humano,
está também aí para libertar na humanidade a sua capacidade de amar,
precisamente essa doação altruísta de si mesmo em benefício dos
outros, daqueles que sofrem. O mundo do sofrimento humano evoca
constantemente, por assim dizer, outro mundo: o do amor humano; e
esse amor altruísta, que desperta no coração humano e se manifesta
nas suas ações, deve, em certo sentido, ao sofrimento. O próximo não
pode passar indiferente ao sofrimento alheio, em nome da lei
fundamental da solidariedade humana; muito menos em nome da lei do
amor ao próximo. Deve parar, ter compaixão, como fez o samaritano na
parábola do Evangelho.
La parabole en elle-même exprime une vérité profondément chrétienne,
mais en même temps une vérité humaine on ne peut plus universelle.
Ce n'est pas sans raison que, même dans le langage courant, on
appelle oeuvre « de bon samaritain » toute activité en faveur des
personnes qui souffrent et ont besoin d'aide. Cette activité a
revêtu, au cours des siècles, des formes institutionnelles
organisées et dans son champ d'application elle a suscité les
professions correspondantes. Combien la profession du médecin, celle
de l'infirmière ou d'autres semblables sont des activités « de bon
samaritain »! Etant donné l'inspiration « évangélique » qui les
anime, nous sommes enclins à penser dans ces cas plus à une vocation
qu'à une simple profession.
A própria parábola
expressa uma verdade profundamente cristã, mas, ao mesmo tempo, uma
verdade universalmente humana. Não é sem razão que, mesmo na
linguagem cotidiana, qualquer atividade realizada para ajudar
aqueles que sofrem e precisam de assistência seja chamada de ato do
"Bom Samaritano". Ao longo dos séculos, essa atividade assumiu
formas institucionais organizadas e, em seu âmbito, deu origem a
profissões correspondentes. Como as profissões de médico, enfermeiro
e outras semelhantes incorporam atividades do "Bom Samaritano"! Dada
a inspiração "evangélica" que as anima, tendemos a considerá-las
mais como uma vocação do que uma mera profissão.
Et les institutions qui, au cours des générations, ont accompli un
service de « samaritain » se sont encore davantage développées et
spécialisées en notre temps. Cela prouve sans aucun doute que
l'homme d'aujourd'hui s'arrête avec toujours plus d'attention et de
perspicacité aux souffrances de son prochain, cherche à les
comprendre et à les prévenir avec toujours plus d'application. En ce
domaine, l'homme possède également une capacité et une
spécialisation croissantes. En songeant à tout cela, on peut dire
que la parabole du Samaritain de l'Evangile est devenue un des
éléments essentiels de la culture morale et de la civilisation
universellement humaine. En pensant aussi à tous les hommes qui, par
leur science et leurs capacités, rendent de multiples services au
prochain qui souffre, on ne peut se dispenser de leur adresser des
paroles de profonde reconnaissance.
E as instituições que,
ao longo das gerações, prestaram um serviço "samaritano"
desenvolveram-se e especializaram-se ainda mais em nossa época. Isso
comprova, sem dúvida, que o homem moderno presta cada vez mais
atenção e discernimento ao sofrimento do seu semelhante, buscando
compreendê-lo e preveni-lo com crescente diligência. Nessa área, a
humanidade também possui crescente capacidade e especialização.
Considerando tudo isso, pode-se dizer que a parábola do Bom
Samaritano no Evangelho tornou-se um dos elementos essenciais da
cultura moral e da civilização humana universal. Pensando também em
todos aqueles que, por meio de seu conhecimento e habilidades,
prestam inúmeros serviços aos seus semelhantes que sofrem, não
podemos deixar de lhes dirigir palavras de profunda gratidão.
Ces paroles s'étendent à tous ceux qui se dévouent avec
désintéressement au service du prochain qui souffre, en s'engageant
de leur propre gré dans des activités secourables « de bon
samaritain » et en leur consacrant tout le temps et toutes les
forces dont ils disposent en dehors de leur travail professionnel.
Cette activité spontanée « de bon samaritain » ou caritative peut
être appelée activité sociale; elle peut aussi être définie comme un
apostolat toutes les fois qu'elle est entreprise pour des motifs
clairement évangéliques, surtout lorsque cela se produit en lien
avec l'Eglise ou avec une autre Communauté chrétienne.
Estas palavras
estendem-se a todos aqueles que se dedicam altruisticamente a servir
os seus semelhantes que sofrem, envolvendo-se voluntariamente em
atividades de caridade, como as dos Bons Samaritanos, e
dedicando-lhes todo o tempo e energia que têm disponíveis fora do
seu trabalho profissional. Esta atividade espontânea dos Bons
Samaritanos, ou trabalho de caridade, pode ser chamada de atividade
social; pode também ser definida como um apostolado sempre que for
realizada por razões claramente evangélicas, especialmente quando
ocorre em ligação com a Igreja ou outra comunidade cristã.
L'activité volontaire « de bon samaritain » se réalise dans les
milieux adaptés ou à travers des organisations créées à cet effet.
Cette forme d'action a beaucoup d'importance, surtout s'il s'agit
d'assumer de plus grandes tâches qui exigent la coopération et
l'utilisation de moyens techniques. Mais l'action individuelle est
non moins précieuse, spécialement de la part des personnes plus
aptes à s'occuper de diverses sortes de souffrances qui demandent
précisément une aide individuelle, personnelle. Quant à l'aide
familiale, elle désigne soit les actes d'amour du prochain accomplis
au bénéfice des membres de la même famille, soit l'entraide entre
les familles.
O trabalho voluntário
dos Bons Samaritanos realiza-se em contextos apropriados ou através
de organizações criadas para este fim. Esta forma de ação é de
grande importância, especialmente quando envolve a realização de
tarefas maiores que exigem cooperação e a utilização de recursos
técnicos. Mas a ação individual não é menos valiosa, especialmente
por parte daqueles mais aptos a cuidar de vários tipos de sofrimento
que requerem precisamente ajuda individual e pessoal. Quanto ao
apoio familiar, refere-se tanto a atos de amor ao próximo realizados
em benefício dos membros da mesma família, como à ajuda mútua entre
famílias.
Il est difficile d'énumérer ici tous les genres et toutes les
sphères d'activité « de bon samaritain » qui existent dans l'Eglise
comme dans la société. Il faut du moins reconnaître qu'ils sont très
nombreux; et on doit s'en réjouir, car grâce à eux, les valeurs
morales fondamentales, telles que la valeur de la solidarité
humaine, la valeur de l'amour chrétien du prochain, forment le cadre
de la vie sociale et des rapports humains et endiguent à ce plan les
formes variées de la haine, de la violence, de la cruauté, du mépris de l'homme, ou bien
de la simple « insensibilité », autrement dit de l'indifférence
vis-à-vis du prochain et de ses souffrances.
É difícil enumerar aqui
todos os tipos e esferas de atividade do "Bom Samaritano" que
existem na Igreja e na sociedade. Devemos, pelo menos, reconhecer
que são muito numerosos; e isso é motivo de alegria, pois, graças a
eles, valores morais fundamentais, como o valor da solidariedade
humana e o valor do amor cristão ao próximo, formam a estrutura da
vida social e das relações humanas e, nesse sentido, refreiam as
diversas formas de ódio, violência, crueldade, desprezo pela
humanidade ou mesmo a simples "insensibilidade", ou seja, a
indiferença para com o próximo e seu sofrimento.
Ici, on doit souligner l'importance considérable des attitudes qu'il
convient d'adopter en éducation. La famille, l'école et les autres
institutions de formation — ne serait-ce que pour des raisons
humanitaires — doivent oeuvrer avec persévérance à l'éveil et à
l'affinement de cette sensibilité envers le prochain et sa
souffrance, dont la figure du bon Samaritain de l'Evangile est
devenue le symbole. Evidemment, l'Eglise doit faire de même, et si
possible approfondir davantage encore les motivations données par le
Christ dans sa parabole et dans tout l'Evangile.
Aqui, devemos enfatizar
a considerável importância das atitudes que devem ser adotadas na
educação. A família, a escola e outras instituições educacionais —
ainda que apenas por razões humanitárias — devem trabalhar
persistentemente para despertar e refinar essa sensibilidade para
com o próximo e seu sofrimento, da qual a figura do Bom Samaritano
no Evangelho se tornou símbolo. Obviamente, a Igreja deve fazer o
mesmo e, se possível, aprofundar-se ainda mais nas motivações
apresentadas por Cristo em sua parábola e ao longo do Evangelho.
L'éloquence de la parabole du bon Samaritain et de l'Evangile entier
se résume avant tout à ceci: l'homme doit se sentir comme appelé à
titre vraiment personnel à être le témoin de l'amour dans la
souffrance. Les institutions sont très importantes et
indispensables; cependant aucune institution ne peut par elle-même
remplacer le coeur humain, la compassion humaine, l'amour humain,
l'initiative humaine, lorsqu'il s'agit d'aller à la rencontre de la
souffrance d'autrui. Ceci vaut pour les souffrances physiques, mais
plus encore pour les nombreuses souffrances morales, et par-dessus
tout lorsqu'il s'agit de la souffrance de l'âme.
A eloquência da parábola
do Bom Samaritano e de todo o Evangelho pode ser resumida,
sobretudo, nisto: a humanidade deve sentir-se verdadeiramente
chamada a ser testemunha do amor no sofrimento. As instituições são
muito importantes e indispensáveis; contudo, nenhuma instituição
pode, por si só, substituir o coração humano, a compaixão humana, o
amor humano ou a iniciativa humana quando se trata de encontrar o
sofrimento alheio. Isso se aplica ao sofrimento físico, mas ainda
mais às muitas formas de sofrimento moral e, sobretudo, ao
sofrimento da alma.
30. La parabole du bon Samaritain, qui — on l'a dit — appartient à
l'Evangile de la souffrance, se retrouve avec lui tout au long de
l'histoire de l'Eglise et du christianisme, tout au long de
l'histoire de l'homme et de l'humanité. Elle témoigne que la
révélation par le Christ du sens salvifique de la souffrance ne
s'identifie nullement à une attitude de passivité. C'est tout le
contraire. L'Evangile est la négation de la passivité en face de la
souffrance. Le Christ lui-même, en ce domaine, est essentiellement
actif. Et ainsi il réalise le programme messianique de sa mission
conformément aux paroles du prophète: « L'Esprit du Seigneur est sur
moi, parce qu'il m'a consacré par l'onction, pour porter la bonne
nouvelle aux pauvres. Il m'a envoyé annoncer aux captifs la
délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté
les opprimés, proclamer une année de grâce du Seigneur »(93). Le
Christ accomplit de manière surabondante ce programme messianique de
sa mission: il passe « en faisant le bien »(94), et le bien
résultant de ses oeuvres a pris du relief surtout au plan de la
souffrance humaine. La parabole du bon Samaritain est en harmonie
profonde avec le comportement du Christ lui-même.
30. A parábola do Bom
Samaritano, que — como já foi dito — pertence ao Evangelho do
sofrimento, encontra-se presente em toda a história da Igreja e do
Cristianismo, em toda a história da humanidade. Ela testemunha que a
revelação de Cristo sobre o significado salvífico do sofrimento não
é de modo algum sinônimo de passividade. Muito pelo contrário. O
Evangelho é a negação da passividade diante do sofrimento. O próprio
Cristo, nesse domínio, é essencialmente ativo. E assim cumpre o
programa messiânico de sua missão, de acordo com as palavras do
profeta: “O Espírito do Senhor está sobre mim, porque ele me ungiu
para pregar boas-novas aos pobres. Ele me enviou para proclamar
liberdade aos cativos e recuperação da vista aos cegos, para
libertar os oprimidos e proclamar o ano da graça do Senhor” (93).
Cristo cumpre este programa messiânico da sua missão de forma
abundante: ele anda por aí “fazendo o bem” (94), e o bem resultante
das suas obras tem sido particularmente evidente no âmbito do
sofrimento humano. A parábola do Bom Samaritano está em profunda
harmonia com o próprio comportamento de Cristo.
Cette parabole entrera, enfin, quant à son contenu essentiel, dans
le discours bouleversant du jugement dernier, rapporté par Matthieu
dans son Evangile: «Venez les bénis de mon Père, recevez en héritage
le Royaume qui vous a été préparé depuis la fondation du monde. Car
j'ai eu faim et vous m'avez donné à manger, j'ai eu soif et vous
m'avez donné à boire, j'étais un étranger et vous m'avez accueilli,
nu et vous m'avez vêtu, malade et vous m'avez visité, prisonnier et
vous êtes venu me voir »(95). Aux justes qui demandent quand il leur
est arrivé de faire tout cela pour lui, le Fils de l'homme répondra:
« En vérité, je vous le dis, dans la mesure où vous l'avez fait à
l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez
fait »(96). Le jugement inverse tombera sur ceux qui se sont
comportés autrement: « En vérité, je vous le dis, dans la mesure où
vous
ne l'avez pas fait à l'un de ces plus petits, à moi non plus vous ne
l'avez pas fait
»(97)
Esta parábola, em sua
essência, entrará, em última instância, no discurso impactante do
Juízo Final, narrado por Mateus em seu Evangelho: “Vinde, benditos
de meu Pai! Recebei como herança o Reino que vos está preparado
desde a criação do mundo. Porque tive fome, e me destes de comer;
tive sede, e me destes de beber; era estrangeiro, e me acolhestes;
estava nu, e me vestistes; enfermo, e me visitastes; estava na
prisão, e me visitastes” (95). Aos justos que perguntarem quando
fizeram todas essas coisas por Ele, o Filho do Homem responderá: “Em
verdade vos digo que, sempre que o fizestes a um destes meus irmãos,
mesmo dos mais pequeninos, a mim o fizestes” (96). O julgamento
oposto recairá sobre aqueles que agiram de maneira diferente: “Em
verdade vos digo que, sempre que o deixastes de fazer a um destes
meus pequeninos irmãos, a mim o deixastes de fazer” (97).
On pourrait assurément allonger la liste des souffrances qui ont
suscité l'émotion humaine, la compassion, la prise en charge, ou
bien ne les ont point provoquées. La première et la seconde
déclarations du Christ à propos du jugement dernier indiquent sans
équivoque possible combien est essentiel, dans la perspective de la
vie éternelle à laquelle tout homme est appelé, le fait de «
s'arrêter », à l'exemple du bon Samaritain, près de la souffrance de
son prochain, d'avoir pitié d'elle, et enfin de la soulager. Dans le
programme messianique du Christ, qui est le programme du Royaume de
Dieu, la souffrance est présente dans le monde pour libérer l'amour,
pour faire naître des oeuvres d'amour à l'égard du prochain, pour
transformer toute la civilisation humaine en « civilisation de
l'amour ». Dans cet amour, le sens salvifique de la souffrance se
réalise à fond et atteint sa dimension définitive. Les paroles du Christ à propos du jugement
dernier permettent de comprendre cela avec toute la simplicité et la
clarté évangéliques.
Certamente poderíamos
ampliar a lista de sofrimentos que despertaram emoções, compaixão e
preocupação humanas, ou que não as despertaram de forma alguma. As
duas primeiras declarações de Cristo sobre o Juízo Final indicam
inequivocamente o quão essencial é, na perspectiva da vida eterna
para a qual cada pessoa é chamada, "parar", como o Bom Samaritano,
perto do sofrimento do próximo, ter compaixão por ele e, finalmente,
aliviá-lo. No programa messiânico de Cristo, que é o programa do
Reino de Deus, o sofrimento está presente no mundo para libertar o
amor, para dar origem a obras de amor para com o próximo, para
transformar toda a civilização humana em uma "civilização do amor".
Nesse amor, o significado salvífico do sofrimento se realiza
plenamente e atinge sua dimensão definitiva. As palavras de Cristo
sobre o Juízo Final nos permitem compreender isso com toda a
simplicidade e clareza do Evangelho.
Ces paroles sur l'amour, sur les actions charitables liées à la
souffrance humaine, nous permettent encore une fois de découvrir, à
la base de toutes les souffrances humaines, la souffrance
rédemptrice du Christ. Le Christ dit: « C'est à moi que vous l'avez
fait ». Il est bien celui qui, en chacun, expérimente l'amour. C'est
bien lui qui reçoit une aide, lorsque celle-ci est apportée à toute
souffrance sans exception. C'est bien lui qui est présent dans telle
ou telle personne qui souffre, puisque sa souffrance salvifique a
été ouverte une fois pour toutes à toute souffrance humaine. Et tous
ceux qui souffrent ont été appelés une fois pour toutes à devenir
participants « des souffrances du Christ »(98). De même tous
ont été appelés à « compléter » par leur propre souffrance « ce qui
manque aux épreuves du Christ »(99). En même temps le Christ a
enseigné à l'homme à faire du bien par la souffrance et à faire du
bien à celui qui souffre. Sous ce double aspect, il a révélé le sens
profond de la souffrance.
Estas palavras sobre o
amor, sobre as ações caritativas ligadas ao sofrimento humano,
permitem-nos descobrir, mais uma vez, na raiz de todo o sofrimento
humano, o sofrimento redentor de Cristo. Cristo diz: “Tu o fizestes
a mim”. Ele é, de fato, aquele que experimenta o amor em todos. É,
de fato, Ele quem recebe o auxílio quando este é oferecido a todos
os que sofrem, sem exceção. É, de fato, Ele quem está presente em
cada pessoa que sofre, visto que o seu sofrimento salvífico se abriu
de uma vez por todas a todo o sofrimento humano. E todos os que
sofrem foram chamados, de uma vez por todas, a tornarem-se
participantes “nos sofrimentos de Cristo” (98). Da mesma forma,
todos foram chamados a “completar”, através do seu próprio
sofrimento, “o que falta às aflições de Cristo” (99). Ao mesmo
tempo, Cristo ensinou a humanidade a fazer o bem através do
sofrimento e a fazer o bem aos que sofrem. Neste duplo aspecto, Ele
revelou o profundo significado do sofrimento.
VIII
CONCLUSION
VIII CONCLUSÃO
31. Tel est le sens, véritablement surnaturel et en même temps
humain, de la souffrance. I1 est surnaturel, parce qu'il s'enracine
dans le divin mystère de la Rédemption du monde, et il est d'autre
part profondément humain, parce qu'en lui l'homme se reconnait
lui-même dans son humanité, sa dignité et sa mission propre.
La souffrance, c'est bien certain, fait partie du mystère de
l'homme. Peut-être n'est-elle pas, autant que ce dernier, enveloppée
de ce mystère particulièrement impénétrable. Le Concile Vatican II a
exprimé cette vérité que « en réalité, le mystère de l'homme ne
s'éclaire vraiment que dans le mystère du Verbe incarné.
31. Tal é o significado
verdadeiramente sobrenatural e, ao mesmo tempo, humano do
sofrimento. É sobrenatural porque está enraizado no mistério divino
da Redenção do mundo, e é também profundamente humano porque nele a
humanidade reconhece a si mesma em sua própria humanidade, dignidade
e missão.
O sofrimento, certamente, faz parte do mistério da humanidade.
Talvez não esteja, porém, tão profundamente envolto nesse mistério
particularmente impenetrável. O Concílio Vaticano II expressou esta
verdade: “Na realidade, o mistério da humanidade só se ilumina
verdadeiramente no mistério do Verbo Encarnado.
En effet.... nouvel Adam, le Christ, dans la révélation même du
mystère du Père et de son amour, manifeste pleinement l'homme à
lui-même et lui découvre la grandeur de sa vocation »(100). Si ce
texte se rapporte à tout ce qui touche au mystère de l'homme, il
concerne certainement et de manière particulière la souffrance
humaine. Sur ce point précis, « manifester l'homme à lui-même et lui
découvrir la grandeur de sa vocation » est particulièrement
indispensable.
De fato… o novo Adão,
Cristo, na própria revelação do mistério do Pai e do seu amor,
revela plenamente a humanidade a si mesma e desvenda à humanidade a
grandeza da sua vocação” (100). Embora este texto se relacione com
tudo o que diz respeito ao mistério da humanidade, certamente se
refere ao sofrimento humano de um modo particular. Neste ponto
específico, “revelar a humanidade a si mesma e revelar-lhe a
grandeza da sua vocação” é especialmente essencial.
Il arrive aussi — l'expérience le prouve — que cela s'avère tout à
fait dramatique. Par contre, lorsque c'est totalement réalisé et que
la vie humaine en est éclairée, c'est évidemment très heureux. « Par
le Christ et dans le Christ s'éclaire l'énigme de la douleur et de
la mort »(101). Nous terminons ces considérations sur la souffrance
en cette année où l'Eglise vit le Jubilé extraordinaire lié à
l'anniversaire de la Rédemption. Le mystère de la Rédemption du
monde est étonnamment enraciné dans la souffrance, et en retour
celle-ci trouve en ce mystère sa référence suprême et la plus
certaine.
Acontece também — a
experiência o comprova — que isso se revela bastante dramático. Por
outro lado, quando se realiza plenamente e a vida humana é iluminada
por ele, é, obviamente, um acontecimento muito feliz. “Por meio de
Cristo e em Cristo, o enigma da dor e da morte é iluminado” (101).
Concluímos estas reflexões sobre o sofrimento neste ano em que a
Igreja celebra o Jubileu Extraordinário ligado ao aniversário da
Redenção. O mistério da Redenção do mundo está notavelmente
enraizado no sofrimento e, por sua vez, o sofrimento encontra neste
mistério a sua referência suprema e mais segura.
Nous désirons vivre cette Année de la Rédemption en union étroite
avec tous ceux qui souffrent. Il est donc nécessaire qu'au pied de
la Croix du Calvaire se rassemblent en esprit tous ceux qui
souffrent et qui croient au Christ, en particulier ceux qui
souffrent à cause de leur foi en lui, crucifié et ressuscité, afin
que l'oblation de leurs souffrances hâte la réalisation de la prière
du Sauveur luimême pour l'unité de tous(102). Que se rassemblent là
aussi les hommes de bonne volonté, car sur la Croix se tient le «
Rédempteur de l'homme », l'Homme de douleur qui a assumé en lui les
souffrances physiques et morales des hommes de tous les temps, afin
qu'ils puissent trouver dans l'amour le sens salvifique de leurs
souffrances et des réponses fondées à toutes leurs interrogations.
Desejamos viver este Ano da Redenção em estreita união com todos os
que sofrem. É, portanto, necessário que, aos pés da Cruz do
Calvário, todos os que sofrem e creem em Cristo se reúnam em
espírito, especialmente aqueles que sofrem por causa da sua fé
n'Ele, crucificado e ressuscitado, para que a oferta dos seus
sofrimentos acelere o cumprimento da própria oração do Salvador pela
unidade de todos (102). Que as pessoas de boa vontade se reúnam ali
também, pois na Cruz está o "Redentor da humanidade", o Homem das
Dores que assumiu os sofrimentos físicos e morais das pessoas de
todos os tempos, para que elas pudessem encontrar no amor o sentido
salvífico de seus sofrimentos e respostas sábias para todas as suas
perguntas.
Avec Marie, Mère du Christ, qui se tenait au pied de la Croix(103),
nous nous arrêtons près de toutes les croix de l'homme
d'aujourd'hui. Nous invoquons tous les saints qui au cours des
siècles ont participé spécialement aux souffrances du Christ. Nous
leur demandons de nous soutenir.
Com Maria, Mãe de
Cristo, que esteve aos pés da Cruz (103), fazemos uma pausa perto de
todas as cruzes da humanidade hoje. Invocamos todos os santos que,
ao longo dos séculos, compartilharam os sofrimentos de Cristo.
Pedimos-lhes que nos amparem.
Et nous demandons à vous tous qui souffrez de nous aider. A vous
précisément qui êtes faibles, nous demandons de devenir une source
de force pour l'Eglise et pour l'humanité. Dans le terrible combat
entre les forces du bien et du mal dont le monde contemporain nous
offre le spectacle, que votre souffrance unie à la Croix du Christ
soit victorieuse! A tous, Frères et Soeurs très chers, j'adresse ma
Bénédiction Apostolique. Donné à Rome, près de Saint-Pierre, en la
célébration liturgique de Notre-Dame de Lourdes, le 11 février 1984,
en la sixième année de mon pontificat.
E pedimos a todos vocês
que sofrem que nos ajudem. A vocês, especialmente aos mais fracos,
pedimos que se tornem uma fonte de força para a Igreja e para a
humanidade. Na terrível batalha entre as forças do bem e do mal que
o mundo contemporâneo nos apresenta, que o seu sofrimento, unido à
Cruz de Cristo, seja vitorioso! A todos vocês, caríssimos irmãos e
irmãs, concedo a minha Bênção Apostólica. Dado em Roma, perto da
Basílica de São Pedro, na celebração litúrgica de Nossa Senhora de
Lourdes, em 11 de fevereiro de 1984, no sexto ano do meu
pontificado.